‹ MélangesChapitre 57 sur 67 · BELGIQUE · texte numérisé non relu

BELGIQUE

On a vu par l'histoire de la ligne du Rhin qu'il est des choses auxquelles la nature humaine répugne et qu'aucune politique ne saurait réaliser. Est-il rien de plus surprenant que cette obstination rhénane à ne pas vouloir devenir française, gauloise?... C'est cela mémo qui fonde les titres des royaumes de Belgique et de Hollande, naguère confondus, à l'indépendance. C'est en vain qu'on

invoquerait, à la manière de Rousseau, le droit de nature , la souveraineté inaliénable, et autres grands principes oratoires. Si le développement historique de la civilisation exige que telle nationalité soit absorbée dans une autre, elle le sera, et il sera juste qu'elle le soit, jusqu'à ce que son heure vienne de reparaître.

Le titrq de la Belgique et des Pays-Bas, c'est qu'ils gardent la principale marche de l'Europe; c'est que le sol belge est le plus stratégique de l'Europe, et que si on parvient à le neutraliser, la guerre devient presque impossible. En second lieu, c'est que les Pays- Bas, Hollande, Belgique, Luxembourg, forment un croisement de races.

Combien de sang inutilement répandu, par suite de cette ignorance!... La neutralité belge est donnée par la géographie, par l'histoire, par la sécurité de l'Europe, par toutes les nécessités de la civilisation. Qui la viole, est coupable devant le genre humain. Otez à la guerre cette terre de combats, de TEseaut,

de la Meuse, de la Spnîme et du Rhin, où se fera la guerre? 11 n'y a plus que la Lombardie. Si ce principe avait pu être compris dès le temps de Louis XIV, ou de Charles le Téméraire, que d'arrangements auraient pu être pris et prémédités ! La France ne se serait pas épuisée à une poursuite vaine ; un siècle do bien-être, de richesse, de progrès en aurait été le fruit.

Ainsi la disposition des États n'est pas l'effet du hasard ; on en peut voir un deuxième exemple dons l'Italie.

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