‹ MélangesChapitre 65 sur 67 · CONSTITUTION ANGLAISE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION ANGLAISE

Gomment peut-on voir un signe de supériorité pour l'Angleterre dans sa constitution représentative!

Cette constitution a pu suffire à une noblesse terrienne, et plus tard à une bourgeoisie industrielle.

Elle a pu avoir une existence plus longue là où Tesprit aristocratique a été plus vivace ; où la bourgeoisie à son tour est venue prolonger cette existence aristocratique : toutes conditions qui se réalisent en Angleterre.

ttS APPENDICE.

Mais comment ne voit-on pas que le régime représentatif est insuffisant, sinon même incompatible dans une démocratie?

L'Angleterre est féodale, aristocratique»

bourgeoise, le pays de Texploîtation humaine, du paupérisme, de Tinégalité. Donc, État ou gouvernement à formes représentatives; et, tant que durent laristocj^atie et la bourgeoisie, nationalité plus forte et liberté intérieure plus grande, compensées par une affreuse exploitation de la plèbe.

L'infériorité morale de la race anglaise, nonobstant sa richesse actuelle, est donc démontrée, par cela même qui fait son orgueil.

(Et quand je dis. sa richesse^ est-ce vrai? — Pour avoir la richesse dune nation, il faut la comparer à sa population. Combien pour chacun, combien pour tous?)

Je dis que le système représentatif est. incompatible avec une société démocratique.

Pour sentir cela, il faut aller au tréfond des idées.

Le régime représentatif et parlementaire

APFKNDÏjÇE. ^

est un régime de bascule, de juste-milieu, de ((oclrine, d'éclectisme, d'équivoque, d'ambiguïté^ de fictions légales et constitutionnelles.

Ceci est le fait. Peut-il être amendé et devenîr, par le suffrage universel, applicable à une démocratie telle que celle de 93 ou 1848?

Je dis non... Q. E. D.

Ce rapport intime du système parlementaire avec la distinction de bourgeoisie ou noblesse, ou (bourgeiiîsîe et noblesse) et prolétariat; ce rapport, dis-je, qui fait que Tapplicalion du système anglais ne peut servir à I émancipation du peuple, et au développement de la Révolution, na jamais été démêlé; il ne saisit pas d abord le regard ; il est profondément caché, masqué, enveloppé.

J*ai suffisamment montré ailleurs lorigine prolestante, éclectique, doctrinaire, équivoque de ce régime ; son esprit bourgeois, moitié peuple, moitié aristocrate, par conséquent. Il est clair que ce régime s'est parfaitement adapté à lesprit, aux mœurs, aux intérêts bourgeois. — Il y a donc lieu de présumer

f30 APPENDICE.

déjà qu'il n'irait pas aussi bien à une démocratie, à un système de suffrage universel^ d'égalité politique complète.

En effet, ce qui soutient Tégalité politique, c'est l'égalité de fortunes : on le voit par l'exemple du régime bourgeois, municipal, constitutionnel même. Une certaine égalité économique règne entre bourgeois et entre lords (marquée par le cens à 200 ou 500 francs, etc.). Si un bourgeois, un noble se ruine, il perd sa prérogative politique, et tout est dit.

Quid vero si une nation aspire à la démocraliCf si afiSrme Yégalité politique^ comme en 93 et 48? Évidemment, elle commet un contresens, elle se soumet à un régime d'instabilité, à moins que cette égalité politique ne soit l'instrument qui doit servir à créer l'égalité économique. Si cette dernière est niée, il est fatal que le système se disloque, soit par une chute en despotisme, soit par un retour au régime constitutionnel, à la prérogative bourgeoise.

On Toit déjà par là que le système créé par la bourgeoisie et Faristocratie, sous le nom de monarchie constitutionnelle ou à contrepoids, ne peut s'appliquer à une démocratie, à une société démocratique, telle que la nation française, qu'autant que dans cette natien on aurait créé une égalité de fortunes, analogue à l'égalité bourgeoise ou nobiliaire. Tant que cette dernière condition ne sera pas remplie, le système sera inapplicable. Il y aura contradiction.

Je dis maintenant que cette dernière condition remplie , le système représentatif est exclu lui-même; il ne convient pas.

En effet, l'égalité économique, étendue à tout un peuple, suppose l'abolition de tous privilèges nobiliaires et industriels, et une discipline nouvelle de la propriété. — L'anarchie économique est détruite pour faire place à la mutualité et à l'association ouvrière. Ceci posé y la consliiulion politique se trouve la même que la constitution économique. Cette identité des deux constitutions est le dogme

î^^ A'PPENDICE.

de la démocratie y de même que leur séparation est le dogme de la bourgeoisie, de même que la distinction du spirituel et du temporel, dans le pacte de Charlemagne , est le dogme du système féodal.

Plus de dynastie.

Plus de centralisation y plus de Mî^çules ni de soi-disant contre-forces.

La mutualité partout, le droite la loi.

Plus de distinction en pouvoir législatif et exécutif, — plus de chambre haute et basse, tempérées par un roi, etc.

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