‹ Mélanges, par le général Cte de SégurChapitre 106 sur 133 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

B01LEAU

C'est un plat du vôtre, je le reconnais.

MIGNOT

Monsieur est si connaisseur !

BOURSAULT

(loin ment! vous osez!...

BOILEAU

(ABounauit.) Ah! vous m'avez promis de ne pas vous fâcher. ;a vignot.) J'entends bien. C'est ici l'intention qui fait le mérite. Pourtant, d'une soupière faire une salière! N'eut-il pas mieux valu que chaque chose restât à sa place?

BOURSAULT

Et chaque personne aussi, entendez-vous, drôle! Mais que direz-vous de ce ragoût, de ce poivre, de toute cette muscade que vous y avez fourrés.

MIGNOT

Ah ! pour la muscade , chacun sait que monsieur a dit qu'il en fallait mettre partout !

BOILEAU

C'est juste, mon cher hôte; ne vous fâchez pas, c'est ma faute : il y avait double entente dans ce que j'ai écrit là-dessus.

42f, BOILEAU ET BOUKSALLT.

MIGNOT. '

Moi, Monsieur, je l'ai compris ainsi.

BOURSAULT

Pendard ! Et cette moutarde qui m'a emporté la bouche?

MIGNOT

Est-ce qu'elle serait montée au nez de Monsieur?

BOILEAU

Au contraire, vous voyez bien que je ne fais qu'en rire, (a Bounauit.) Faites donc comme moi, mon cher hôte, (a nigm>t.) Qu'elle m'ait un peu pris à la gorge, j'en conviendrai.

MIGNOT

Cela me rappellera au souvenir de Monsieur.

BOURSAULT

Ah, c'en est trop! Laissez; laissez.... Non, tout cela est par trop inconvenant ! Sortez d'ici, misérable ! Dès ce moment vous n'êtes plus à mon....

BOILEAU

Oh Ipour cela, non, je m'y oppose. Ce serait un mauvais procédé envers moi, et vous n'en êtes pas capable.

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