SCÈNE XVII. m BOURSAULT
Mais comment voulez-vous que cliez moi je souffre.... ?
BOILEAU
Quoi! prendre cela au sérieux? s'en fâcher? l'ébruiter? Songez-y donc! Et si cela parvenait aux. oreilles deBoursault, un auteur dramatique! Quel sujet de comédie! Soyez-en sur, nous serions bientôt mis tous les trois en scène; il n'y manquerait pas! Donnons-nous donc le beau rôle, et prenons cela gaiement.
BOURSAULT, M rassryant.
Dans cette considération, et puisque vous le voulez absolument
D'ailleurs, tenez, voici un troisième plat dont la mine appétissante va nous faire reprendre à tous notre assiette.
BOURSAULT
Soit... (AMignot.) Donnez-en une à Monsieur... M'entendez- vous?
MICNOT , à part, en la donnant brutalement.
Va! va! si tu l'achèves, celui-là! si le cœur ne te manque pas, tu m'en diras des nouvelles !
42S B01LKAU ET BOURSAULT.
B01LEAU , riant en se renversant sur sa chaise.
J'en étais sûr ! voilà la paix faite ! Dans ses deux premières œuvres, M. Mignot avait cédé a un premier mouvement bien naturel; mais, évidemment ici 1 apreté de sa colère s est radoucie complètement ! il n'ya pas même mis de transition...
BOURSAULT
Parbleu! je le crois bien! Quelle fadeur! quelle insipidité! cela porte au cœur! Et vous voulez que....
MIGNOT
Je me suis rappelé que Monsieur était malade et qu'un régime anodin...,
Encore! Vous tairez-vous, insolent?
BOILEAU
Mais calmez- vous donc, prenez donc la chose du bon côté. Quant à moi, je n'y vois qu'un procédé délicat du seigneur Mignot : il a voulu «l'épargner un repentir, et me justifier à mes propres yeux dans ce que j'avais peut-être avancé trop légèrement.
BOURSAULT , jetant sa serviette et se levant ainsi que Boilenu.
Fort bien ; mais il n'y a pas moyen d'achever