‹ Mélanges, par le général Cte de SégurChapitre 16 sur 133 · RELIGIEUX · texte numérisé non relu

RELIGIEUX

On sait assez qu'il n'y a point de société possible sans patrie et sans religion ;

Qu'on nait dans sa religion et dans sa patrie , et qu'on ne les choisit pas ;

Qu'enfin nulle volonté, pas même la nôtre propre , ne peut contraindre notre conscience à approuver toutes les lois de notre patrie , ni à partager toutes les croyances de la religion dans laquelle nous sommes nés.

Mais ce qu'on ne suit peut-être pas assez, ou ce qu'on oublie trop souvent, c'est que, de même qu'il nous faut être soumis aux lois de notre pays, même quand nous ne les approuvons pas, nous devons nous soumettre au culte de notre religion, même lorsque dans ses croyances il y en a que nous ne partageons point.

Et cela, parce que n'y ayant pas de patrie sans lois et de religion sans culte , la société , sans cette soumission à ce culte et à ces lois, tôt ou tard se dissoudrait.

Or, s'il est vrai que cette règle de conduite extérieure nous soit un devoir, cela donne-t-il le droit à la société, sur quelques points du moins , de nous l'imposer légalement ? Quelque désirable qu'il fut peut-être que ce droit, ainsi restreint, pût exister, ceci est une question, et

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là portée en est si grave, que l'on n'ose point l'aborder.

Toutefois, et après le chapitre qui précède, n'hésitons pas à le dire : si l'athéisme, suicide moral , échappe comme le suicide matériel à la loi des hommes, sa profession publique devrait être, comme la provocation au meurtre, interdite par elle; non comme irréligieuse, mais comme destructive de toute société humaine.

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