‹ Mélanges, par le général Cte de SégurChapitre 56 sur 133 · LA CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LA CORRESPONDANCE

Lui à Elle.

Du camp de — .

Air : de Joconde.

Par monts , par vaux et par chemin ,

Quand un héros voyage Il n'a pas toujours sous la main

Ce qu'exige l'usage; Puis , ce billet si bien conçu

Qui devait le confondre, Ne l'ayant pas encor reçu ,

Il n'y pouvait répondre!

(I) La correspondance suivante avec madame*** a été trouvée dans les papiers de l'auteur. En lui donnant ce titre, et la divisant en quatre parties, sous des noms divers, on a cru devoir la placer ici comme un souvenir, assez piquant, à[conserver des mœurs aimables d'autrefois.

POÉSIES LÉGÈRES

Mais il peut vous répondre enfin :

Qu'il a l'âme constante , Et le cœur toujours sur la main....

Quand il vous la présente; Qu'il se sent même, et cette fois

Comment ne pas l'admettre? .' De l'esprit 'jusqu'au bout des doigts. .

Quand il tient votre lettre!

Elle à Lui.

Ainsi , du liëros voyageur

Vous prenez la défense !

Eh bien ! je serai sans rigueur

Pour un si long silence ; J'aurai même quelque pitié

Pour un peu d'inconstance , Car on pardonne en amitié

Tout, hors 1'indifTérence !

filais, lorsque par monts et par vaux

Vous suivez le génie D'un Hercule aux mille travaux ,

Si loin de votre mie.

1>0ES.1ES LÉGÈRES

Que voulez- vous, de vos exploits, Qu'en son âme elle pense?

Est-ce pour elle que cent fois Vous brisez votre lance?

Vous souvient-il qu'aux temps jadis,.

Pleins d'une noble flamme, Vos ancêtres., les Amadis,

Ne servaient que leur dame?

Que d'elle seule , lance au poing,,

Ils proclamaient l'empire ?. . . .

11 est vrai qu'ils n'écrivaient point ,

Ne sachant pas écrire!

Vous , qu'enflamme un autre désir,

Votre héros en tête,, Chaque an , d'un trône à conquérir

Il vous remet en quête; Mais de sa gloire tropqpris,

Tout vainqueurs que vous êtes, Vous revenez les plus conquis

De toutes ses conquêtes!

POÉSIES LÉGÈRES

Lui à Elle.

Pourquoi, Lise, aux Preux de nos lenips

Ces reproches sévères?

Ils ne sont pas si différents

De ce qu'étaient leurs pères :

Seraient- ils , comme leur héros ,

Tant épris de conquêtes, Si leur gloire était sans échos

Dans Paris où vous êtes?

Non , non ! le seul tort de ces Preux Et du Chef qu'ont les nôtres ,

C'est de se croire trop chez eux Quand ils sont chez les autres ;

Mais tout Preux est partout ainsi :

Qu'il combatte ou qu'il aime,

Plus il est maître chez autrui, Moins il l'est de lui-même!

Mais enfin de ces torts guerriers

Va cesser le scandale :

Le retour sonne , en nos foyers

Vous serez sans rivale ;

POÉSIES LÉGÈRES

Vos myrtes seront nos lauriers ;

Et, d'une ardeur égale , Nous n'aurons plus, tous à vos pieds ,

Que vous pour Générale !

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