LA CORRESPONDANCE
Lui à Elle.
Du camp de — .
Air : de Joconde.
Par monts , par vaux et par chemin ,
Quand un héros voyage Il n'a pas toujours sous la main
Ce qu'exige l'usage; Puis , ce billet si bien conçu
Qui devait le confondre, Ne l'ayant pas encor reçu ,
Il n'y pouvait répondre!
(I) La correspondance suivante avec madame*** a été trouvée dans les papiers de l'auteur. En lui donnant ce titre, et la divisant en quatre parties, sous des noms divers, on a cru devoir la placer ici comme un souvenir, assez piquant, à[conserver des mœurs aimables d'autrefois.
POÉSIES LÉGÈRES
Mais il peut vous répondre enfin :
Qu'il a l'âme constante , Et le cœur toujours sur la main....
Quand il vous la présente; Qu'il se sent même, et cette fois
Comment ne pas l'admettre? .' De l'esprit 'jusqu'au bout des doigts. .
Quand il tient votre lettre!
Elle à Lui.
Ainsi , du liëros voyageur
Vous prenez la défense !
Eh bien ! je serai sans rigueur
Pour un si long silence ; J'aurai même quelque pitié
Pour un peu d'inconstance , Car on pardonne en amitié
Tout, hors 1'indifTérence !
filais, lorsque par monts et par vaux
Vous suivez le génie D'un Hercule aux mille travaux ,
Si loin de votre mie.
1>0ES.1ES LÉGÈRES
Que voulez- vous, de vos exploits, Qu'en son âme elle pense?
Est-ce pour elle que cent fois Vous brisez votre lance?
Vous souvient-il qu'aux temps jadis,.
Pleins d'une noble flamme, Vos ancêtres., les Amadis,
Ne servaient que leur dame?
Que d'elle seule , lance au poing,,
Ils proclamaient l'empire ?. . . .
11 est vrai qu'ils n'écrivaient point ,
Ne sachant pas écrire!
Vous , qu'enflamme un autre désir,
Votre héros en tête,, Chaque an , d'un trône à conquérir
Il vous remet en quête; Mais de sa gloire tropqpris,
Tout vainqueurs que vous êtes, Vous revenez les plus conquis
De toutes ses conquêtes!
POÉSIES LÉGÈRES
Lui à Elle.
Pourquoi, Lise, aux Preux de nos lenips
Ces reproches sévères?
Ils ne sont pas si différents
De ce qu'étaient leurs pères :
Seraient- ils , comme leur héros ,
Tant épris de conquêtes, Si leur gloire était sans échos
Dans Paris où vous êtes?
Non , non ! le seul tort de ces Preux Et du Chef qu'ont les nôtres ,
C'est de se croire trop chez eux Quand ils sont chez les autres ;
Mais tout Preux est partout ainsi :
Qu'il combatte ou qu'il aime,
Plus il est maître chez autrui, Moins il l'est de lui-même!
Mais enfin de ces torts guerriers
Va cesser le scandale :
Le retour sonne , en nos foyers
Vous serez sans rivale ;
POÉSIES LÉGÈRES
Vos myrtes seront nos lauriers ;
Et, d'une ardeur égale , Nous n'aurons plus, tous à vos pieds ,
Que vous pour Générale !