SCENE VII
BOILEAU
Ah ! le paradoxe est charmant ; Oir la trouver sans complaisance Dans Cinnaî
BOURSAULT
Mais oui , dans ce sens Que l'éloge de la clémence Est la satire des tyrans !
Partout la satire se loge, Car ainsi tout a son envers :
Si vous retournez un éloge, La satire est à son revers.
Un jour vous chantâtes la gloire Du grand Roi , mais , à votre insu , Votre éloge de sa victoire Fut la satire du vaincu !
BOILEAU, «ourlant.
Mais vous aggravez ma position! Comment! j'aurais fait des satires même sans le vouloir! Ah ! que vous calmeriez bien mieux ma conscience si vous pouviez, à mes yeux, tout au contraire, transformer en éloges mes satires!
' BOURSAULT
Hé, pourquoi pas ? Je veux qu'ici surtout, votre conscience repose en paix.
Air:
Tn tel remords est importun ; Mais songez , pour calmer le votre , Que blâmer le vice dans l'un , C'est louer la vertu dans l'autre !
Laissez donc là ce noir souci Lorsque votre cœur s'interroge , Puisque chaque satire , ainsi , Se compense par un éloge!
BOILEAU
Ce que vous me prouvez le mieux, c'est que vous avez réponse à tout. Mais que dirait Pascal s'il vous entendait? Ne craindriez- vous pas de lui donner le sujet d'une nouvelle Provinciale?
BOURSAULT
Sur le Jésuitisme? Au contraire, je lui prouverais qu'il n'y a pas de plus grand ennemi que vous de la satire !
BOILEAU
Ah! par exemple!
BOURSAULT
Air :
Vous en conviendrez, c'est un fait .
Vos leçons, que chacun admire,