‹ Mélanges, par le général Cte de SégurChapitre 81 sur 133 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Ceux qu'en nous son chef-d'œuvre excite Sont des liens qu'il a laissés; Contre cette œuvre en vain réclame Des Ombres l'avide Nocher, Il y reste trop de son âme Pour qu'on ait pu l'en arracher !

Que dis-je ! ce feu qui l'anime ,

Ces pensers, ces divins accents,

Voilà ton âme , être sublime !

C'est elle-même! je la sens !

Ah! quand dans ton œuvre on l'admire,

Quand trois mille ans en sont émus,

Présente aux transports qu'elle inspire,

Elle en jouit , n'en doutons plus !

ROURSAULT.

D'accord , c'est mon avis aussi ; et c'est aussi parce que je ne sépare pas l'auteur de son œuvre, que j'ai voulu, comme vous le voyez, vous placer là, près de vos illustres amis Molière , Racine et La Fontaine !

BOILEAU

Je vous en remercie; mais pourquoi ce vide après moi?

m BOILEAU ET BOURSAULT.

BOURSAULT

C'est qu'après vous ce vide était difficile à remplir.

BOILEAU

Mais non il me semble même, à en juger par

cette étiquette, que votre choix était fait : c'était , Bou Bour attendez, oui Boursault, je crois.

BOURSAULT

(a part.) Étourdi! Comment diable ai-je oublié?... (nam.) Oui, je mêle rappelle,... telle devait être en effet la place que je destinais à ses œuvres, mais depuis que j'ai mis là les vôtres, je ne les en ai plus jugées dignes.

BOILEAU

C'est trop de sévérité.

BOURSAULT

Vrous trouvez!... Que penseriez- vous de cette acquisition? Ce serait de l'argent mal employé, n'est-ce pas?

BOILEAU

Ah! il faut bien avoir de tout. D'ailleurs, Ésope à la Fille, Ésope à la Cour, ont leur mérite ; ce Grec-là ne désavouerait pas le Français qui lui a servi d'interprète!

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