‹ Mélanges, par le général Cte de SégurChapitre 83 sur 133 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

BOURSAULT, la prenant.

Ah! bien! Elle ne porte que son nom, sans autre adresse; elle n'est pas même cachetée!

BOILEAU

Oui ; il veut engager Boursault à se présenter à l'Académie Française. Boursault s'y refuse parce que, dit-il, il ne sait ni le latin ni le grec.

Eh mais!... il me semble que la raison est bien suffisante.

BOILEAU

Voici pourtant a peu près ce que Corneille lui répond , à ce qu'il m'a dit du moins :

Air : Du vaudeville de la Soirée orageux.

Apollon n'est pas moins Français Qu'il n'est Grec ou Latin, je pense!

Mon cher Boursault , par vos succès Vous avez enrichi la France ; Pour n être pas Grec à Paris , Pourquoi faut-il donc qu'on déplaise?

Les Muses sont de tous pays , Et l'Académie est Française !

BOURSAULT

Je ne suis point de cet avis ! Le Jatin surtout est de première nécessité.

BOILEAU

Sans aucun doute, la langue mère! Cepen-

dant je suis forcé de convenir qu'en français Boursault a quelques titres.

BOURSAULT

Bien faibles!

Vous ne l'aimez pas , je vois.

BOURSAULT

Je suis juste. J'avais un faible pour ses ouvrages, mais vos critiques ont redressé mon jugement. Vous ne le présenteriez pas à cette Académie, vous?

BOILEAU

Non! mais ses ouvrages le présenteraient!

BOURSAULT

Lesquels ?

BOILEAU

Air : Des paniers.

Ésope à la Ville^ à la Cour, Doit plaire , et je parie

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