‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 103 sur 312 · Ibid., III, 530. Simson, I · texte numérisé non relu

Ibid., III, 530. Simson, I

l'aRCHEVÊQUB de METZ DROGON 125

de Thionville de 835 et de Yûtz de 844 qu'il présida, prirent, comme nous Tavons vu, des mesures importantes afin de ramener Tordre dans l'église troublée ^

On signale aussi sa présence aux principales solennités religieuses. En 825 ou 826, il assiste à la dédicace de l'église du monastère de Saint-Quentin-en-Vermandois 2. Quand Louis le Pieux eut créé une métropole religieuse à Hambourg, quand il eut montré au prélat de ce siège comme tâche sublime la conversion au christianisme du Danemarck et de la Scandinavie, Drogon fut chaîné de consacrer Anskaire '. La cérémonie eut lieu sans doute en mai 834, après que Drogon eut reçu le titre d'archichapelain ^ ; elle s'accomplit en présence des métropolitains Ebbon de Reims, Hetti de Trêves, Otger de Mayence, et avec l'autorisation des prélats Helmgaud de Verden et Willerich de Brème, au détriment desquels le nouveau diocèse était formé. Le roi accorda à l'archevêché de Hambourg le bien de Thourout en Flandre, exemption pour ses hommes du service militaire, protection royale et immunité ^. Ce fut un grand honneur pour Drogon d'attacher son nom à cet acte si important. Drogon entretint aussi une correspondance assez suivie avec Hincmar, sur les

i. Cf. supra, p. 110 et 120

3. Le fait n*est pas très sûr. L'église de Saint-Quentin fut achevée en 826, d'après les Annales Sancti Quintini ViromandensiSf Scriplores, XVI, 507. L*auteur d*un sermon in tumulalione sancti Quintini place la dédicace en 825 et ajoute qu'elle fut faite par Tabbé Hugue et Tévêque de Metz Drogon, Scrip^ores, XV, 272, n. 9; mais, comme en 825 llugue n'était pas encore à Saint-Quentin, il y sans doute confusion.

3. Ad banc ergo scdem dominum et patrem nostrum sanctissimum Anskarium praedictus imperator (Louis) consecrari fecit archiepiscopum per manus Drogonis Mettensis prœsulis et summœ sanctœque palatinee dignitatis tune archicapellani. Vita Anskarii dans Pertz, ScriptoreSy II, 698. Le même fait répété d'après la vie d' Anskaire, dans Adam de Brème, Gesta Hamburgensis ecclesiœ pontificum^ Scriptores, VII, 291.

4. Nous nous séparons sur ce point de Dehio, Geschichte des Erzbisthunis lUmburg-Bremen^ appendice I, p. 54 et de DUmmler, I, 276, qui placent cette consécration en 831. Mais Drogon n'eut qualité pour présider à une telle cérémonie que le jour où il fut archichapelain.

5. Le diplôme, daté du 15 mai 834, tel que nous le possédons, est incontestablemenl faux. Cf. Sickel, t. II, p. 414 ; Koppmann, Die âltesten Urkunden des Erzbisthunis Hamburg-Brenten ; Mûhlbacher, n° 928. Mais le faussaire a calqué une pièce authentique; nous croyons qu'il a emprunté à celle-ci la date ; et sans doute c'est en mai 834 que la consécration a eu lieu.

affaires des deux églisea : Hincmar lui demanda qu*il lui gardât toujours une amitié fidèle ^

L'évoque de Metz fut mêlé aux grandes controverses qui agitaient en son temps FEglise chrétienne. Un ancien diacre de Metz, Âmalaire, s'était beaucoup intéressé aux questions liturgiques. Il voulait mettre en harmonie les divers antiphonaires, en prenant pour base celui de TEglise romaine, et il composa son de ecclesiasticis officiis en quatre livres où il s'efforçait d'interpréter allégoriquement les cérémonies du culte ^. L*œuvre est dédiée à l'empereur Louis. Vers 828, il se rendit à Rome près du pape Grégoire IV pour se procurer des antiphonaires romains 3, et, à la suite de ce voyage, il remania son œuvre ^. Quand Tarchevêque de Lyon, Agobard, eut été déposé de son siège, Amalaire fut chargé d'administrer le diocèse ; les partisans de l'ancien prélat d'accuser aussitôt le nouveau d'hérésie. En vain celui-ci défendit ses doctrines dans un synode diocésain, trois jours durant "*. Un diacre de Lyon, Florus, — le poète qui a déploré en termes si énergiques le partage de l'empire carolingien — dénonça ses théories au concile de Thionville de 835 ^ ; mais à ce moment où Louis le Pieux venait d'être rétabli sur le trône, l'accusation ne rencontra aucime faveur. Florus revint à la charge dans un écrit véhément adressé aux évêques Drogon de Metz, Hetti de Trêves, Aldric du Mans, Albéric de Langres, Rhaban Maur de Fulda ^. Il s'adressait à eux à cause de leur foi, de leur piété, de leur science, du rang élevé qu'ils occupaient dans l'Église, et aussi de l'affection qu'ils avaient pour le siège de Lyon ^. Sur cette

1. Flodoard, HUtoria Remensia ecclesise (Pertz, Scriptores, XIII, 517.)

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