‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 108 sur 312 · Cf. supra, p. 115 et · texte numérisé non relu

Cf. supra, p. 115 et

4. Histoire de Metz par les Bénédictins, t. III, Preuves, p. 25. Gandrange ((woderingus) au canton de Thionville. Fac-similé lithographique de V École des Chartes^ n*» 21.

5. Ibid., p. 26. Fac-similéy n^ 21 />. Les identifications faites par nous ne sont pas sûres. Erzange et Weymerange, canton de Thionville ; les deux autres localités autour de Metz.

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avenir plus ou moins éloigné Tacquisition de vastes domaines * : mais souvent ce calcul était déjoué et les biens promis n'étaient point restitués. Nous savons encore que Drogon fit agrandir l'église Saint-Arnoul et qu'il commença la construction du cloître; mais la mort Fempêcha de terminer cette construction ^.

Une autre abbaye du diocèse fut directement gouvernée par Drogon : c'était la grande abbaye de Gorze qu'avait fondée lun de ses prédécesseurs Chrodegang, et où avait été déposé le corps du saint martyr Gorgon. A la mort de Tabbé Halduin 3, Drogon garda pour lui le titre abbatial. Il fit aussi, au nom de Gorze, un certain nombre de contrats de précaire ; en 848, Fredelave donnait à Gorze ses biens dont le Scarponais, dispersés dans les trois finages de Rembercourt-sur-Mad, de Charny et de Jaulny*; mais immédiatement il obtint ces biens en bénéfice avec d autres qui dépendaient de Téglise Saint-Étienne, les uns dans le pagus Moslinse, au finage d'Augny, à Argesyngas^ Sismeringas et Bertinerengas, les autres au Scarponais, à Waville et in fine Betheniaga et in fine Xuroninse et in Villare ^. Le 26 mars 849, son vassal Ogulf céda de même à Gorze des manses in termina Ligoniaga Bauleniaga ; on les lui rendit en bénéfice avec des biens à Xonville, Waville et Pagny 6. Signalons encore qu'en 851, Drogon fit au nom de Gorze un échange avec son vassal Alsad. Celui-ci lui céda un certain nombre de manses à Beaumont-sur-

1. Sur ces actes voir Fustel de Coulanges, Le bénéfice et le patronat,

2. Charte de l^évêque Adalbéron le pour Saint-Arnoul dans Meurisse, Histoire des evesques de Metz, p. 307. Cf. D*" Wickmann, Adalbero /•' dans le Jahrbuch der Gesellschaft fur lolhringische Geschichte und Altertumskunde, III, p. 174. L'original de cette charte est aux archives de Lorraine.

3. Haldoin est encore mentionné comme abbé de Gorze en 835. D'Herbornez, Cartulaire de Gorze dans les Meitensia, II, p. 87, n" 49.

4. Les trois endroits au canton de Thiaucourt, Meurthe-et-Moselle. Histoire de Metz, Preuves, III, 17. Cartulaire de Gorze, p. 89, n" 50.

5. Cartulaire de Gorze, n° 51. Augny, au canton de Metz; Waville, au canton de Gorze. Les autres localités ne sont pas faciles à identifier. Nous proposons pour Argesyngas, Achain, cant. de Château-Salins; pour Sismeringas, Hémering, au canton de Gros-Tenquin ; pour Bertineringas^ Berméring, au canton d'Albestroff. Le ruisseau de Soiron, sur le territoire de Waville, rappelle le finis Xuroninsis, Nous devons une partie de ces communications à M. Louis Davillé.

6. Histoire de Metz. Preuves, III, 28. Cartulaire, n® 52. Xonville (Sionevilla), canton de Gorze; Pagny-sur-MoselIe (Patriniago). c. de Ponlà-Mousson, Meurthe.

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Orne dans la Woêvre ; Drogon lui livra à Ârnaville sur le Mad un manse, une vigne et un moulin ^ Tous ces échanges et ces donations ne furent pas favorables à Gorze. Drogon, pour se procurer des vassaux fidèles, livrait les biens du monastère ; et le mal s'accrut, quand, après la mort de Tarchevêque, le roi Lothaire II mit à la tête de Tabbaye un laïque, le comte Bivin ^. Il fallut toute Ténergie du successeur de Drogon sur le siège de Metz, Advence, pour rétablir Tordre. Soutenu par un concile tenu à Metz en 863, il poursuivit la restitution de tous les biens enlevés : il rappela en termes discrets la conduite de l'archichapelain : « Aux temps de notre prédécesseur, le monastère de Gorze a supporté de grandes pertes ; et nous ne pouvons rappeler sans douleur que le saint bataillon des moines avait à peine de quoi se nourrir ^. »

Quant aux monastères de son diocèse qui n'étaient pas placés sous son commandement temporel, Drogon y exerça une surveillance active et s'eiForçait de les rendre prospères. Au début du vu® siècle, Glossinde, née d'une illustre famille, avait fondé à Metz, à quelque distance de la porte Serpenoise , un monastère de femmes où cherchèrent asile un grand nombre de religieuses ^. Glossinde, peu de temps après sa mort, fut honorée comme une sainte ; on Tenterra d'abord à Téglise Saint-Jean, nommée plus tard Saint-Amoul ; mais on ramena bientôt son corps dans une petite chapelle, dépendant de son abbaye et située au milieu du cimetière des moniales. Comme sur son tombeau des miracles se produisirent, Drogon résolut de lever le corps et de le transporter dans

1. Hiêtoire de Metz, Preuves, III, 29. Cartulaire, n« 54. Beaumont-sur- Orne {Bibonis mons, supra fluvium Orna), c. de Charny, Meuse ; Arnaville, c. de Thiaucourt, Meurthe-et-Moselle. Arnaville doit probablement son nom h Tévèque de Metz, Arnald. Sur cette charte de Drogon, voir un bon article de Louis Davillé, Les origines du village d^ Arnaville dans le Journal de la Société d'archéologie lorraine, 1900, p. 196-197.

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