‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 112 sur 312 · Quo nihil nobilius nihilque s;)nctius est · texte numérisé non relu

Quo nihil nobilius nihilque s;)nctius est

5. I-a lettre publiée en dernier lieu dans les Epistotpp karotini sevij III, 622; Touvrage Bibtiotheca patrum Lut/dunensîs, XV, 307 et Migne, Pa/rologie latine, CXV, 243.

l'archevêque de METZ DROGON 137

les faits eux-mêmes ; la chronique devient un logogriphe qu'on essaie de déchiffrer. A la rigueur une telle méthode peut s'appliquer au Cantique des Cantiques et l'on conçoit qu'Angelome se soit, dans la suite, attaqué à cet ouvrage. Il entreprit ce nouveau travail sur l'ordre exprès que lui donna l'empereur I^thaire, peu de temps après la mort de l'impératrice Irmengarde ^ Mais, pour ne rien faire contre la discipline monastique, il sollicita, avant de prendre la plume, la permission de son abbé. Drogon, u plein de douceur et d'affabilité, porté à l'enthousiasme pour tout projet généreux », non seulement ne refusa pas, mais commanda au moine d'entreprendre aussitôt cet ouvrage, réclamé par un empereur pour la gloire de Dieu : « augustale opus et spiritale decus »^ ; et ainsi prit naissance un des nombreux commentaires mystiques du cantique réaliste du roi Salomon. Déjà, pour Angelome, l'époux et l'épouse désignent Jésus-Christ et son Eglise. Ainsi Luxeuil, gouverné par Drogon, continua de mériter un grand renom littéraire. Du reste le prélat se plaisait à séjourner en cette abbaye, pour se délasser de ses travaux ; au milieu des belles forêts qui Tenvironnent, il respirait un air plus pur. Nous avons déjà raconté qu'il mourut dans une des propriétés du monastère ^.

Si à Luxeuil Drogon encourageait les travaux de l'esprit, on devine qu'il s'appliqua à maintenir les écoles de Metz au degré de prospérité qu'elles avaient atteint sous Charlemagne. Nous n'avons pas d'ouvrage composé par lui-même * ; mais les écrits que lui adressèrent, outre Angelome, le diacre Florus et Rhaban Maur nous prouvent qu'il était un esprit cultivé et qu'il lisait beaucoup. Il aimait la poésie, et les poètes que suscita la renaissance carolingienne ne manquèrent pas de lui dédier quelques pièces ou de le citer dans leurs vers. Walahfried Strabon, qui avait toujours embrassé le même parti politique que Drogon, lui

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