Silvis veiiationibus 5. Silvis e^ venationibus
6. Fami7iÏ5 etiam utriusque sexus 6. Fama/» etiam utriusque sexus
Que ron compare avec ces résultats le texte reproduit plus haut, p. 173-175, du faux d' Augsbourg ; ce texte dans les six passages concorde non pas avec celui des chartes originales, mais avec le texte fautif de Hund-Gewold. Le paragraphe 6 et le paragraphe 3 sont particulièrement probants; celui-là, parce que « famulis utriusque sexus » au lieu de « familiis utriusquesexus», ou, comme on le trouve aussi, au lieu de « famulis et famulabus », est une expression tout à fait inusitée ; celui-ci, parce qu*il nous fait pénétrer dans Tofficine du faussaire. Dans Hund- Gewold « subintrahentium » au lieu de « subintroeuntium personarum » était une simple faute de lecture ou d'écriture à laquelle on ne pouvait donner aucun sens. C'est ce que reconnut le faussaire qui corrigea par « subtrahentium », expression à laquelle on peut à la vérité donner un sens, mais qui dans cette combinaison ne se rencontre jamais dans les chartes de Henri H. Il ne peut subsister aucun doute : ce sont les textes imprimés de Hund-Gewold et non des chartes perdues de Henri H pour Sainte- Afra, qui sont la source où le faussaire a puisé. Ses misérables falsifications sont forgées d*un bout à Tautre et sans aucune valeur. Mais elles ont eu du succès. Fabriquées entre 1620 et 1630, leur incorporation à Tantique et authentique manuscrit
d'Origène — artifice que je n'ai pas encore rencontré jusqu'ici clans la vaste littérature des falsifications de documents et qui donne à l'histoire de celle-ci le charme de la nouveauté — économisa la confection de prétendus originaux qui eût été sans doute pénible à l'abbé de Saint-Ulric et Sainte-Afra et l'eût exposé au danger de voir découvrir la fraude. Le complaisant notaire David Schwarz, à qui Tabbé donna encore d'autres occasions de profit, établit la copie légalisée, qui put être désormais employée. Je ne sais pas si et quand elle a été produite devant la Chambre de justice \ ni quel accueil lui a fait Tévéque d'Augsbourg; mais elle a été produite à la chancellerie impériale et ne lui a inspiré aucun soupçon ; l'empereur Ferdinand III et plusieurs de ses successeurs l'ont confirmée *. Et l'on peut vraisemblablement présumer qu'elle a influé sur l'accommodement relativement favorable, auquel Tévêque d'Augsbourg se prêta en 16i3, et qui mit fin au litige pendant à Spire depuis si longtemps : moyennant le paiement de 1 2000 florins et la cession de quelques biens, il reconnut ^ au couvent l 'immédia teté que le couvent a conservée jusqu'au commencement du xix* siècle.
Les deux chartes * dont l'origine vient d'être ici racontée et éclairée ne sauraient trouver place dans notre édition des diplômes pour les Monumenta (Jermaniœ^ dont les falsifications des derniers siècles sont en principe exclues, mais elles ont eu pour rhistoire du couvent dans les temps modernes une telle importance que nous voulons leur rendre les derniers honneurs en les réimprimant à la fin de cette étude.
Ilarry Bresslau.
1. Les actes de la Chambre de Justice de TEmpire et du conseil aulique, déposés aux archives du cercle de Landshut, ne fournissent aucune indication h cet égard.
2. Mon. Boicaf t. XXII, p. 165, 752; Khamm, loc, cit., p. 153, 16i.