Publié dans JafTé, Monumenta Bamhergensia, p
202 PAUL FOL'RNIER
cependant la trame de la collection. Après eux, Télément le plus important est fourni par des textes puisés dans le recueil du faux Isidore : ajoutez que Tauteur fait des emprunts assez nombreux aux conciles tenus à Orléans en 541 et en 549, qui sont pour lui le II* et le III* concile d'Orléans, et qu'il cite parfois le concile d'Orléans de 5 11 d'après un texte plus conforme aux originaux que le texte de Burchard. Evidemment il avait à sa disposition un de ces recueils tels que Maassen en a signalé plusieurs^ contenant au moins les conciles d'Orléans précités ' ; en effet les Fausses DécrétaleSy comme d'ailleurs VHispana, ne contiennent que le I*'' concile d'Orléans, de 311. La* liste des Pères aux ouvrages desquels le compilateur a puisé doit être augmentée par Teffet de l'examen des livres autres que le IV* : aux saints docteurs déjà cités il faut ajouter saint Cyprien, Origène, Isidore de Séville, Bède, Alcuin, Raban. Enfin, outre les textes de l'époque grégorienne mentionnés plus haut, il y a lieu de signaler, au livre II, un passage d'Alexandre II 2.
En résumé, Tauteur de cette composition a tiré de Burchard un certain nombre de textes qu'il a complétés surtout au moyen des Fausses Décret aies et de quelques citations patristiques. Sans doute il a accompli son œuvre vers le commencement du xii* siècle ; car le fragment le plus récent qu'il y ait introduit est la lettre de Pascal II, citée plus haut, qui remonte aux premières années de ce siècle 3. Sans doute aussi, lauteur appartenait à rÉglise de France, ce qui expliquerait sa prédilection pour les conciles d'Orléans ^. Il n est pas invraisemblable d'admettre que
1. Il ne tient pas compte des conciles de 533 et de 538 que saits doute il ne connaît pas. — Sur ces collections, voyez Maassen, Geschichte der Quellen des canonischen liechts^ I, pp. 574 et ss.
2. « Prseter hoc autcm precipiendo mandamus ut nuUus audiat missam presbiteri qucin scit indubitanter conçu binam habere vel subintroductam mulierem. Unde sancta synodus hcc à capite sub cxcommunicatione statuit dicens : « Quicumque sacerdos in celesti patria mereantur ascribi. »
Joignez-y, au livre VI, la première partie d'une lettre écrite par Herrand, évèquc d'ilall)erstadt, à Walram, évoque de Naumbourg, au nom du comte Louis de Thurinjçe, vers 1095 (Libelli de lite Imperatorum, H, p. 287-289). Le texte de ce document, contraire à Henri IV, s*arrète à ces mots : Dominus Ileinricus hereticus est.