‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 16 sur 312 · PRÉFACE XXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXIX

du xii^ siècle et suivre dans Placide de Nonantula, dans Yves de Chartres, dans Geoffroy de Vendôme, le mouvement d'idées qui devait aboutir au concordat de Worms. Ailleurs, dans des notes trop brèves sur Frédéric Barberousse, on apprend à connaître le véritable sens des prétentions de TKmpereur en Italie, à discerner le lien qui unit aux controverses de Tépoque des investitures la théorie des Regalia proclamée à Roncaglia, à saisir le rôle que cette dernière a joué dans les démêlés avec le Saint-Siège. Il est probable que Paul Fabre n'aurait pas donné une forme définitive à ces recherches. Mais il les aurait mises à profit dans un mémoireoiiilvoulait développer un des aperçus de son premier article et montrer rinfluence qu'ont exercée les événements sur les essais successifs et sur la rédaction définitive du carlulaire contenu dans le Liber censuum. Ces documents, ces titres, si longtemps négligés, ont servi d'armes au Saint- Siège dans les luttes qui agitaient alors la Chrétienté : ils nous font connaître ses préoccupations et ses moyens d'action. Les circonstances mêmes où Cencius a réordonné le Liber cerusuum méritent d'attirer l'attention et il est intéressant de constater que ce travail a été fait au lendemain du couronnement d'Henri VI, à la veille des négociations que ce même (Cencius allait mener avec l'ambitieux héritier de Frédéric Harberousse. Paul Fabre, à son habitude, mûrissait lentement ces précieuses observations. L'essai où il les aurait résumées eût sans aucun doute éclairé d'une lumière nouvelle la lutte du Sacerdoce et de TEmpire ; mais, hélas! ce projet n'a pas été réalisé et la mort a frappé l'ouvrier au moment même où la force lui revenait de reprendre sa tache. Telle qu'il Tavait dès lors remplie, cette tâche lui vaudra une durable gratitude. A une époque où la recherche oiseuse de rinédit fait autant de victimes que le goût des généralisations superficielles, Paul Fabre a eu le mérite de découvrir, au vrai sens du mot, un des monuments les plus précieux pour l'étude de la papauté au moyen âge, de le

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