‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 186 sur 312 · D'ETIENNE DE TOURNAI · texte numérisé non relu

D'ETIENNE DE TOURNAI

Etienne de Tournai, connu surtout par ses lettres et par ses sermons, eut de son temps la réputation d'un habile versificateur ^ Lui-même, en deux endroits au moins de sa correspondance, parle des vers qu*il avait composés dans sa jeunesse ^ ; cependant, ce qui reste de ses poésies se réduit à fort peu de chose ; quatre pièces seulement, toutes quatre très courtes, ont été jusqu^à présent imprimées avec ses autres œuvres ^.

Le poème rythmique dont on trouvera le texte plus loin est la production poétique la plus considérable de beaucoup que nous connaissions d*Etienne. Elle date de son séjour à Bologne, où, comme Ton sait, il étudia le droit sous le célèbre Bulgaro ^ ; c'est donc une œuvre de jeunesse ; nous avons là évidemment un de ces badinages [puerilià) auxquels il fait allusion dans une lettre plusieurs fois citée au cardinal Pierre, évéque de Tusculum ^.

Le texte que nous imprimons ci-après de ce poème, a été établi d'après deux copies anciennes, conservées Tune à Paris, l'autre à Rome.

i. HUtoire littéraire de la France, t. XV (1820), p. 585-587.

2. Lettres d'Etienne de Tournai, nouv. édit. par Tabbé Jules Desilve, Valencîennes et Paris (1893), n° L, p. 64, n» CCLXXVII, p. 349 ; cf. n» CCXC, p. 363.

3. Migne, Pa/ro/. lat,,i. CLXXXV, col. 1251-1252, et CCXI, col. 566-568; I.e//re«..., édit. Desilve, p. 443-444/

4. Histoire littéraire de la France, L c, p. 526. — Lettres d* Etienne de Tournai, édition Desilve, n'>XLlV, p. 57, n^LXXVIlI, p. 92-93, n» CXXXVI, p. 159, et la note h cette page.

5. Lettres d'Etienne de Tournai, édition Desilve, n« L, p. 64.

La première se trouve, sans nom d^auteur, dans le précieux recueil de morceaux de prose et de vers, de la fin du xm* siècle, qui forme le manuscrit latin 11.867 de la Bibliothèque nationale; elle en occupe les feuillets 104 v^, col. 2-105 r°, col. 2; cette copie a été connue de M. Hauréau, qui se réservait d'insérer le poème dans un recueil de textes littéraires qui n'a jamais paru, et de M. Karl Hampe, qui en a cité les trois premiers mots dans un dépouillement partiel de ce manuscrit 11.867, imprimé il y a trois ans dans le Neues Archiv ^ ; nous la désignerons par la lettre P.

L'autre copie, que nous appellerons V, nous est fournie par le manuscrit 157 du fonds de la reine Christine de Suède, à la Bibliothèque du Vatican, exemplaire encore inutilisé des lettres d'Etienne de Tournai ^, bien qu'il ait été signalé parL. Bethmann, dans le t. XII de V Archiv de Pertz ^,

Cette copie, plus ancienne que la précédente, oiFre cet intérêt tout particulier, qu'elle fournit le nom de l'auteur *; en effet, sur le feuillet préliminaire (A) du manuscrit, aussitôt après le titre général, qui est :

Incipiunt epistole magistri Stephani AurelianensiSy Tornacensis episcopi,

1. Neues Archiv der Gesellschaft fur altère deulsche GeschichUkunde^ t. XXIII (1898), p. 638.

2. Il n'a pas été connu de Tabbé Desilve, dont Tëdition constitue néanmoins un progrès très réel sur les précédentes. — Ce manuscrit se compose de 72 feuillets de parchemin numérotés, plus un feuillet (A) initial, sur lequel a été transcrit notre poème, et, à la fin, 3 feuillets de garde, en partie occupés par une analyse des premières lettres, d*une écriture un peu plus récente que le reste. Longues lignes, d'une fine écriture de la première moitié du xiii® siècle. Ce volume mesure 165 centimètres sur 123. Simple reliure en parchemin; anciens numéros 1392, 1564, 349, plus la cote V, 56, sans doute celle qui avait été affectée à ce manuscrit dans la collection des Petau. Le n^ 1392 est celui sous lequel cet exemplaire est désigné dans Montfaucon, Bibliotheca. bibliothecarum manuscriptorum, t. I, p. 45, col. 2.

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