‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 201 sur 312 · RuBEiB, Mon · texte numérisé non relu

RuBEiB, Mon

Mf

l'administration DC FRIOUL 305

retendue du Prioul K Ces attributions furent confirmées, de la manière la plus précise, par Henri VI et Othon IV ^« Comme il ne se trouvait dans ce rayon aucun territoire ecclésiastique ou séculier qui fût indépendant du patriarche ^, celui-ci possédait donc un territoire fermé, extraordinairement favorable au développement de la souveraineté territoriale*

Le comté de Frioul, en sa qualité primitive de marche, avait conservé la vieille circonscription du duché lombard; il embrassait tout le territoire des frontières de la Carniole et de Tlstrie à Test, jusqu'à la Livenza, à l'ouest, depuis la crête des Alpes au nord jusqu'à la côte marécageuse de la mer. Ce comté pouvait donc être encore désigné, en raison de son étendue, comme une principauté, quoique le territoire réellement soumis à Tautorité du patriarche fût restreint, à Test, vers le cours inférieur de risonzo, par le développement du comté de Goritz *.

C^est par la royauté allemande, surtout en vue de fortifier la domination allemande en Italie, que cette principauté ecclé* siastique avait été fondée. Depuis le xi^ siècle, la plupart des patriarches d'Aquilée ont été pris dans la haute noblesse allemande, plusieurs d'entre eux dans les familles les plus considérables des provinces allemandes voisines. Ils acquirent aussi des possessions et des seigneuries importantes en Carinthie et en Carniole, tant par la libéralité de princes leurs parents que par collation royale. C^est de la même façon et dans les mêmes vues qu'il le faisait pour l'évêché de Trente ^ qu'Henri IV conféra au patriarcat, comme pays de soutien, les comtés aile*

i. FicKKRj Forgchungen l, 269,273.

2. Stumpf, Acta inediia 263 : m ducatum Fori-Julii cum omni Jure et pertinentiis suis et sanguinolentum denarium.,. et omnia maleficia^ quse ad correptionem et bannum principum spectare noscuntur » ; de même Boebmbr- FicKER Regesta imper li V. n® 258.

3. L'évêché de Concordia et Tabbaye de Sesto dépendaient encore au ziv« siècle du patriarcat. (Cf. Bianchi Thésaurus ecctesiœ Aquile/ensis n°* 10 et 11), ainsi que tous les couvents du Frioul. Également à Cordenone, qui était un alleu des Babenberg, et à Pordenone, qui appartenait aux mêmes ducs, la justice était aux mains de la « domus Aquitegie ». Minotto, Documenta ad patriarchatum Aquilegensem spectantia I, 32.

Page 1