Contra fidem et utilitntem dominicam
4-. La basilica barbarorum ne peut être une église arienne ; car le pape n*auniit pas été qualifié pour y exercer le droit d'asile.
4 L. DUCHESNt:
Il eut occasion de Taider dans une affaire de biens ecclésiastiques ; une famille du pays, les Dionyaii, avait envahi le patrimoine de Téglise de Vibo ; en dépit de toutes les protestations, ils persistaient dans leur usurpation. Excommuniés pour ce fait, ils trouvèrent un prêtre facile, appelé Célestin, peut-être le même que celui dont il a été question plus haut, qui prit sur lui de les admettre aux saints mystères. Gélase, informé, maintint la sentence épiscopale ^ et ordonna de déposer immédiatement le prêtre rebelle. Ces décisions furent notifiées aux évêques Jean de Vibo, Majoricus (de Tempsa?) et Serenus. C'est précisément de celui-ci que relevait le prêtre Célestin. Je serais porté avoir en lui, à cause du voisinage, un évêque de Locres ou de Reggio ■-.
A la génération suivante appartiennent les fondations monastiques de Tillustre Cassiodore et sa retraite dans sa villa de Vivaria, près de Squillace. Cassiodore, dans ses divers écrits, ne parle jamais des évêques du Bruttium. On ne trouve non plus aucun renseignement de ce genre dans les lettres du pape Pelage I**" au sous-diacre Melleus ^. Ce Melleus était recteur du patrimoine de Téglise romaine en ces contrées ; c'est la première fois que ce patrimoine est mentionné. L'évêque de Squillace, Zaccheus^ avait suivi le pape Vigile à Constantinople ; nous trouvons sa signature au bas d'une pièce de ce temps, le Constitutum de 553 ^.
Les lettres de saint Grégoire nous représentent les églises du Bruttium dans un triste état de désolation. Le diocèse de Carina, près de Reggio, n'est plus guère qu'un désert : il n'y reste que quelques fidèles et un nombre de clercs insuffisant. Le pape profite de la mort de Tévêque pour annexer son ressort au diocèse de Reggio (595) ^. L'évêque de Myria ou Meria, Severinus, a dû se réfugier à Squillace avec son clergé ; il y est
i. Le système que j'adopte ici suppose que les lettres du pape Gélase se suivent dans Tordre chronologique adopté par P. Ëwald ( Neues Archiv, t. V, p. 526, et JafTé, 2<> éd. ). Le Célestin dont il a été question plus haut aspirait à Vofficium altaris.