‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 73 sur 312 · Ludovici, éd · texte numérisé non relu

Ludovici, éd

L'ASSEMBLÉE DE MERSEN

Longtemps, les historiens et les jurisconsultes ont rattaché les origines de la féodalité à des textes de lois précis, empruntés à la législation de Charles le Chauve. L'idée qu'on se faisait autrefois de Tinfluence de la royauté sur le développement des institutions^ la faiblesse de caractère et d'esprit qu'on attribuait volontiers au petit-fils de Charlemagne, ont déterminé cette explication qui en France ' fait encore loi souvent.

J'ai essayé de prouver par l'étude des articles de Kiersy- sur- Oise qu'ils n'étaient point une Charte constitutive de l'hérédité des oflices et des fîefs, comme on Ta dit ; que ce dernier acte législatif de Charles le Chauve fut une mesure de circonstance, et de prudence, non de faiblesse.

Si malaisé qu'il soit de détruire une erreur consacrée par l'autorité de Montesquieu, j'en veux relever une autre, analogue, qui a eu la même source et la même fortune. Car, c'est une autre erreur, à mon sens, que de chercher, comme Montesquieu l'a fait dans Y Esprit des lois^ et beaucoup d'autres après lui -, l'origine de la vassalité dans un acte législatif, dans un article détaché du capitulaire de Mersen de 847. Certains passages de ce capitulaire ont été examinés, ramenés à leur véritable por-

1. Emile Bourgeois, Le Capitulaire de Kiersy -sur- Oise ^ Paris, i885, ch. VI : L'Interprétation traditionnelle.

2. Montesquieu, Esprit des Lois, 1. XXXI, ch. XXV : « Quelque temps après la bataille de Fontenay, les trois frères, Lothaire, Louis et Charles firent un traité h Mersen dans lequel je trouve les clauses qui durent changer tout rétat politique des Francs. >. — Voir Duruy, Histoire de rEurof)^ et de la France, nouvelle édition, 1890, p. 257, et enfin, tout récemment, VHistoire générale de Lavisse et Hambaud, qui reproduit la même doctrine, 1894, t. I, 407.

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