Thégao, chap
l'archevêque de METZ DROGON 107
de Saint-Médard de Soissons et où les fils imposèrent à leur père une longue lecture de ses fautes. Il fut surtout irrité de ce qu'on eût rappelé les torts de Louis à son égard ^ : depuis longtemps, il avait pardonné la violence commise en 818 et son exil à Toul. Dès qu'il connut ces événements, il travailla au rétablissement de l'empereur ; il sema la devance entre Lothaire et les frères cadets Louis et Pépin : il prépara le soulèvement qui allait éclater en 834 ; devenu suspect au premier, il se réfugia de l'autre côté du Rhin, auprès de Louis, et là il continua de s agiter. Il envoie des émissaires à Pépin en Aquitaine ^, entre autres son frère Ilugue, devenu abbé de Saint-Quentin en Vermandois et de Lobbes ; grâce à lui, Louis et Pépin s'allient et rétablissent une seconde fois le vieil empereur en ses dignités (1*^^ mars 834).
Drogon allait trouver la récompense de son dévouement. Louis lui donna la dignité d'archichapelain ^. L'archichapelain est le même dignitaire qu'Hincmar dons le De ordine palatii appelle, par un véritable anachronisme, Tapocrisiaire '*, L'archichapelain était à la tète du clergé du royaume et surveillait toutes les affaires ecclésiastiques ; et, comme ces affaires étaient alors de beaucoup les plus importantes, il en résultait qu'il se trouvait être le premier personnage du royaume après le souverain. Il l'emportait de beaucoup sur le comte du palais qui dirigeait les
1. Eo quod paternam admonitionem et terribilem contestationem sub divins invocatione ante sanctum altare in prœsentia sacerdotum et maxima populi multitudine sibi factam sccundum suam promissionem non conserva verit,eo quod fralribus et propinquis violentiam intulerit. Boretîus, II, 54. Notons que Louis avait déjà expié ce méfait à Attigny et qu'il ne pouvait être condamné deux fois pour le même motif, •• cum et leges forenses non contra unam culpam scmel commissam bis invehant et nostra lex (la loi ecclésiastique) habeat non judicarc Deum l)is in id ipsum ».
2. L'auteur anonyme de la Vila Hludowici appelé d'ordinaire l'Astronome nous donne ces détails c. 19. A Germania porro Hugo abbas in Aquitaniam missus a lUudoico (Louis le jeune) et ab eis qui illuc confugeranty a Di'Ogone scilicet episcopo et reliquis, Pippinum in boc ipso instigabat (â se révolter). Pertz, Scriptores, II, 637.
3. La date de cette nomination n'est pas certaine. Elle se place entre le 10 juin 833 où est cité encore Foulque ^Sickcl, L. 316) et le 8 juin 836 où rêvêque de Metz est nommé sacri palatii archicapcllanus (Sickel, L. 340.) Il me semble qu'elle a dû coïncider avec la seconde restauration de Louis.
4. Ed. Prou, dans la Bibliothèque de V École des Hantes-Études ^ p. 40.
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affaires séculières. Le poète Florus appellera Drogon à juste titre magister sacri consilii ^ . Drogon succédait en cette dignité à un certain Foulque, qui, selon toutes les apparences, avait quitté Tempereur au champ du mensonge et qui, depuis cette époque, a disparu de l'histoire *. Vers la même époque, le frère de Tévêque, Hugue, fut préposé à la chancellerie ; il s'appela « summus sacri palatii cancellarius » ou « sacri palatii archinotarius 3. » On devine qu'à la fin du règne de Louis Drogon fut tout-puissant.
Voulait-on obtenir une faveur à la cour ? C'était à lui qu'il fallait s'adresser. Par lui la requête était appuj^ée ; sur son intervention le précepte était expédié par la chancellerie. Drogon figure comme ambasciator ^ en un certain nombre de diplômes. Ainsi, le 8 janvier 836, Louis confirma sur son intervention à l'évêque de Coire Vérendaire une chapelle à Schlestadt et tous les autres biens que ses prédécesseurs possédaient en Alsace ^ ; le 4 février de la même année, Rhaban Maur obtint grâce à lui que les négociants du monastère de Fulda ne paieraient aucun droit dédouane dans Tétendue de l'Empire^; le 20 décembre 837, l'empereur ratifia dans les mêmes conditions un échange entre le fisc et l'église de Wûrtzbourg ^.
Cette nouvelle dignité d'archichapelain obligea Drogon à faire de très longs séjours à la cour ; il résida à Aix-la-Chapelle ou bien suivit l'empereur en ses diverses pérégrinations s. Quelques