Vita Sergii, chap. 15. Liber pontificalis, II
6. La vie de Serge a interverti ici les faits, comme le remarque fort judicieusement M. Tabbé Duchesne, note 8. Le pape prêta d'abord serment,
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Drogon Ini-méme obtint à Rome une di|rniié nomrelle. Il fat nommé vicaire pour les Gaules et les Germanies« ric^rius Galliaram Germanûtramqae pariibas *. Une pareille dignité avait été possédée, ce semble, par saint Bonilace, pois par Cbrodegang, Tun des prédécesseurs de Drogon sur le siège de Metz, «afin par Wilchaire, archevêque de Sens-. Quelles attributions étaient attachées à ce titre ? La circulaire que Serge II adressa aussitôt après cette nomination au clergé transalpin nous les lait connaître ^. Drogon devait être au delà des Alpes le représentant direct du pape. Serge, ne pouvant être présent partout, délègue ses pouvoirs en Germanie et en Gaule à son vicaire. Toutes les affaires ecclésiastiques seront examinées par ce vicaire ; tous les évêques lui doivent en conséquence obéissance : « Il est convenable que celui qui travaille pour tous soit soutenu par le secours de tous ^. » Le vicaire réunira au delà des monts des svnodes généraux ; les svnodes provinciaux lui feront connaître les décisions prises par eux. Tout chrétien, avant de recourir au pape, s'adressera d*abord au vicaire. Condamné par son évéque, il en appellera en seconde instance au vicaire; en troisième instance seulement, au souverain pontife. Drogon examinera la conduite et les mœurs des évéques et des abbés de toute la région de Gaule et de Germanie : il réprimandera les
pois eut lieo le couronnement de Louis. L'ordre des éTénements est fort bien indiqué par Prudence de Troves dans les .4 n/ialet 6erfm£ajii. Hlolharias filium saum lliudowicuni Romam cum Drogone Mediomatrîcoruin episcopo diriirlt. acturos ne deinceps decedenli apostolîco quisqnam illic praeter sui jossionem misà^rumque suorum pra^sentiam ordineturantistes. Qui Romam venientes h«>r. orifice suscepli sunt. peract»>^ue ne'jotio, Illodowicum pontifex romanus unctiooe in re^m consecralum cin^lo decoraTit. Adon de Vienne iS^ripioretf II, Ztt- p^rle à tort dune con><'cralion impériale de Louis; la même erreur est commise dans le Chroticon «/ir/i Benigni, éd. Bougaud et Gamier -Ana/^-M dirion^nsU, p. 85 .
1. Ce titre est indiqué par Prudence, Aniales beriinUni^ année Ri4, éd. WaiU, p. 3«).
2. Sur celle question, Toir un article de Tabbé Ducfaesne, WUch^ire de S<ns^ ^rrk^T^ue d^ <#a'i'«f* dans le Bulletin de U SociHé trrhéoiogique de Sens, t. XVII. p. ir>-|9. Cf. l'extra il qui a clé donné dans le Joarn^i de U So^i^t^ d'^rch'\*'.'f7ie lorrtin^. IS'^. p. ^5.
3. Jîffé. n» i''»^. La U-ttr^ éditée de nouveau par Hirsch-Gereath, Episîoht k^nÀini arri^ t. III. p. S'sl.
4. I>ecet ut, qui pro omnibus laborat, cunctorum snbsidio fulciatnr.
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coupables K Un nouveau degré était ainsi créé dans la hiérarchie catholique : entre le pape et les prélats transalpins s'interposait le vicaire pontifical ; et Ton s'explique que Tépitaphe de Drogon lui donne le titre : primas cis Alpes ^.
Drogon avait aussi des attributions politiques dont parle, d'une façon un peu plus vague, la lettre de Serge II. A lui de maintenir la concorde entre les trois frères qui se sont divisé Tempire carolingien. » Si Tun d'eux suivait le prince de discorde et violait la paix catholique, nous veillerons à le châtier, avec l'aide de Dieu, conformément aux autorités canoniques ^. » En conférant cette dignité à Drogon, le pape réservait tous les droits de l'église de Rome et aussi ceux de son très cher fils spirituel, le seigneur Lothaire, grand empereur ^ ; mais aucune réserve de ce genre n'était faite pour les droits des deux autres frères, Louis le Germanique et Charles le Chauve.
En nommant Drogon son vicaire, le pape consacrait en quelque sorte le titre d'archevêque et c'est sans doute à ce moment qu'il lui conféra le pallium ^.
Evidemment Drogon n'eût point accepté une semblable dignité, s'il n'avait point été assuré d'avance de l'assentiment de Tempereur Lothaire. La nomination de Drogon se rattachait à la politique générale de ce prince. Lothaire, fort de son titre d'empereur, ne se résignait pas à ne régner que sur un tronçon d^État ; il songeait à revendiquer une sorte de prééminence et de suzeraineté sur les royaumes de ses deux jeunes frères. Le pape
1. Tous ces faits mentionnés dans la lettre de Serge II. Chrodegang avait eu encore un autre pouvoir. Paul Diacre nous dit dans les Gesta epiêcoporum Meiienaium dans Pertz, ScriptoreSf I, p. 267. « Hic consecravit episcopos quam plurimos per diversas civitates. » Il a donc consacré les évêques dans les cités situées hors de la province de Trêves. Cf. la note de Fabbé Duchewief Liber pontificalis, I, p. 463