DE L'ORIGINE DU POUVOIR
Sommaire : I. Préliminaires. — Philosophie morale et sociale du P. de Pascal. — Morale du bonheur. — Liberté, vertu, loi, conscience, etc. Impératif catégorique. — Le libéralisme. — Critique de l'école historique.
II. Philosophie sociale. — Origine de la société et du pouvoir. — Autres opinions de Tauteur.
m. L'Eglise et la France moderne^ du P. Maumus. — Principes de 89. Souveraineté nationale.
IV. Essai de conciliation entre les diverses opinions sur l'origine du pouvoir.
On se propose d'aborder ici certaines questions morales et sociales, en particulier celle de l'origine du pouvoir, à propos de quelques ouvrages récents. Parmi ceux qui attirent le mieux l'attention et représentent les deux tendances les plus opposées, sont ceux du P. de Pascal (1) et du P. Maumus, des Frères prêcheurs (2). Nous en ferons d'abord l'analyse plutôt que la critique; puis nous tenterons de concilier les doctrines qui y sont professées dans
{\) Philosophie morale et sociale, 2 vol. in-iG de 349 et 53 r p. 189496. Paris, Leihielleux.
(2) U Eglise et la France moderne^ petit in- 12, xii-294 p. Paris, Lccoffre, 1897.
,6 / ♦ piiBSTlO^S: MOftA^ES ET SOCIALES
des formules plus larges, où puissent se rencontrer les théologiens et les philosophes qui ont abordé autrefois et aujourd'hui ces délicates questions.
Pour parler d'abord de l'œuvre du P. de Pascal, de beaucoup la plus étendue, puisqu'elle embrasse toute la morale et la sociologie, nul n'était mieux préparé que Fauteur à écrire sur ces matières difficiles et complexes. Ici la théologie, le droit naturel, les sciences sociales et économiques se donnent rendez-vous et demandent à être traitées, sinon toujours à fond et dans tous leurs détails, du moins par les sommets qui leur sont communs. Or l'auteur, à qui les anciens théologiens et les philosophes contemporams, comme aussi les sociologues et les économistes, sont familiers, n'a pas eu de peine à se renseigner exactement sur tous les points qu'il touche et à les aborder à son tour d'une manière souvent originale et toujours instructive. Ce n'est pas que toutes ses conclusions nous paraissent incontestables ni même les meilleures; mais elles méritent toujours considération et témoignent de la compétence particulière de l'auteur. D'ailleurs ij en a fait l'objet de son enseignement fort apprécié, soit à l'Université catholique de Lille (section des sciences morales et politiques), soit au Musée social fondé à Paris par M. de Chambrun. Parcourons donc l'ouvrage qu'il nous présente aujourd'hui, en signalant les points les plus remarquables et en insistant sur les solutions les plus controversées.
Dans la première partie (Tome I, Philosophie morale) qui est la moins développée, Tauteur résume les meilleures doctrines de l'école. La morale chrétienne englobe la morale naturelle telle que l'ont enseignée les Socrate, les Platon, les Aristote ; mais elle la corrige et y ajoute.
Morale du bonheur. — On peut donc dire que c'est la morale du bonheur, en ce sens que le bonheur, avec le