‹ Mélanges philosophiques (1897-1900) [microform]Chapitre 14 sur 52 · DIALECTIQUE THÉORIQUE · texte numérisé non relu

DIALECTIQUE THÉORIQUE

Dans la dialectique théorique, il parle successivement de trois systèmes, ou plutôt de trois tendances qui, selon lui, résument l'histoire et les progrès de la spéculation philosophique; ce sont Vempirisme, le rationalisme et le phenomeuisme.U premier est tout plongé encore dans la reahte; le second s'en éloigne et oppose démesurément le su,et a l'objet; le troisième réunit pour ainsi dire le su)et et 1 ob)et en s'efforcant de tout ramener à des faits de conscience. Il va sans dire que, tout en étant un progrès sur les précédents, le phénoménisme nous laisse dans l'incertitude quant au fond même des choses : il consiste moins à affirmer qu a

s'abstenir. , v i' * ,.,-

La critique principale que nous adresserons à 1 auteur,

c'est d^avoir méconnu ce qu'il y a d'objectif et de réel dans les idées universelles ou ce qu'il appelle rintelligibilité. Sa philosophie est celle des nominalistes : de là s.es doutes, ses réserves et finalement ses négations en métaphysique: « La connaissance scientifique, nous dit-il, est condamnée à devenir toujours plus étrangère aux choses. Détournée de ce qu'elles olTrent d'individuel et d'intime, disséminée sur les alentours, car leurs conditions ne prenant en sérieuse considération que le groupe ou la série (il a en vue sans doute le genre et l'espèce), elle cesse aussitôt d'être adéquate à son point de départ. C'est la rançon de ses incontestables avantages >» (p. lo).

— Sans doute, répondrons-nous, à mesure que nos ab* stractions s'élèvent, nous nous éloignons en quelque façon de la réalité sensible et concrète ; mais, en définitive, c'est l'abstraction seule qui nous permet de saisir le fond réel et permanent des choses ; et plus notre abstraction est haute, plus aussi notre vue est pénétrante et profonde. Notre métaphysique est donc objective et certaine, à condition toutefois que nos abstractions et nos raisonnements soient légitimes, logiques, et appuyés sur ces réalités premières mais superficielles à beaucoup d'égards, que les sens, la conscience et la raison saisissent en nous et autour de nous. On peut donc dire que la métaphysique est la plus réelle des sciences; car ses procédés sont rigoureux et elle prend pour objet les réalités les plus fondamentales. Sans doute son objet est ardu et prête à milleerreurs ; mais il n'est point diminué ou détruit par la difficulté de l'atteindre. La plus superficielle des connaissances au contraire, est en définitive la connaissance purement expérimentale : c'est elle qui n'atteint jamais « à l'intime » des choses; c'estellequi est « disséminée sur les alentours »: elle est absorbée par la considération du groupe, de la série, de la collection, et néglige toujours l'essence soit individuelle soit spécifique.

Ce n'est pasen ces quelques mots que nous espérons convaincre nos contradicteurs ; mais il nous suffit ici de signaler au lecteur l'origine de leurs négations injustes. Nous

en relèverons encore quelques-unes dans la première

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