‹ Mélanges philosophiques (1897-1900) [microform]Chapitre 22 sur 52 · L'ÉCONOMIE DE L'EFFORT · texte numérisé non relu

L'ÉCONOMIE DE L'EFFORT

C'est le titre sous lequel M. Yves Guyot présente en dix chapitres, leçons ou conférences (2), tout un précis d'économie politique. L'économie de Veffort résume, en effet, de quelque manière toute l'évolution économique de l'humanité, puisque l'homme n'a cessé de s'appliquer et de réussir de mieux en mieux à obtenir le plus d'effet utile avec le moins d'effort dépensé : il n'a donc cessé d'économiser ses forces, tout en multipliant les objets de ses désirs et les fruits de ses labeurs.

Néanmoins, on peut voir déjà que le progrès dans l'économie de l'effort n'a pas toujours mesuré le progrès de la richesse, et encore moins celui de la civilisation. Car la richesse résulte surtout des vrais biens. Or l'homme peut se consumer à en poursuivre et à s'en créer de faux, biens de fantaisie ou d'orgueil, qui, pour satisfaire à des désirs très ardents et efficaces n'élèvent pas pour cela d'autant le niveau de l'humanité.

Et nous saisissons ainsi déjà le point faible, le vice incurable de cette économie ultra-libérale qui s'obstine à consi-

{i)In-i2, 320 p. Paris 1896. Colin.

(2) Elles ont été faites au Collège libre des sciences sociales (dec. 1895 — mars 1896), fondé par M. de Chambrun. M. Yves Guyot tait remarquer que le socialiste Gustave Rouanet et l'anarchiste Bernard Lazare n'ont pu donner qu'une première leçon. Mais il se tait sur la chaire de sociologie catholique, qui a été occupée avec succès.

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