‹ Mélanges philosophiques (1897-1900) [microform]Chapitre 38 sur 52 · ï:de>::d:n?r;r "d f · texte numérisé non relu

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2a6 dernières idées

est le rapport d'indépendance de la cause à l'égard de son effet. Examinons de plus près ce rapport. Dire que la cause est indépendante de son effet, c'est dire que Tetlet ne lui est pas essentiel, qu'il ne fait pas partie de la compréhension de sa cause, en un mot qu'il n'est pas nécessaire. Dire que l'effet est nécessaire à la cause, c'est dire que la cause n'est entière qu'à la condition de produire son etfct. Le chêne n'est chêne qu'en tant qu'il produit des glands. L'homme n'est homme qu'en tant qu'il parle. Dans cette hypothèse, le relatif faisant partie de l'absolu, c'est l'absolu qui devient relatif, qui non seulement se manifeste, mais encore se complète par le relatif. Si donc l'absolu doit être absolument absolu; si Dieu, pour l'appeler de son vrai nom, doit être vraiment Dieu, c'est à la condition d'être indépendant de son etïet, de pouvoir exister sans son eflet, à la condition d'être une cause libre. Car une cause libre est précisément une cause indépendante de son effet, et qui n'est pas prédéterminée par l'effet. Tel est le caractère de la cause suprême. Elle n'est telle qu'à la condition d'être libre, non seulement libre de cette indépendance que Spinosa attribue à Dieu à l'égard de ce qui précède, mais de cette indépendance que nous avons dite à l'égard de ce qui suit; à celte condition seule le relatif est vraiment relatif, et l'absolu véritablement absolu »(p. 120).

Malheureusement la suite donne lieu à de graves réserves; tout au moins elle pêche par des équivoques dangereuses. Nous avons déjà vu que Paul Janet semble dire que Dieu est la cause matérielle dn monde. Sans doute il repousse le sens le plus grossier de cette formule; il répudie également l'interprétation qu'en donnait Lamennais et celle de M. Ravaisson ; mais le sens auquel il paraît se rallier ne saurait satisfaire complètement. On en jugera : « Ce terme {ex uiliilo) ne signifie rien, dit-il, ou il signifie création sans matière préexistante. En effet, Dieu étant le seul être, il ne peut y avoir d'autres êtres que lui, avec lesquels, comme matière, il aurait fait le monde. Mais l'expression ex nihilo exclut-elle nécessairement l'idée que Dieu ait fait le monde de sa propre substance ? Ne peut-on

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