‹ Mélanges philosophiquesChapitre 44 sur 88 · LEP · texte numérisé non relu

LEP

66 ÊCOLE DE MÉGARE.

comme lui, relevaient directement d'Euclide.

Nous savons d’ailleurs avec certitude, d’après le texte de Diogène de Laërte, que, parmi ces sectateurs d'Euclide qui furent les maîtres de Stilpon, était Thrasymaque de Corinthe, « ἀλλὰ καὶ Θρασυμάχον τοῦ Κορινθίον *. » Bien plus, s'il faut en croire quelques traditions mentionnées par le même Diogène, Stilpon aurait été l’un des disciples immédiats d'Euclide. « Οἱ δὲ καὶ αὐτοῦ Εὐκλείδου ἀκοῦσαί φασιν *.» Or, comme Euclide florissait en 400 avant l'ère chrétienne, on se demande comment Stilpon, qui vivait encore en 306”, peut-être même en 300, a pu étre disciple direct d'Euclide. La difficulté disparait si l’on fait attention, d’une part, que, d'après le témoignage d'Hermippus daus Diogène de Laërte, Stiipon parvint à un âge extrêmement avancé, et, d'autre part, qu'Euclide, bien que florissant en 400, c'est-à-dire, à l'époque même de la mort de Socrate, ἃ pu continuer longtemps encore son enseignement ἃ Mégare. De cette façon, il deviendrait possible de concilier la tradition qui fait de Stilpon un élève direct d'Euclide avec

δ, IT, ἐπ Stilpon.

3 Ibid.

3 Κη. supr.

δ Voir le cammencement de ce Memoire.

STILPON. 67 le témoignage historique qui lui donne pour maîtres quelques philosophes disciples immédiats d'Euclide, parmi lesquels Thrasymaque de Corinthe. Il suffirait, pour cela, de reconnaître que Stilpon assista aux derniers enseignements d’Euclide, vers la fin des jours de ce philosophe, et qu'après la mort du fondateur, il devint élève de quelques autres disciples, qui, plus âgés que lui, avaient suivi l’école d'Euclide depuis lépoque même de son établissement. Or, parmi ces disciples d'Euclide, se trouvait Thrasymaque de Corinthe, ainsi qu’il résulte du témoignage de Diogène de Laërte cité plus haut, et aussi Pasiclès de Thèbes, au rapport de Suidas': « Μαθητὴς (Στίλπων) Πασικλέους τοῦ Θηδαίου. »

À l'exemple d’Euclide, qui lui-même avait adopté en cela la manière des disciples de Socrate, Stilpon écrivit des dialogues. Au rapport de Suidas*, ils étaient au nombre de vingt :

« ἔγραψε διαλόγους οὐκ ἐλάττους τῶν x.» Mais , d’après le témoignage plus probable de Diogène de Laërte’, Stilpon ne laissa que neuf dialogues,

5 Ibid.

® L. AT, in Stilpon. — Ainsi que le fait judicieusement observer Deycks, le texte de Suidas ἃ dû être altéré en cet endroit. Ce n’est pas οὐχ ἐλάττους τῶν x qu'il faut lire, mais bien οὐχ ἐλάττους τῶν à, ce qui, à une unité près, serait

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