Il,in Euclid
3 Jbid.
* De historiis græcus, 1. 1, c. 8.
δ Deipnosoph., 1. VI, ς. 13.
6 L. Il, in Euclid.
EUPHANTE. 95
cepteur du roi Antigone, pour qui il composa un traité remarquable sur la royauté: « Γέγονε δὲ. καὶ Αντιγόνου τοῦ βασιλέως διδάσκαλος, πρὸς ὃν καὶ λόγον γέγραφε περὶ βασιλείας, σφόδρα εὐδοκιμοῦντα. » Et ce témoignage est confirmé par celui de Vossius' : « Item librum de regno perutilem et « laudatissimum, quem Antigono regi misit.
« Ipse vero Euphantus præceptor fuit regis An- « tigoni. » Or, quel était cet Antigone ? Car nous rencontrons trois rois de ce nom parmi les successeurs d'Alexandre, à savoir : Antigone, père de Démétrius Poliorcète, ensuite Antigone Gonatas, puis Antigone Doson. Or, d'après Vossius*, il s'agirait ici du premier Antigone, celui qui périt à la bataille d'Ipsus que lui livrèrent les armées combinées de Cassandre, Ptolémée, Lysimaque et Séleucus, et qui eut pour fils Démétrius Poliorcète, et Antigone Gonatas pour petit-fils. Ces données historiques, réunies à celles que nous avons recueillies plus haut, peuvent nous conduire à déterminer approximativement l’époque d'Euphante. La bataille d'Ipsus, où périt Antigone, fut livrée en 301 av. J.-C., une vingtaine d'années après la mort d’Alexandre. Or, Euphante avait été précepteur d’An-
4 De historiis græcis, |. I, c. 8.
2 Ibid. — Præceptor fuit regis Antigoni, cui Demetrius filius erat, nepos Antigonus Gonatas.
tigoue, l'un des lieutenants d'Alexandre. Euphante devait donc avoir été le contemporain d’Aristote, précepteur d'Alexandre, bien que, suivant toute probabilité, il fût un peu moins âgé que le fondateur du péripatétisme. Disciple d’Eubulide, dont la vie paraît avoir été renfermée dans les mêmes limites à peu près que celle d’Aristote‘, Euphante dut fleurir vers l’an 323° avant notre ère (olymp. crv). De plus, la dédicace de son traité Περὲ βασιλείας à Antigone déjà roi, prouve qu'il vivait encore en 305, année darant laquelle Antigone en Asie-Mineure, Séleucus à Babylone, Ptolémée en Égypte, et Lysimaque en Thrace, prirent le titre de rois.
Euphante appartient donc, avec Appollonius Cronus, avec Diodore, avec Bryson, avec Alexinus, à la dernière époque des mégariques.
1 Voir le chapitre Eubulide.
5. Athénée (1. VI, c. 13) dit en parlant d’Euphante : Ἑὔφαντος, ἐν τετάρτῃ iotopiov, Πτολημαίον φησὶ τοῦ τρίτου βα-σιλεύσαντος Αἰγύπτου χόλαχα γενέσθαι Καλλιστράτην. » De deux choses l’une : ou τρίτον est ici pour πρώτου, ou Athénée ἃ commis une grave erreur. Car le troisième Ptolémée est Ptolémée Évergète, qui commenca à régner en 246 avant J.-C. Or, il est impossible qu’un disciple d’Eubulide ait écrit l’histoire de cette époque. Évidemment, c’est du premier Ptolémée, celui qui fut surnommé Soter, qu’Euphante a parlé dans la troisième de ses histoires.