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11 m'est tombé entre les mains un petit ouvrage fort rare, intitulé : Objectiom diverses contre les écrits de~ différents théologiens. Elagué et écrit avec un peu plus de chaleur, ce serait une assez bonne suite aux Pensées philosophiques. Voici quelques-unes des meilleures idées de l'auteur anonyme de l'ouvrage dont il s'agit :
Les doutes, en matière de religion, loin d'être des actes d'impiété, doivent être regardés comme de bonnes œuvres, lorsqu'ils sont d'im homme qui reconnaît humblement son ignorance, et qu'ils naissent de la crainte de déplaire à Dieu par l'abus de la raison.
(1) Voyez, sur cette addition, l'article Diderot {Philosophie de), dans le Dictionnaire de la philosophie ancienne et moderne, qui fait partie de l'Encyclopédie méthodique.
Admettre quelque conformité entre la raison de l'homme et la raison éternelle, qui est Dieu, et prétendre que Dieu exige le sacrifice de la raison humaine, c'est établir qu'il veut et ne veut pas tout a la fois.
Lorsque Dieu, dont nous tenons la raison, en exige le sacrifice, c'est un faiseur de tours de gibecière qui escamote ce qu'il a donné.
Si je renonce à ma raison, je n'ai plus de guide. Il faut que j'adopte en aveugle un principe secondaire, et que je suppose ce qui est en question.
Si la raison est un don du ciel, et qu'on en
Suisse dire autant de la foi, le ciel nous a fait eux présents incompatibles et contradictoires.
Pour lever cette difficulté, il faut dire gue la foi est un principe chimérique et qui n'existe pas dans la nature.
Pascal, Nicole et autres ont dit : « Qu'un Dieu punisse de peines éternelles la faute d'un père coupable sur tous ses enfants innocents, c'est une proposition supérieure et non contraire à la raison. » Mais qu'est-ce donc qu'une proposition contraire à la raison, si celle qui énonce évidemment un blasphème ne l'est pas?
Égaré dans une forêt immense pendant la nuit, je n'ai qu'une petite lumière pour ma conduire. Survient un inconnu qui me dit ; «Mon ami, souffleta bougie pour mieux trou-
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ver ton chemin. » Cet inconnu est un théo» logien.
Si ma raison vient d'en haut, c*est la voix du ciel qui me parle par elle; il faut que j e l'écoute.
Le mérite et le démérite ne peuvent s'appliquer à l'usage de la raison, parce que toute la bonne volonté du monde ne peut servir à un aveugle pour discerner les couleurs. Je suis force d'apercevoir l'évidence où elle est, et le défaut d'évidence où l'évidence n'est pas, à moins que je ne sois un imbécile; or, 1 imbécillité est un malheur et non pas un vice.
L'auteur de la nature, qui ne me récompensera pas pour avoir été un homme d'esprit, a dit M. Diderot, ne me damnera pas pour avoir été un sot.
Et il ne te damnera pas même pour avoir été un méchant. Quoi donc! n'as-tu pas déjà été assez malheureux d'avoir été méchant?
loute action vertueuse est accompagnée de satisfaction intérieure, toute action criminelle, de remords ; or, l'esprit avoue sans honte et sans remords sa répugnance pour telles et telles propositions; il n'y a donc ni vertu ni crime, soit à les croire, soit à les rejeter.
S'il faut encore une grâce pour bien faire, à quoi a servi la mort de Jésus-Christ?
S'il y a cent mille damnés pour un sauvé, le diable a toujours l'avantage sans avoir abandonné son hls à la mort