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Je cède aux désirs de quelques amis de la phi« losophie en réunissant dans ce volume et en donnant au public une partie des morceaux que j*ai écrits sur les diverses branches de cette science durant ces six dernières années ^ et qui se trouvaient épars dans différents recueils.
Je ne sais quçl sort attend ces essais , ni quelle figure ils pourront faire, ainsi ressuscites et rapprochés. Je crains que des idées qui eurent leur nouveauté ne paraissent vieillies, et j*ai peur que des morceaux qui devaient être ce qu'ils sont, pubUés isolément, n'offrent, ainsi réunis, plus d'une répétition et quelque uniformité.
Bien qu'un grand nombre de ces morceaux aient été composés pour un journal que je rédigeais avec mes amis, et que le pays n'a peut-être pas oublié, on s'apercevra en les lisant qu'ils portent tous sur des questions générales et d'un intérêt durable. Je me suis fait une loi de ne reproduire dans ce volume que des articles de cette espèce. C'est déjà
une assez grande licence de présenter une seconde fois au public ce qui lui a été soumis une première, sans y joindre celle de lui offrir des choses qui, se rattachant à des circonstance^ ou à des ouvrages oubliés, ne peuvent plus avoir pour lui aucun intérêt.
j'aurais pu multiplier beaucoup les morceaux inédits qui se trouvent dans ce volume, mais je ne l'ai pas voulu. La présence de ces morceaux aurait altéré le caractère de cette publication, qui a pour objet de rendre à ceux qui les ont goûtés dans le temps quelques essais qui , par la nature éternellement intéressante de leurs objets, méritent peut-être encore d'être lus aujourd'hui, et valaient la peine d'être conservés. Aussi, les seuls fragments non publiés que je me sois permis d'introduire dans ce volume ont été écrits dans le même temps et sous la même inspiration que les autres, et n'ont échappé à la même destination que par des circonstances tout à fait accidentelles.
Je m'étais d'abord proposé d'étendre ce recueil à deux volumes; mais j'ai pensé que je devais au public de le consulter avant de lui prodiguer ainsi des choses dont peut-être il ne se soucie guère. J'attendrai donc son arrêt sur ces premiers essais avant d'aller plus avant. S'il arrivait qu'il y prît quelque plaisir et qu'il y trouvât quelque instruction, je me hasarderais à lui en offrir un second recueil. Dans le cas contraire, je me féliciterais de ma réserve, et le volume que je lui aurais épargné