VI
vaudrait peut-être à celui que je lui donne un peu plus d'indulgence.
J'avais distribué les morceaux que je comptais publier sous neuf points principaux : la philosophie de l'histoire, Thistoire de la philosophie, la psychologie , la morale , la logique , la religion naturelle, Testhétique, la critique littéraire, et rhistoire proprement dite- On ne trouvera dans ce volume que ceux qui se rattachent aux quatre premiers; et encore n'ai -je pu y faire entrer cinq à six leçons de mon cours de morale qui font suite à celle qui le termine. On s'apercevra que la plupart de ces morceaux sont moins des chapitres détachés des sciences auxquelles ils se rapportent que des considérations générales sur l'objet et la méthode de ces sciences. Ils doivent ce caractère à deux circonstances : la première, qu'ils ont été écrits pour des recueils qui n'admettaient guère que des généralités; la seconde, qu'ils portent sur des sciences qui ne sont point organisées ou qui le sont mal, et qui inspirent bien moins, le besoin de les poursuivre que celui de les constituer ou de les réformer. Toutefois, on trouvera quelques morceaux qui font exception et qui pourront donner une idée de l'application des vues développées dans les autres. Je désire qu'ils ne paraissent pas trop démentir les méthodes indiquées et les convictions exprimées dans ces derniers.
Voilà tout ce que j'avais à dire sur ces essais, que j'abandonne maintenant au jugement du pu-
blic. Dans une vie consacrée à la science, on se souvient toujours avec émotion des premières perspectives qu'on a rencontrées, et l'on conserve longtemps de la prédilection pour les pages où Ton exprima ses premières vues. Si ce sentiment a contribué à me faire illusion sur la valeur des fragments qu'on va lire, peut-être est^il de nature aussi à rendre cette illusion plus excusable.
Paris, ce 15 mai 1833 '.
1. La seule différence qu'il y ait entre cette seconde édition et la première, c'est qu'elle contient un morceau de plus, le dernier du volume.