‹ Mélanges poétiques et discoursChapitre 13 sur 65 · DELPHINE GAY · texte numérisé non relu

DELPHINE GAY

Et ces cliants enfantins que la plus humble femme Fait le mieux retentir !

Et je dis en moi-même ; Oh ! périsse la lyre ! De la gloire à son cœur le calice est amer ! Le génie est une ame : on l'oublie, on l'admire ; Elle savait aimer !

L'étoile de la gloire, astre du sombre augure, Semblable à l'insensé qui secoue un flambeau , Éblouissant nos jours, les pousse à l'aventure Vers un brillant tombeau.

L'étoile de la femme est la pâle lumière Qui se cache le jour dans l'azur étoile, Monde mystérieux que seule à la paupière La nuit a révélé!

Sur le front qui l'admire elle luit en silence ; Elle illumine à peine un point du firmament, Et de ses d nix rayons l'amoureuse influence N'enivre qu'un amant !

ifLADAKE DESBORDES-TALMORB,

Souvent sur des mers où se joue La tempête aux ailes de feu, Je voyais passer sous ma proue Le haut mât que le vent secoue,

loo A MADAME

Et pour qui la vague est un jeu !

Ses voiles ouvertes et pleines Aspiraient le souffle des flots, Et ses vigoureuses antennes Jialanraient sur les vertes plaines Ses ponts chargés de matelots,

La lame en vain dans sa carrière Battait en grondant ses sabords.

Il la renvoyait en poussière, Comme un coursier sèine en arrière La blanche écume de son mors î

Longue course à l'heureux navire, Disais-je : en trois bonds il a fui ! La vaste mer est son empire.

Son horizon n'a que sourire.

Et l'univers est devant lui !

Mais, d'une humble voile sur l'onde Si je distinguais la blancheur.

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