‹ Mélanges poétiques et discoursChapitre 29 sur 65 · A MADAME TA3TV · texte numérisé non relu

A MADAME TA3TV

Dans le clocher de mon village Il est un sonore instrument, Que j'étoulais dans uion jeune âge r.oinme une voi\ du rirmnmenf .

i:o LA CLOCHE.

Quand, après une longue absence, Je revenais au toit natal, J épiais dans l'air, à distance, Les doux sons du pieux mêlai.

Dans sa voix je croyais entendre La voix joyeuse du vallon ; La voix d'une sœur douce et lendie, D'une mère émue à mon nom !

Maintenant, quand j'entends encore Ses sourds tintemens sur les flois, Chaque coup du J)attant sonore Me semble jeter des sanglots.

Pourquoi ? Dans la tonr isolée C'est le même tim])re argentin ; La même hymne sur la vallée, Le même salut au matin !

Ah ! c'est que depuis le baptême, La cloche au triste linleiiicnt

LA CLOCHE. ï^r

A tant sonné pour ceux que j'niiric L'agonie et renferremenl !

C'est qu'au iieu des jeunes prières Ou du Te Deiwi Iriomphanî, Il fait vibrer les froides pierr<>s De ma mère et de mon enfant !

Ainsi quand (a voix si eonnue Revint liier me visiier, Je crus que dti haut de la nue L'ancienne joie allait chanter.

Mais liélas 1 ce divin volume Où tes doux chants m'étaient ouverts, Je ne sais quel flot d'amertume Coulait en moi dans chaque vers !

C'est toujours le même génie, La même ame, instrument humain ; Mais avec la même harmonie, Comme tout pleure sous ta main !

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