DE M. LE BARON CUVIER
il ne le quittait point; à chaque campement, au moindre bivouac, il trouvait quelques momens à lui consacrer. C'est ainsi que, dans les prisons de la terreur, presque en vue de l'échafaud, il adressait à son geôlier cette épître si plaisante, si digne d'Horace, et d'Horace le stoïcien, car vous avez Lien dit, Monsieur, qu'il y en a deux , où il lui prouvait que c'était lui, geôlier, qui était prisonnier, tandis que le poète sous les verrous parcourt libre et gai l'univers.
M. Daru lui-iiiè.nc nous donne le secret de cette acli\ilé que rien n'a pu interrompre : il est tout entier dans ces belles paroles d'une de ses premièrts préfaces : que dans les circonstances les plus pûiUflcs de la vie, il est un noble emploi du temps, (jiii rend à l'homme tout ce qui lui appartient de bonheur et de dignité.
Oui, Monsieur, ce noble enii)loi du temps, le travail de l'esprit est, je ne dis pas, la consolation que la Providence nous accorde dans tous nos malheurs ; car il est des malheurs où nulle consolation n'est possible, et vous nous en offrez un