SCENE XIII
Les mêmes, MARIANNE, puis OSCAR.
Marianne {iiinioN(a/it).
Monsieur Oscar Dange !
(^Etise fait /m si^y/e lA' uieiOiiteiiteiiteiit. Cécile//// s/^s^/ze île co//<.te/-//atio//. )
DuMONT (^tro///'lé).
Hein ? {A /"art) Peste ! il va tout gâter !
Cécile [à fd/t).
11 a tout compromis en voulant tout hâter !
Faquino (<? D////io//f).
Quel est ce personnage ?
DuMONT.
Oh ! personne (.':/ AIaria////e.) Qu'il entre. (.-/ E(Uj//i//o?) Un jeune homme assez vain pour se croire aimé...
FA(,)IIIN().
Diantre !
DUMONT
De Cécile... - '
Fai^ilino ((? Du mont).
Un rival pour le comte !
DuMONT {j.'i l'a (///!//()).
Un manant !
{^D^ un air drtcrniinl'?) Je vais lui faire voir...
(.-/ part. Tovaut tiitrrr Oscar?)
C'est diablement gênant !
Oscar (^saïuinçant i-a's Duniont).
Monsieur Dnmont, je viens...
DUiMONT (Pintei-roiiipant).
Monsieur, je vous salue !
Oscar {j\'stc un )noniciit surfris, se retourne et salue Elise et Cécile?)
Mesdames !...
(^Elise sali/i froiileinent. Cécile tiniiileiuent. Oscar les rci^arde tour à tour et ij joute a fart?)
Tiens !... toujours la mC'uie retenue Chez chacun d'eux !...
DuMONT (^néi^'lii:;e minent) .
Baron, monsieur Dange, avocat !
(J''a////i//o salue arec hauteur^ Oscar fixe Fa(]uino sans le saluer?)
Faqlino.
Vous j)rati(juez, Monsieur, un métier délicat.
i02 melanges poetiques et litteraires
Oscar.
Cela dépend, ma foi, de celui qui l'exerce. Plutôt que l'art souvent c'est le métier qui perce.
{Cécile et Oscar forment im <^roiipc irun côté ; Faquitw. Du mont et Elise tic r autre?)
Faquino {à part, à Dumont et Elise^.
Ce jeune homme répond d'un ton facétieux Et presque impertinent.
DuMONT {(le même').
C'est un audacieux Qui prétexte l'amour pour atteindre ma caisse.
Oscar {à part à Cécile).
Oui, tout marche à souhait. Jean Brunelle, sans cesse, Depuis notre entretien, les a suivis de près Et, grâce à ses efforts, je connais leurs secrets. Voilà pourquoi j'accours en toute confiance, Ici, les dénoncer...
Cécile {de même).
Oh, c'est une imprudence !
Mon père est intraitable.
Oscar {de même).
Mais j'ai la preuve en main.
Cécile {de même).
Il ne voudra pas même en faire l'examen.
Oscar {fixant Faquino).
Ah, le monstre ! à tout prix je le ferai connaître !
DuMONT {haut à Faquino).
Oui, chez nous le vulgaire ose tout se permettre ; Son audace est au pair de sa vulgarité, Et réclame partout l'entière égalité.
Faquino.
Vraiment, votre pays offre un bien triste exemple
D'abus qu'avec regret l'homme bien né contemple.
Lorsqu'un peuple s'oublie et se laisse aveugler
Par ceux qui méchamment veulent tout niveler,
Et qu'il cède à l'instinct révolutionnaire
En abaissant le noble au rang du prolétaire,
Sa gloire est à son terme et ses jours sont comptés.
Vos principes, Monsieur, sont un peu haut montés.
Faql'ino {pique).
Me faites-vous l'honneur. Monsieur, d'une critique ? Veuillez vous expliquer, s'il vous plaît.
(^Elise et Diinioiit font des gestes (fi/u/ig/iation, Cécité paraît consternée?)
Oscar.
Je m'explique.
La noblesse à nos yeux n'exclut pas le respect, Quand son identité n'offre rien de suspect. Mais nous nous délions des porteurs de faux titres Qui nous viennent parfois débiter par chapitres L'éloge extravagant de leur fausse grandeur;... Qui, forts de leur audace et de notre candeur, Chantent sur un faux ton l'air aristocratique En abordant le sol de la libre Amérique... Dieu merci, sur ce sol, le titre est un détiil, Et la distinction le produit du travail. Les honneurs n'y sont pas de ceux dont on hérite ; Notre aristocratie est c(.^lle du mérite.
DUMONT
Oh, quelle impertinence !
Cécile {bas à Oscar).
Oscar, je vous en prie !...
I04 MKLANOES J'OKIIQUKS ET I.ITTKRAIRES
Je ne goûte pas bien celte ])laisanterie, Monsieur.
DUAIONT.
Ni moi, morbleu !
Oscar {éclatant).
Vous la goûterez moins, INIonsieur le faux baron, quand devant ces témoins J'aurai de vos complots fait connaître la trame.
Faquino.
Quoi, Monsieur, vous osez !...
Oscar.
Oui, j'ose...
DUMONT
C'est infâme !
Vous me rendrez raison !
Faquino.
Oscar.
Le compte est bientôt fait.
Vous êtes des escrocs le modèle parfait, Pratiquant vos exploits de victime en victimes, Vivant avec fracas de gains illégitimes Et cherchant, par l'éclat de ce faste indécent, A vous approprier quelque cœur innocent.
Faquino {à part).
Il connaît tout !... x\llons. je dois payer d'audace !
{Haut?)
Et vous avez l'aplomb de m'accuser en face 1
Oscar.
J'ai cet aplomb.
Cécile {lo/istcruâ-).
Mon Dieu !
DUiMONT {l'ou/aut intcri'r/iir).
Oh, mais... ;
Faquino.
Alors, Monsieur, Puisque vous me forcez à venger mon honneur, Il me faut une excuse, ou la preuve formelle.. . .
Oscar.
Fort bien. J'ai mon témoin.
Faquino.
Et son nom ?
Oscar.
Jean Brunelle.
Faquino {reculant cjfarl').
Jean Brunelle !... (>/ ^art^ se ressa/s/ssa///.) Eh, tant pis, s'il est sur
[mon chemin !...
Oscar.
Vous le connaissez ?
Faquino.
Non.
Oscar.
L'imposteur !
Faquino (<? part).
Dus demain, Je le mets au repos... Maintenant, de l'adresse !
{Hitiit ij niiiiiDiit?)
Pardon, mon cher Duniont. (./ Oscar?) Jeune homme, votre
[adresse !
Io6 MÉLANGES POÉTIQUES ET LITTÉRAIRES
Chez nous, un tel affront se lave dans le sang ! Voici ma carte, à moi.
Oscar {lUchiraut et jetant la carte à ses pieds). La carte d'un brigand !
{Tableau?)
Dumont, furieux, indique du doigt la porte à Oscar. Faquino fait mine de s'élancer sur Oscar qui reste immobile et défiant. Cécile s'interpose. Elise paraît consternée.
Fin du Deuxième Acte.
ACXE 3e
(Même décor)