‹ Melanges poetiques et litteraires. --Chapitre 53 sur 139 · CV.\\'V · texte numérisé non relu

CV.\\'V

Non. Il s'accuse, au contraire, Et dit s'être montré brutalement sévère. Il m'a même chargé d'imjilorer ton pardon,. Et de jurer jjour lui (]ue jamais.. . . , ;. ' ;

Cécile (^avcc chalcni-).

Qu'il est bon I Qu'il est grand, mon Oscar ! Ah ! dites-lui...

Octave.

Sans doute, Sans doute... c'est connu... mais ce que je redoute, Ce n'est pas, mon enfant, ton courroux ni le sien. L'orage entre amoureux ne brisa jamais rien. Il ne fait qu'enlever au froment son ivraie, Et séparer l'or pur de la fausse monnaie ; C'est pourquoi votre amour, ma chère, a résisté A votre querelle.

Cécile (joy eu se) .

Ah 1

Octave.

Sou cœur est attristé, Mais...

C Éci LE {jnvement) .

11 m'aime toujours !...

( )CTAVE.

Hé, mon Dieu, il t'adore 1

Cécile {^avec volubilité).

Cher oncle, dites-lui que je... je l'aime encore ; Que je regrette... enfin... que j'ai beaucoup pleuré... Qu'il est généreux !...

Octave.

Oui ! Oui !

Qu'il est adoré !

Que toujours.

Octave.

Oui, fort bien, je connais la formule Et j'aurai, j'en suis sûr, un auditeur crédule, .Saisissant tous les. mots et leurs sous-entendus Avant que de ma bouche ils se soient répandus.

les faux brillants 123

Cécile.

Que vous êtes gentil !

Octave.

Bon... mais cherchons, Cécile, Comment désabuser ton père.

Cécile.

Oh ! c'est facile.

Octave.

Hum 1 facile...

Cécile.

Oui. D'abord, ce prétendu baron N'est qu'un imposteur.

Octave.

Soit.

Qu'un vulgaire larron.

Octave.

Mais la preuve ?

Cécile.

Hé ! j'en ai l'assurance formelle D'un témoin de ses vols.

Octave.

De qui ?

Cécile.

De Jean Brunelle.

Octave.

Hein ? Brunelle ! Ce nom ne m'est pas inconnu.

Cécile.

C'est un nouveau cousin qui nous est survenu,

Et qui, dei)uis huit jours, suit notre homme d la piste.

124 iMKLVNGES POÉTIQUES ET I.ITTKK AIRES

Octave ( réjléclihsanf) .

Un cousin !

Cécile.

Oui... ■ . ., , .

Octave, . ... ,■,. ■,... . . ■

Grand Dieu !

.•- :i; , Cécile.

Quoi donc ? Octave.

.0 ... . Rien I

-,.;. Cécile [effrayée).

Ah ! j'insiste !

Octave. ^ Jean Brunelle ! mais c'est... c'est Tenfant de ma sœur.

Cécile.

Oui, sans doute ; un brave homme au surplus...

Octave.

Ah ! malheur !

Quel effrayant soupçon s'empare de mon âme !

• ' ''''•- ■ Cécile.

Un soupçon ?

Octave {^sa/is rcutaidrc).

Plus de doute !

Cécile.

" ' ' "■' Expliquez- vous !

Octave.

•■■■• ■ • r/infâme !

Cécile.

Parlez ! .u' •- i.;

les faux brillants " ' ■ " 'ï'25

Octave.

l.e brigand !

Lui ! Serait-il soupçonné? :•,:'.'■•:/">■.■..-'

Octave.

Non, pas lui ! • . ' ' -,•■.. ^

Cécile. " , . , ... . . . *

Mais alors?... '•;•■ '* î '--;^'- •^•-

Octave (c77'(r émotion'). ■ ..■ -.■■■■ \->-C. . Ils l'ont assassiné !

Cécile.

Assassiné ? Mais, non : non : je ne puis le croire I --•.•.■.. /■

Octave. • ' '

Oui, les faits sont encore tout fnis à ma mémoire. Mon journal les donnait en détail ce matin.

( Tirant un journal de sa poche.^

justement, le voici.

" Hier soir, des promeneurs attardés ont découvert, étendu sur le pavé dans une rtielle déserte, un inconnu frappé d'une balle à la tête. Son mouchoir est marqué des initiales : J- B.

" Le malheureux, quoique insensible, respirait encore. On le transporta à l'hôpital, où il est :mort, dit-on, dans le cours de la nuit. Tout porte à croire que cet étranger s'est suicidé."

. Cécile {émue). ^ ,,

Ce n'est que troi) certain !

Mon Dieu !...

{El/e se cache le visage dans les mains, et s'appuie à un meuble.) Octave {courant à elle).

Cécile.

Hélas ! mon pauvre Jean Brunelle !

Octave.

Chère enfant !

Cécile.

Il est mort victime de son zèle !

Avec lui disparaît notre dernier espoir. Désormais Faquino nous tient en son pouvoir! Le crime est triomphant !

{Sort a fit supportée par Octave.)

Que faire ? Ciel... que faire ?

Octave (se/i/).

Pauvre petite !... hélas !... Mais que fait donc son père? Ah ! voici Marianne...

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