LA MODÉRATION
Qu'il est consolant, au contraire, de voir ces vénérables humains, parvenus à l'âge le plus avancé après une vie que la Modération a guidée, toujours verts, actifs et joyeux ! L'aurore et le midi de leur carrière bien réglée furent utiles à tous et pleins de vrai bonheur pour eux-mêmes ; son couchant l'est encore, par l'ignorance des infirmités et l'exemple réconfortant qu'il offre à nos générations fiévreuses et névrosées.
Si l'homme est un chef-d'œuvre de structure, de force et de résistance, il faut, néanmoins, surtout en présence des dangers de toute nature qui l'environnent, que la Modération mette l'harmonie, la douceur et la durée dans le fonctionnement de ses organes et de ses facultés; sans quoi, ce prodigieux organisme languit, s'arrête ou se brise, comme une admirable machine trop longtemps surchauffée.
Nous pouvons donc conclure ces brèves considérations, en parodiant le mot célèbre du conventionnel Danton : « Voulezvous être heureux, autant que possible, ici-bas ? Voulez-vous aller sûrement, longtemps et loin? Dans vos pensées, vos désirs et vos actes, ayez de la modération, encore de la modération, toujours de la modération. »
Vir Justus'.
-|^ANS l'antiquité, nous apparaissent en quelque sorte, comme "^^ la personnification de la grandeur, Alexandre et César, par leurs exploits; Démosthène et Cicéron, par leur éloquence; Lycurgue et Solon, par leur législation ; Aristote et Platon, par leur science et leur sagesse ; Apelle et Phidias, par leurs chefs-d'œuvre. Mais, le plus grand de tous est Aristide, parce qu'il mérita le nom de juste, au milieu d'une civilisation égoïste et corrompue.
Intègre homme d'État, héros de Marathon, il ajoute encore à sa gloire l'honneur d'être banni pour ses bienfaits par l'ostracisme, à l'instigation de Thémistocle, son rival, et sort d'Athènes en faisant des vœux pour la prospérité de son ingrate patrie. Bien plus, ignorant toute haine, il accourt à son premier appel pour repousser Xerxès, combat vaillamment à Salamine et Platées, et meurt dans la pauvreté, après avoir géré longtemps les finances de la Grèce avec une impeccable probité. Voilà le prototype de l'homme juste dans son admirable simplicité !
Ce prodige, unique peut-être dans le monde païen, est devenu fréquent depuis l'établissement du Christianisme, qui donne les moyens de le réaliser, et l'apparition du Christ, idéal et modèle de toute justice pour l'humanité.
Efforçons-nous de le reproduire, autant que possible, en nous, quelles que soient notre situation, les vicissitudes du sort et l'ingratitude des hommes, par l'observance de ce principe, synthèse de la justice : « Ne faisons pas aux autres ce que nous ne voulons pas qu'on nous fasse ; » et méritons, par là, qu'on nous applique un jour aussi la belle épithète de Juste, car elle est seule un éloge complet.
1 L'homme juste.
Le Mal de mer'.
•Tyu moment de franchir l'Océan, je ne dis pas pour vous y^ rendre aux antipodes, mais seulement en Amérique, certes, vous vous êtes préoccupé de savoir si la traversée serait bonne, l'hôtel confortable, et votre séjour dans la République étoilée agréable. Cependant, avouez que la principale question qui s'est posée à votre esprit anxieux, avant de mettre le pied sur le transatlantique, a été celle-ci : « Aurai-je le mal de mer ? »
C'est qu'il est justement la terreur de quiconque affronte la mer pour la première fois. Nul moyen de le prévenir ou d'en arrêter le cours. Il règne en tyran sur le steamer et lâche seulement sa victime quand elle a regagné la terre ferme. Chose bizarre : il laisse souvent indemne la personne de complexion faible et délicate, alors qu'il change l'hercule en guenille humaine. Oui, guenille humaine. Représentons-nous, en effet, le tableau d'un paquebot, pendant la durée du voyage. Il vient de quitter le port et vogue en plein océan. Bientôt, le roulis et le tangage balancent mollement le navire qui, si le vent fraîchit, est secoué comme une coquille de noix sur la crête des vagues. Le mouvement affairé des voyageurs se ralentit peu à peu, au milieu de la manœuvre des vieux loups de mer et sous le regard du commandant, impassible sur la passerelle.
Le spectacle grandiose de l'immensité intéresse, d'abord, les passagers : ils ne se lassent point de le contempler. Mais les visages, rougis par la brise océanique, pâlissent tout à coup ; les nausées, avant-coureurs de la cascade, se mettent à travailler les cœurs. Qu'est-ce ? Le mal de mer commence à exercer son empire. Le malaise augmente graduellement, jusqu'à ce que les malheureux patients, hommes, dames, enfants, s'affaissent et
1 A l'occasion du départ d'un transatlantique d'Anvers pour New-York.
se vident, ainsi que des outres, en proie à des spasmes épouvantables. Le matelot emporte paternellement les plus accablés, comme des ballots. Ils sont insensibles à ce qui les entoure : on les jetterait dans l'abîme qu'ils ne pousseraient pas un cri. Beautés de l'Océan, luxe des salons, liaisons et plaisirs du bord, liens de parenté, bonne chère et vins délicats, tout leur est devenu indifférent. Ils ne savent plus que geindre, rendre et souffrir, et ce jusqu'à la fin de la traversée. Tel est le Mal de mer.
Pensées .
IL est des livres dont la lecture passe sur le cœur comme le simoun sur une fraîche oasis, qui ne laisse après lui que la ruine, la désolation, la mort.
La vie est une mer orageuse, sur laquelle nous devons prendre pour pilote le devoir.
Le Christianisme est la clef de voûte de l'édifice social.
L'affliction présente est le sel du bonheur prochain.
Dans le monde, on entend dire fréquemment : Ce mortel a de la chance, tout lui réussit. Ainsi l'on attribue au hasard ce qui n'est souvent que la récompense d'une vertu constante.
Quand on pense qu'il suffit d'un instant pour perdre tout le fruit d'une vie de vertu, comment s'enorgueillir, comment ne pas trembler?
N'est-il pas prodigieux que la doctrine du Christ, si profonde et si sublime, est appropriée à tous les âges et à toutes les conditions ? Tandis que les différentes écoles philosophiques de l'antiquité, qui n'ont guère duré plus que leurs fondateurs, ne renfermaient dans leur sein que de rares disciples, hommes
1 Beaucoup de ces pensées ont été composées pour des personnes dévotes.
faits, enflés de leur science, le Christianisme abrite sous ses rameaux puissants et immortels l'homme et la femme, l'enfant, l'adolescent et le vieillard, le riche et le pauvre, le savant et l'ignorant. Tous le comprennent, l'admirent, y trouvent la source de leurs vertus.
Beaucoup de chrétiens, épouvantés de leur indignité, s'abstiennent facilement de la communion fréquente. Pour se soustraire à leur résolution fatale, qu'ils pensent à leur grande fragilité et combien le secours divin qu'ils trouveront dans l'Eucharistie leur est nécessaire pour persévérer et progresser. Ces pensées les inciteront à s'approcher souvent de ce sacrement sublime, car chaque communion sera pour eux un nouvel acte d'humilité.
Il est une pensée consolante dans la tribulation, c'est que toute peine patiemment supportée nous élève d'un degré dans la gloire céleste.
Qu'il est triste de penser que le blasphème, cette plaie contemporaine, sévisse surtout dans la classe des prolétaires ! Ces malheureux, au lieu de chercher leur refuge dans les bras de la Providence, leur plus ferme soutien, se révoltent contre Elle et s'emportent en imprécations. Funeste aveuglement ! Ils perdent ainsi tout le mérite de leur inévitable pauvreté qui, patiemment supportée, les conduirait sûrement au ciel. Infortunés ici-bas, ils assurent encore leur malheur éternel !
Le défaut capital de beaucoup de chrétiens, c'est de chercher ici-bas leur établissement, alors qu'ils devraient considérer la vie comme un moyen d'arriver à leurs destinées éternelles.
Dieu nous envoie-t-Il ses consolations, nous sommes joyeux et pleins de zèle à son service. Nous frappe-t-Il de quelque
tribulation méritée, nous nous abandonnons à la tristesse, au relâchement, à la révolte. Où sont les chrétiens qui veulent bien servir Dieu gratuitement ?
Pourquoi l'homme ne saurait-il trouver son bonheur complet dans la créature? Parce qu'il est créé à l'image de Dieu. De même que Dieu trouve son bonheur parfait en Lui-même, ainsi l'homme ne peut trouver son entière félicité qu'en Dieu.
La régularité est à la vie ce que le balancier est à l'horloge.
Ici-bas, Dieu ne veut pas que notre malheur soit complet : nous aurions trop de peine à vivre ; Il ne veut pas que notre félicité soit parfaite : nous aurions trop de mal à mourir.
C'est un phénomène étrange que cette rage opiniâtre des impies à vouloir rendre le catholicisme responsable des fautes de certains croyants, des écarts de quelques ministres. Ils usent de cet argument fallacieux, victorieusement parfois, hélas ! auprès de quelques esprits faibles, pour s'efforcer d'anéantir le Christianisme, qui condamne ces perfides calomniateurs. Insensés, vous cherchez des défauts dans le diamant le plus pur ! Serpents, vous usez vos dents contre une lime ! Ne savez-vous pas que ces pécheurs ne sont tombés que pour avoir transgressé les saintes lois de leur religion ? Ignorez-vous que l'Église a pour elle les promesses de son divin Fondateur : « Les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle ? »
Chrétiens, que les sarcasmes de l'impiété ou les tribulations de la vie soient pour vous comme les coups de marteau du forgeron sur le fer qui, d'abord masse informe, devient peu à peu un objet parfait. Ainsi votre âme, loin de se
décourager sous les coups de l'adversité, doit y puiser l'occasion d'une vertu plus généreuse et tendre sans cesse vers la perfection finale.
La vraie piété donne au corps le plus difforme, au visage le plus disgracié de la nature, un air de contentement, de calme, de majesté, auquel l'impie lui-même doit rendre hommage.
Quand on considère l'orgueil dont le cœur humain est infecté, c'est une chose inconcevable que l'acharnement de l'athée à vouloir rejeter la dignité d'enfant de Dieu, pour se ranger au nombre des animaux stupides.
Un mortel redoute d'offenser un grand de la terre et tremble devant sa colère, et un chrétien convaincu transgresse à la légère la loi d'un Dieu infiniment bon, juste et puissant, à qui rien n'est caché et qui punit toute prévarication de châtiments terribles et éternels. Funeste aveuglement ! Épouvantable folie !
Chaque créature est un miroir dans lequel se reflète un rayon de la Divinité.
Trop souvent on désire une longue vie, sans s'inquiéter de la rendre bonne ; et lorsque, vieillard, la mort frappe, on paraît devant Dieu, écrasé sous le poids de ses iniquités. Heureux qui ne s'embarrasse point du nombre de ses jours, mais s'attache à les rendre saints !
Si vous n'avez pas du bien à dire du prochain, n'en parlez point.
Que votre religion ne soit pas une espèce de sentimentalité d'un esprit malade, tantôt torturé par le scrupule ou aveuglé
par la présomption, tantôt emporté par une ardeur inconsidérée ou anéanti par le lâche découragement ; mais une conviction inébranlable, basée sur la saine raison, éclairée de la divine lumière.
Je me défie de l'homme qui n'a pas le frein de la religion pour dompter ces instincts pervers qui grondent au fond de tout cœur humain.
La foi simple et naïve du plus modeste mortel est mille fois préférable à toute la science d'un philosophe superbe et impie. La responsabilité du génial Voltaire m'épouvante ! La sainteté de l'humble Vincent de Paul me ravit !
Voulez-vous savoir si votre vie est bonne, examinez quel serait l'état de la Société si tous ses membres menaient une existence semblable à la vôtre.
La vertu de l'homme le plus saint ne tient qu'à un fil, soutenu par la grâce divine. Que celle-ci vienne à manquer, le fil se brise ; et cet homme, qui étonnait le monde par sa vie sainte, héroïque, tombe parfois dans un abîme d'iniquité : sa chute est d'autant plus profonde que sa vertu était plus élevée.
On conçoit que les infortunés, aigris par la souffrance et les privations, deviennent parfois durs, intraitables, farouches. Mais le riche et le grand, orgueilleux et sans entrailles, sont inexcusables. Leur humilité, leur douceur, leur charité doivent croître en raison de leur élévation. Malheur à ceux qui le méconnaissent!
Que sert-il à l'homme de pratiquer la vertu la plus héroïque pendant de longues années, si, tout à coup, rebelle à la grâce divine, il abandonne lâchement le combat et se livre à la fougue
de ses passions ? Sa vie ressemble alors à un torrent dévastateur, d'autant plus terrible dans ses ravages qu'il a été plus longtemps contenu. C'est là ce qui explique que des mortels, éminents en sainteté, deviennent parfois des monstres d'iniquité.
Grand Dieu ! si vos œuvres sont si belles, que n'êtes-vous vous-même !
L'écheveau de la vie serait facile à dévider, si l'homme, par ses passions, ne s'évertuait à l'embrouiller.
L'homme le plus pervers possède toujours, parmi tous ses vices, quelque vertu cachée ; souvent, il suffit de faire vibrer habilement cette corde, pour le ramener dans la voie du devoir.
Le caractère de certaines personnes est comme un fagot d'épines, qu'on ne sait jamais par quel côté prendre.
Comment nous étonner de l'ingratitude que témoignent ceux à qui nous avons fait quelque bien, quand Dieu, notre suprême bienfaiteur, a dû nous faire un commandement de l'aimer?
Tombeau pour le juste, porte du ciel.
L'abus en tout est un défaut, sauf dans la vertu.
Notre vie est une chaîne, dont les deux mailles extrêmes sont forgées par Dieu et les intermédiaires par nous-mêmes ; à nous de faire celles-ci d'or.
Certaines bouches ressemblent à ces égouts qui, ne recevant que la fange, ne rendent que la pourriture. Fuyez, pour n'être pas éclaboussé !
Je compare volontiers le pécheur d'habitude à un criminel condamné à être précipité dans un bûcher, auquel il ajoute lui-même des aliments, pour le rendre plus ardent. La seule différence, c'est que le supplice de l'un est transitoire, alors que celui de l'autre est éternel.
La crainte de la mort est en raison inverse de la foi que l'on a.
Celui qui cherche à satisfaire, par les plaisirs du monde, son cœur avide de bonheur, ressemble à cet insensé qui voudrait remplir, par une goutte d'eau, l'océan desséché : Dieu seul est capable de combler le vide du cœur humain.
L'affection que nous témoignons au prochain nous console de celle que nous n'avons pas ou plus.
Il ne faut pas vouloir tuer la mouche avec un canon, ni l'éléphant avec une aiguille.
S'il est difficile de résister à ses passions, il est impossible de les satisfaire : chaque concession que nous leur faisons est un lien de plus qui assure notre esclavage.
Que de fois le médisant se voit lui-même dans un miroir !
Vous croyez les récits des voyageurs, bien que vous n'ayez pas vu ce qu'ils rapportent ; vous acceptez les faits décrits
par l'histoire, quoiqu'ils se perdent dans la nuit des temps. Et vous rejetez les révélations de Jésus-Christ, la vérité même !
Il n'est pas difficile à un homme peu instruit de prouver l'existence de Dieu, par la contemplation de l'univers ; mais, lorsqu'on lui demande de l'établir par des preuves métaphysiques, il est dérouté par des raisonnements captieux. Qu'il leur oppose toujours l'argument irréfutable : celui d'une cause première.
S'il est difficile de lire dans le cœur des autres, il l'est bien davantage de laisser lire dans son propre cœur.
Quand votre conduite est en accord parfait avec le devoir, bravez l'opinion publique, si elle s'élève contre vous ; Dieu dispose de vos destinées et l'homme ne peut arracher un cheveu de votre tête sans la permission du Maître de l'univers.
Deux hommes sont souverainement nuisibles à la Société : celui qui est capable de tout et celui qui n'est capable de rien.
On admire, avec raison, ces légions de martyrs des deux sexes, de tous âges et de toutes conditions qui, dans les premiers siècles du Christianisme, ont souffert les plus affreux tourmerits pour la Foi. Leur sacrifice fut sublime, mais il n'a demandé qu'un courage héroïque d'un instant. Il est un autre martyre qui, moins magnanime, est peut-être plus méritoire, parce qu'il est obscur et embrasse toute une vie : c'est celui que subissent, avec une constance invincible et une patience inaltérable, cette foule de chrétiens qui gardent leur foi, malgré les sarcasmes et les persécutions des impies avec lesquels les liens du mariage, de la parenté ou de la profession les obligent à vivre. Là, ce n'est point le sang qui coule, mais le cœur qui est déchiré tous les jours, pendant de longues années!
Les vices et les vertus ne sont que de mauvaises ou de bonnes habitudes. Les uns, ancrés en nous dès notre naissance, ne nous coûtent aucun effort ; les autres ne s'acquièrent et ne se conservent qu'au prix de luttes opiniâtres et de sacrifices incessants, sous l'égide de la grâce divine.
Dans le service de Dieu, faites toujours plus que vous ne devez. Qui se contente du strict nécessaire est bien près de ne plus faire ce qu'il doit.
Il est des hommes qui passent leur jeunesse et même l'âge mûr dans les désordres, pour ne donner à Dieu que le soir, c'est-à-dire le rebut de leur vie. Est-ce là une offrande digne du Tout-Puissant qui nous a créés ? De même que les patriarches de ridumée offraient à Jéhovah les prémices de leurs champs, donnons au Créateur non seulement le couchant, mais encore l'aurore de notre vie.
Si Dieu ne récompense pas toujours la vertu ici-bas, c'est qu'il lui réserve les trésors de l'éternité.
Chrétien, n'oublie pas qu'on a les yeux sur toi : que ta conduite rende la religion aimable.
Il est deux sortes de calomnies : celle qui attaque l'homme et celle qui frappe la collectivité. On peut mépriser l'une : certaines personnes planent si haut que la boue ne peut les atteindre ; on ne doit pas négliger l'autre : les intérêts et l'honneur du parti exigent la répression.
Dans la pratique des beaux-arts et surtout des belles lettres, visez plutôt au beau qu'à la fécondité. Lope de Véga a com-
posé environ deux mille ouvrages ; tout ce fatras ne vaut pas l'Athalie de Racine ou le seul Polyeucte du grand Corneille.
La vie sans la foi est le plus grand des maux ; avec elle, c'est le plus grand des biens, car elle est la monnaie dont on achète le ciel.
Qu'importent des regrets chimériques ? Ici-bas, tout est vanité et, quel que soit le chemin sur lequel Dieu vous a placé, vous pouvez aller à Lui.
La vie, pour le chrétien, est l'apprentissage de la mort.
Trois mobiles nous font aimer Dieu : la crainte des châtiments, c'est l'amour servile; la reconnaissance des bienfaits reçus, c'est l'amour noble ; la contemplation des perfections divines, c'est l'amour sublime, vers lequel tous nous devons tendre:
Celui qui cherche les règles de la morale en dehors de l'Évangile est semblable à cet insensé qui allume un flambeau pour s'éclairer quand le soleil luit dans tout son éclat.
Dans le chemin de la piété, évitez l'emballement du début : c'est un feu de paille qui jette quelques belles lueurs, mais bientôt décroît et s'éteint. Que votre marche soit lente, mais progressive jusqu'au tombeau.
Sans la foi, la science est souvent la mère de l'orgueil.
Dans la vie chrétienne, tout est inutile sans la persévérance finale.
Vous, à qui la Providence a donné une plume brillante, pensez à votre responsabilité redoutable : si vos écrits sont corrupteurs, vous rendrez compte du mal qu'ils auront causé ; si vos œuvres sont bonnes mais votre conduite détestable, vous les aurez pour juges au dernier jour.
Le bonheur des méchants scandalise les faibles, il épouvante les justes.
Nous croyons sans aucune preuve le mal que l'on dit du prochain, nous en demandons cent pour croire à sa vertu.
On ne fait pour Dieu que ce que l'on fait contre soi.
On nous dit parfois : « Chrétiens, quel mérite avez-vous dans l'accomplissement de vos bonnes œuvres ? Vous faites le bien par intérêt : pour gagner le ciel. » Noble intérêt que celui qui nous pousse à pratiquer la vertu pour l'amour de Dieu et pour arriver au séjour céleste, où cet amour aura son complet épanouissement. Le ciel n'est-il pas le royaume de la charité?
La santé est un trésor que l'on n'apprécie que lorsqu'on l'a perdu.
Fais ton devoir et ne crains personne. Quel est l'homme assez puissant pour attenter à Dieu, qui te protège ?
La prière est la respiration de l'âme.
Ayez du succès dans le monde, on traitera de peccadilles vos fautes les plus graves ; soyez en disgrâce, on vous imputera vos moindres erreurs à crime, pour la justifier.
Je suis athée, dis-tu. De quel droit m'imposes-tu ta loi, homme faible comme moi ? Commande-moi au nom de Dieu, et je respecterai en toi l'autorité divine.
Mieux vaut être opprimé qu'oppresseur.
Notre bonheur ici-bas se mesure à notre puissance de souffrir.
La prétention à juger le prochain est souvent en raison inverse de la sagesse que l'on a ; on ne se contente pas d'agir sottement, on veut encore entraîner les autres dans ses sottises.
Nous ne pouvons arrêter le temps dans son cours : le présent même nous échappe et l'instant où j'écris appartient déjà au passé.
Certains cerveaux sont toujours en travail et roulent un monde de pensées, qu'ils brûlent d'incarner toutes dans des œuvres durables. Ils voient avec douleur qu'ils n'y parviendront jamais : la vie humaine la plus longue est si courte. Qu'ils pratiquent donc un éclectisme nécessaire. Semblable au jardinier qui ne laisse sur l'arbre que ses plus beaux fruits pour la maturité, ainsi doivent-ils donner corps seulement à leurs conceptions les plus nobles. ,
Il n'est pas difficile pour l'homme de foi de supporter patiemment la tribulation : Dieu existe et rien n'arrive sans sa permission. Or, Dieu est infiniment bon et sage, autrement II ne serait pas Dieu ; donc, l'affliction qu'il envoie est salutaire.
Certaines vérités sont tellement évidentes, qu'il est inconcevable qu'il faille parfois les démontrer à des esprits éclairés et instruits. Leur opiniâtreté ne s'explique que par la passion, la mauvaise foi ou l'amour de la contradiction.
Pour mieux commettre le mal, le méchant nie Dieu, sans penser qu'il est lui-même une preuve de son existence. En effet, comme souvent il est ici-bas heureux et prospère, malgré ses crimes, il faut nécessairement qu'il y ait, pour le punir, un juge incorruptible et éternel, qui est Dieu. Les sorts de l'heureux oppresseur et du juste opprimé seraient-ils les mêmes au delà du tombeau ?
Que de fois celui qui remet imprudemment l'accomplissement de ses bons desseins voit le plus tard se changer en trop tard.
Voulez-vous avoir une idée du châtiment qui attend le pécheur dans l'éternité? Considérez ce que Dieu a fait, par son Fils, pour sauver le monde : des deux côtés, c'est l'infini.
S'il est difficile pour le riche de se sauver, renversons la proposition : Quel bonheur n'est pas réservé au riche qui vit et meurt chrétiennement! Il a tout ce qu'il faut pour se faire ici-bas un lieu de délices ; mais, foulant aux pieds librement tous ses biens, il emploie son or à soulager le pauvre, sa santé à servir Dieu, son crédit à étendre le règne divin.
Vous qui vous indignez contre les, défauts séniles de vos parents, contemplez un enfant sur les genoux de sa mère. Rappelez-vous que vous avez été comme lui, et pensez à ce qu'il en a coijté de soins et de sacrifices pour faire de vous ce que vous êtes : un honnête homme ou une femme vertueuse.
Chez un écrivain, l'érudition ne remplace jamais le génie, elle ne fait que le compléter. Maître Adam Billaut, menuisier de Nevers, bien que dépourvu de culture, s'est immortalisé par Ses chevilles, œuvres qui lui valurent le surnom de « Virgile au rabot » ; Chapelain s'est ridiculisé par son poème
de La Pucelle, bien qu'il îiit membre de l'Académie française et l'arbitre du Parnasse, sous le règne de Louis XIV.
Nous jugeons le plus souvent les écrits des auteurs d'après l'état de notre cœur. Si corrompu et mécréant, nous trouvons ridicules les productions religieuses et morales les plus belles ; si chaste et pieux, nous méprisons les œuvres impies et licencieuses, bien que parées de toutes les fleurs de la poésie.
Quoiqu'il arrive, ne pactisez jamais avec les ennemis de votre âme : pour la sauver, ils ne vous suivront pas au delà du tombeau.
La piété de la femme est souvent plus tendre et plus touchante que celle de l'homme. Pourquoi ? C'est que sa puissance d'aimer est plus grande et sa reconnaissance plus vive : elle sait qu'elle doit son relèvement au Christianisme.
A propos de Quo vadis ? célèbre roman des temps néroniens, de Henri Sienkiewicz :
Quand on pense à ce qu'était le monde païen, comment ne pas tomber à genoux, dans un élan d'amour et de reconnaissance, devant le Christ, qui a tiré l'humanité de cette pourriture ?
Le méchant s'écrie en sa prospérité : « Jamais je ne serai ébranlé ! » Ne le croyez pas. Tôt ou tard, des événements imprévus provoquent sa chute ; et, souvent, il est lui-même, par ses actes imprudents et téméraires, l'auteur de sa propre ruine : Quos vult perdere Jupiter dementat prias K
Souvent, le méchant se prévaut de la foi du chrétien, pour l'accabler de vexations. S'il se révolte et se défend, le persécuteur crie à l'intolérance et à l'hypocrisie. La foi du chrétien
1 Ceux que Jupiter veut perdre, il leur ôte d'abord la raison.
ne dispense pas de l'exercice de la justice à son égard : il n'est pas hors la loi de l'équité, parce que croyant.
Quelque grande que nous paraisse une injustice ici-bas, il y a toujours une raison divine et cachée qui l'explique.
A l'œil droit des savants positivistes :
« Dans toutes les sciences, vous rencontrez des mystères que vous êtes obligés d'accepter, et vous refusez d'acquiescer aux mystères de la théologie, la Science des sciences. »
L'orgueil prend mille formes dont la fausse modestie, qui s'humilie quelque peu, pour se faire exalter d'autant plus par les autres.
La clé dont on se sert est et reste polie.
Souvent, moins on a de vigueur, plus on prend de précautions ; il s'ensuit que, souvent aussi, plus on a de robustesse, moins on a de longévité.
Rarement, nos regrets n'empoisonnent pas notre bonheur actuel, presque toujours plus grand que celui dont on jouirait si l'on était dans la situation où l'on regrette de n'être pas.
Soyez fermé à tous pour n'être l'esclave de personne.
La rancune est ridicule, en ce sens qu'elle ronge l'offensé et comble l'offenseur.
Comme le bonheur, le malheur a ses degrés ; souvent, il suffit
de les compter, pour être content de celui où l'on se trouve.
Une bonne œuvre n'a de valeur qu'en raison des sacrifices qu'elle coûte et de l'obscurité qui l'enveloppe.
L'accoutumance des joies de la vie est une cuirasse qui rend insensible aux plaisirs ordinaires, si goûtés de ceux qui rarement les connaissent.
Le contact de certaines personnes agit sur nous, comme la glace des pôles ou le fluide des orages.
L'affection, pour être pure, doit passer par la religion, comme l'or par la fournaise.
Qu'un dessein accompli après mûre réflexion et sous l'inspiration divine ne cause jamais de regrets : vous ne pouviez ni vous tromper, ni l'être.
C'est une forme de l'égoïsme de se confiner dans les jouissances personnelles de la vertu, sans chercher à les communiquer aux autres.
Que sont les chefs-d'œuvre humains, en présence de l'œuvre de Dieu ? Il a jeté sur les magnificences de la nature le pavillon du ciel, enchâssé de myriades d'étoiles, comme d'autant de diamants, et berce l'immensité du formidable concert des sifflements de l'aquilon, des mugissements de l'océan et des grondements de la foudre.
Je compare volontiers la vie de certaines personnes au pendule : comme ses oscillations sont perpétuellement isochrones, ainsi leur existence oscille uniformément et toujours entre le bien et le mal, sans produire aucuns fruits.
Souvent, notre infortune est une cause de diminution du
boniieur d'autrui ; il suit de là que souvent, hélas! aussi, cette
solidarité dans le malheur est la loi môme de notre charité.
La mort exceptée, il n'est pas de situation si critique qui ne comporte son remède : c'est le propre de l'homme intelligent et fort de le trouver et d'en tirer parti.
Une belle pensée est comme ce bolide qui traverse le ciel : fixez-la sur-le-champ si vous ne voulez qu'elle vous échappe sans retour.
Ce n'est pas la profession qui déshonore l'homme, mais l'homme qui honore la profession.
Otez la médisance des relations sociales, qui pourra soutenir une conversation seulement pendant une heure?
La liberté des uns est souvent l'esclavage des autres.
Je cherche vainement, en dehors du Christianisme, une religion qui ait, comme lui, la perpétuité et l'universalité : Dieu l'imposa Lui-même au commencement du monde, dans l'Eden, puis au Sinaï ; son Christ eut pour mission de le parachever. 11 nous l'a transmis d'âge en âge, à travers l'effondrement des empires, et, par sa puissance mystérieuse, le maintiendra jusqu'à la fin des temps.
Dieu nous a donné la liberté ; redoutable prérogative, car 11 ne nous sauvera pas malgré nous, si nous voulons nous perdre malgré Lui.
Rarement nous voyons les choses sous leur angle véritable : l'exagération dans les peines; comme dans les plaisirs, fausse presque toujours notre vie.
On croit que les circonstances tuent parfois le génie. Erreur! Tôt ou tard il éclate, comme la lave d'un volcan trop longtemps contenue.
Notre organisme est si fragile et si compliqué, les dangers de mort nous environnent tellement, que la longévité en devient un phénomène, une merveille.
A propos du nouveau Syllabus de S. S. Pie X :
Deux choses ont lieu de surprendre : l'une que l'on puisse contester au Pape le droit de condamner des propositions en contradiction flagrante avec le dogme ; l'autre que des savants, se disant chrétiens, avancent et maintiennent, dans leurs ouvrages, des propositions si manifestement contraires au Christianisme.
L'homme est ainsi fait qu'il exige chez les autres une perfection dont il est lui-même le plus éloigné.
L'exercice de l'autorité n'est pas la tyrannie : il n'implique pas l'abstraction de la douceur et de la justice. Comme on l'a dit déjà, l'autorité pour être respectée doit être respectable.
L'avantage de la médiocrité c'est de pouvoir jouir de la comédie des grands, sans en être la victime.
Avant d'attenter à Dieu, donne-moi la genèse d'un brin d'herbe; avant d'attribuer au hasard la gravitation stellaire, expliquemoi le mécanisme d'un ciron.
Le silence est le bouclier du vrai mérite en butte à l'injustice.
Un trop long bonheur nous fait aisément oublier la loi inéluctable de la souffrance et nous endort dans une fausse quiétude. Gare au réveil !
Certains cœurs sont comme enveloppés d'une gangue de verre : ils voient tout, mais ne sont touchés de rien.
Heureuses les âmes que le génie a touchées de son aile ; elles planent au-dessus de la boue du monde, sans en être éclaboussées.
Certains dirigeants, médiocres souvent, après avoir parsemé leur carrière d'exactions et d'injustices, opprimé ou raillé le vrai mérite, arrêté ou brisé des avenirs, pratiqué le népotisme ou favorisé des créatures, se retirent tranquilles dans un repos, pensent-ils, bien mérité. Erreur ! Ils emportent dans leur retraite la responsabilité de leurs actes, qu'ils payeront au delà du tombeau.
S'il nous était donné de voir réellement le Christ en croix, nous ne pourrions supporter un pareil spectacle. On raconte que Charles-Quint demanda à certain artiste de lui représenter, autant que possible, cette affreuse réalité. Le maître donna libre cours à son imagination et produisit un chef-d'œuvre. A sa vue, le monarque recula d'horreur. Voilà donc ce qu'a fait Jésus-Christ, pour sauver l'humanité !
(Vendredi Saint.)
Le malheur nous fait bien voir combien la véritable amitié, dont il est la pierre de touche, est rare dans le monde.
Beauté, vigueur, talents, titres, gloire, puissance, richesse et plaisirs, comme leurs contraires, sont autant de rayons d'un même cercle dont le centre est la mort.
Il fut une femme, ornée de toutes les vertus, toute belle et toute pure. Malgré sa vie parfaite, Dieu l'accable de tribulations et, pour y mettre le comble, lui demande l'immolation de son fils unique, le plus beau des enfants des hommes. Mères, frémissez, car elle y consent, pour sauver le monde ; bien plus, elle assiste, sans faiblir, à la tragédie du Golgotha ! J'ai nommé la Vierge Marie. (Mai.)
Beaucoup d'ouvrages, bien qu'écrits dans une langue correcte et pure ne plaisent guère, parce qu'il y manque ce je ne sais quoi de nerveux et de piquant, qui est comme le sel des mets délicats.
Après lecture des œuvres de Malherbe.
Les plus beaux génies ont leurs défaillances : est-ce bien Malherbe qui a composé l'Ode à Monsieur de la Garde ?
La Foi est la dernière fleur qui reste de toutes celles qu'on cueille au jardin de la vie.
Souvent, revêtu de l'autorité, la contrainte que l'on impose à ses inférieurs est en raison directe des aises que l'on s'accorde, et fait qu'on en jouit d'autant mieux.
Pour l'artiste et pour le poète, la perte de l'une de ses œuvres est, dans l'ordre moral, ce qu'est la perte d'un membre dans l'ordre physique : ils ne s'en consolent jamais.
Les âmes superficielles aiment à se répandre, mais c'est le propre d'un esprit supérieur de se complaire dans la solitude et de n'en sortir que pour le bien commun.
Il est bon, il est nécessaire que l'artiste ou le poète sache descendre souvent, des hauteurs de son art, jusqu'aux matérialités de la vie, autrement il y paraît comme inconnu, désespéré, lorsque le cours du temps l'y fait choir malgré lui.
Chose curieuse, nous reconnaissons n'être pas sans défauts, mais c'est toujours celui que l'on découvre en nous que nous prétendons ne pas avoir.
Cet aiguillon de la souffrance qui se fait sentir, même au milieu des plaisirs, prouve bien la déchéance de l'humanité.
Les illusions sont comme les fleurs, qui charment d'autant plus qu'elles sont plus nombreuses et plus fraîches.
Au champ des belles-lettres, il arrive que les auteurs cueillent à leur insu les mêmes fleurs : ce n'est pas du plagiat, mais identité de pensées.
Le besoin du surnaturel est tellement inhérent au cœur humain que les personnes sans religion sont presque toujours superstitieuses.
Quelle que soit la complexité des affaires du monde, la justice est encore le meilleur chemin pour arriver au but.
La croix du Christ est plantée au cœur de l'humanité, comme un glaive, pour tuer l'erreur ; comme un étendard, pour exalter la vérité.
Notre esprit d'imitation n'a d'égal que notre horreur de la banalité ; comment le concilier ?
Dépassez le but, mais laissez le chemin ouvert pour la retraite.
S'il est doux pour un père de revivre en un fils digne de lui, il est ineffable pour l'homme de génie de survivre dans son chef-d'œuvre.
En observant l'humanité, nous remarquons que les actes de stoïcisme ou de vertu sont plus fréquents chez le peuple que dans les hautes sphères de la société : le savoir seul n'est donc pas toujours le critérium de la grandeur d'âme et des bonnes mœurs.
Semblable au diamant, l'âme, pour s'épanouir dans toute sa beauté, doit être, par un long travail, dégagée de la gangue du vice.
Il ne suffit pas d'un ricanement ou d'un haussement d'épaules de l'impie, pour renverser les problèmes éternels : ils n'en restent pas moins cruels et troublants.
Ce n*est pas la moindre gloire pour un homme d'État que celle de mourir pauvre.
La vengeance d'un noble cœur persécuté est celle qu'il attend de la justice de Dieu.
Auteurs, que vos œuvres soient toujours comme parfumées de l'idée de Dieu ; c'est le moyen non seulement de Le servir ici-bas, mais encore de Lui rendre une gloire posthume.
Un livre parfait sous le rapport de la typographie, du style et de la langue est sans exemple.
Les sujets les plus simples sont aussi les plus beaux, mais les plus difficiles à traiter. Un véritable auteur les affectionne particulièrement, parce que son art peut s'y déployer dans tout son éclat.
C'est le propre d'un écrivain de génie de varier ses œuvres de façon à nous faire passer, sans effort, par toute la gamme des sentiments.
J'aime un livre où l'auteur nous fait assister à l'évolution de son talent, depuis les premiers jets de la jeunesse jusqu'à la floraison complète de l'âge mûr.
De nos jours, l'anarchie dans les lettres, comme dans la Société, produit souvent des œuvres écrites en un style incohérent et barbare, véritable supplice pour le lecteur. Tenant compte du progrès dans les idées, il est du devoir de l'écrivain de remonter de plus en plus vers un « néo-classicisme », salut de notre belle langue.