‹ Mélanges poétiques & littérairesChapitre 23 sur 120 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

MONSIEUR DE BORAND.

Pour mettre le comble à ta bonté, Marcel, veuille bien faire savoir à Madame de Limange que je sollicite d'elle l'honneur d'un court entretien, en ta présence.

MONSIEUR DE LIMANGE.

De grand cœur! Firmin, va prier Madame la comtesse d'avoir la bonté de descendre, quand elle le voudra.

FIRMIN

Bien, Monsieur le comte. (// sort.)

MONSIEUR DE LIMANGE, présentant un siège à Monsieur de Borand.

Quel mystère! Puis-je savoir maintenant, cher ami? (Ils s'asseyent.)

MONSIEUR DE BORAND.

Bien que diplomate, je n'irai pas par quatre chemins. Tu n'ignores pas, car tu es trop fin pour ne l'avoir pas remarqué, tu n'ignores pas l'impression que ta charmante nièce a faite sur moi.

MONSIEUR DE LIMANGE,

Non. Mais...

MONSIEUR DE BORAND.

Ton amitié continuée et même redoublée m'a été un encouragement tacite.

MONSIEUR DE LIMANGE.

Soit! Mais, bien que son tuteur, puis-je disposer de Renée sans son consentement ? .

MONSIEUR DE BORAND.

Marcel, j'ai vu ce matin Madame de Limange, chez moi.

MONSIEUR DE LIMANGE.

Ah ! quelle inconvenance ! Quelle rage de toucher à tout, de s'occuper de tout, sans rien dire !

MONSIEUR DE BORAND

Cher ami, pardonne cette légère incorrection en faveur de l'intention : c'est pour faire deux heureux, je l'espère.

MONSIEUR DE LIMANGE.

Soit, encore.

MONSIEUR DE BORAND.

J'ai donc vu Madame la comtesse, et je sais par elle que j'ai le bonheur de n'être pas indifférent à Mademoiselle Renée.

MONSIEUR DE LIMANGE.

Comment ! Que t'a dit Madame de Limange ?

MONSIEUR DE BORAND.

Rien que de convenable. Mais, tu sais aussi que la discrétion est une vertu diplomatique, surtout quand le beau sexe est en jeu. J'ai promis le secret. J'aurais dû même te laisser ignorer la démarche de Madame de Limange. Cependant, la loyauté, ta situation vis-à-vis de Mademoiselle de Linon me faisaient un devoir de ...

MONSIEUR DE LIMANGE, se levant.

{Avec un peu d'impatience.) Au fait, Lucien, au fait !

MONSIEUR DE BORAND, se Icvont également. {Avec émotion.) Excuse l'incorrection de ma démarche : n'ayant plus de parents, je dois bien l'accomplir moi-même. J'ai donc l'honneur de demander à Monsieur le comte de Limange la main de sa nièce, Mademoiselle la vicomtesse Renée de Linon.

MONSIEUR DE LIMANGE, lui senont affectueusemcnt la main.

Mon cher Lucien, ta demande me rend bien heureux et nous honore grandement, car je connais ta valeur. J'y souscris avec bonheur, à condition, toutefois, que tu emportes également le consentement de Madame de Limange, et surtout celui de Renée.

MONSIEUR DE BORAND.

C'est précisément ce que m'a répondu Madame la comtesse.

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