SCENE VIII
MONSIEUR DE LIMANGE ; MONSIEUR DE BORAND, mise très soignée, redingote boutonnée, ruban de la Légion d'Honneur à la boutonnière; FIRMIN, à l'écart.
MONSIEUR DE LIMANGE, riant.
Tudieu, marquis de Borand, mon jeune ami, quel chic ! Cette mise est-elle bien de rigueur, Lucien, pour visiter un vieil ami comme moi ?
MONSIEUR DE BORAND.
Ne ris pas, mon cher Marcel. L'objet de ma visite est sérieux, très sérieux.
MONSIEUR DE LIMANGE.
Tu me surprends, mon cher Lucien. Quel air de procès-verbal auquel tu ne m'as guère habitué, toi si gai d'ordinaire !
MONSIEUR DE BORAND.
Tu vas comprendre. Avant tout, permets-moi deux questions : As-tu vu Madame de Limange, ce matin? Ne t'a-t-elle rien dit?
MONSIEUR DE LIMANGE.
Non, je suis sorti avant le retour de ma femme, qui est rentrée pendant ma courte absence, dont tu devines la cause. J'avais quelques commandes à faire, pour fêter dignement aujourd'hui le vingtième anniversaire de notre chère Renée. C'est dans ce but que je t'ai prié de venir, car tu es un peu de la maison, Lucien !
MONSIEUR DE BORAND, ovec choleur.
Ah! merci! {Tirant un écrin de sa poche et le déposant sur la table.) Je te demanderai la permission d'offrir ce modeste collier à Mademoiselle de Linon.
MONSIEUR DE LIMANOE.
Volontiers et merci pour elle !