SCÈNE IX
MONSIEUR DE LIMANGE, MADAME DE LIMANGE, MONSIEUR DE BORAND.
MADAME DE LIMANGE, affairée et Contemplant le fouillis de fleurs.
Un beau désordre est un .... {A Monsieur de Borand, qui la salue, incliné.) Bonjour, Monsieur de Borand ! {Elle lui tend la main, qu'il baise galamment.) Soyez le bienvenu, mon cher Lucien ; vous venez à propos. (^4 son mari.) Qu'y a-t-il, Marcel?
MONSIEUR DE LIMANGE.
Tudieu, ma chère amie, quel papillon tu es aujourd'hui! Sois calme un instant et causons sérieusement : il s'agit des intérêts de notre chère Renée.
MADAME DE LIMANGE
Bien volontiers. J'écoute.
{Tous s'asseyent.)
MONSIEUR DE UMANGE.
J'irai droit au but : Monsieur de Borand, épris des qualités de Renée, nous demande sa main. Qu'as-tu à répondre, ciière amie ?
MADAME DE LiMANGE, feignant V étonnemcnt .
Que cette demande nous honore et me ravit. Je l'accueille donc avec bonheur, Marcel, sous réserve de ton consentement.
MONSIEUR DE LIMANGE.
Tu n'en peux douter.
MONSIEUR DE BORAND, profondément ému.
Ah ! que de reconnaissance !...
MADAME DE LIMANGE.
Mais, avez-vous bien réfléchi, mon cher Lucien ? Orpheline, seule au monde...
MONSIEUR DE BORAND.
Comme moi.
MADAME DE LIMANGE.
Renée est bien triste pour son âge. C'est une sauvage, qui chérit la nature et déteste Paris et le monde. Elle n'aspire qu'à retourner dans son beau domaine de Linon, en Touraine. Tandis que vous, brillant attaché d'ambassade, vous êtes friand de sport, réceptions, fêtes et le reste.
{Madame de Limange se lève et marche çà et là, disposant les fleurs dans le salon.)
MONSIEUR DE BORAND.
Ah ! Madame, si vous saviez comme tout cela me pèse ! Enfant aussi de la Touraine, je quittai notre beau pays, il y a cinq ans, après la mort de mon père, que ma mère avait, hélas i depuis longtemps déjà précédé dans la tombe, désireux, moi aussi, de connaître cette vie parisienne, tant vantée. Ma fortune, mon nom, mes fonctions, facilement obtenues grâce au crédit de mon père, m'y donnèrent libre accès. J'en connus tous les