‹ Mélanges poétiques & littérairesChapitre 26 sur 120 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

secrets, toute la griserie, sans déchoir toutefois. Oh ! mes amis, quelle déception, quel vide, quel dégoût ! (Avec feu. Il se lève.) Non, non, je ne suis pas fait pour cette vie de futilités et de plaisirs. Mon seul désir est de la quitter au plus tôt et de retourner en Touraine, où je connus déjà Mademoiselle de Linon, d'y fonder un foyer et d'y mener l'existence utile et saine du gentilhomme campagnard, cultivant ses terres, semant le bien ...

MONSIEUR DE LIMANGE.

Peste ! mon cher Lucien, quel feu ! quelle éloquence ! Tu convaincrais une pierre. Il suffit et voici ma réponse. (Il se lève et appuie sur un timbre.)

MONSIEUR DE BORAND, Craintif.

Que fais-tu là?

{Firmin paraît en livrée.)

MONSIEUR DE LIMANGE.

Prie Mademoiselle de Linon d'avoir l'obligeance de venir, surle-champ.

{Firmin s'incline et sort.)

MONSIEUR DE BORAND, ému et tremblant.

Ah ! mon ami, je comprends ! Que vas-tu lui dire ? Que vat-elle répondre ? De grâce ! ménage sa sensibilité, sa candeur !

MONSIEUR DE LIMANGE, riant.

Sois tranquille. Allons, te voilà craintif et timide comme un écolier, toi le fêtard, le diplomate sceptique et roué !

MADAME DE LIMANGE, se retournont railleuse.

Je vous croyais plus d'aplomb. Monsieur le marquis de Borand. Allons, allons, remettez-vous, ne tombez pas en pâmoison ! Voulez-vous mon flacon de sels ?

{Mademoiselle de Linon paraît timide et craintive, vêtue d'une robe blanche, simple et sans antres ornements qu'un ruban au cou et à la ceinture.)

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