SCÈNE III
A se montrer des lois les serviteurs soumis, A pardonner toujours à tous leurs ennemis, A vénérer les dieux, à détester le vice. En un mot, des vertus à faire leur délice. Pour toi, chère Xantippe, étouffe dans ton cœur. De puérils regrets le germe empoisonneur. Notre ciel conjugal ne fut point sans nuage ? Il en faut accuser un époux si peu sage, Qui, trop souvent drapé dans son austérité. Eut moins d'amour pour toi que de sévérité. Excuse mon erreur, compagne de ma vie, Et recouvre la paix, c'est moi qui t'en convie.
{La pressant sur son cœur.) Dans un dernier baiser, scellons notre pardon.
(Euphorbe entre.) Adieu, chère Xantippe! Adieu, cher Agathon ! Ou plutôt au revoir dans le séjour céleste !
AGATHON
Hélas! tout est perdu. Voici l'instant funeste!
XANTIPPE, apercevant Euphorbe.
Qui vois-je? Loin de nous, vil messager de mort!
{Éperdue.) Socrate... cher Socrate!... Ah! c'est fait de son sort!...
SOCRATE
Olympe, éloigne-la. Va, je te la confie ;
Et reçois en partant mes adieux pour la vie.
OLYMPE, entraînant Xantippe et son fils. Adieu, Socrate!