‹ Mélanges poétiques & littérairesChapitre 51 sur 120 · EPONINE, CIVILIS, PAULIN, ILDA · texte numérisé non relu

EPONINE, CIVILIS, PAULIN, ILDA

EPONINE

Chère Ilda, soutiens-moi...

ILDA.

Courage !

1 Richelet dit qu'on doit laisser au poète la liberté de faire cette terminaison « ien » d'une ou de deux syllabes, suivant que la mesure du vers l'exige.

166 EPONINE

EPONiNE, à Civilis.

Est-il mort?

CIVILIS

Madame, apaisez-vous : votre époux vit encor.

EPONINE

Ciel, sois béni! Seigneur, excusez mes alarmes; Je ne sais que vous dire au milieu de mes larmes.

CIVILIS

Ecoutez-moi, Madame, et calmez votre esprit; Je sais ce qui vous mène et Paulin m'a tout dit.

EPONINE

Tu vis, cher Sabinus, compagnon d'hyménée. Soustrait à mon amour depuis plus d'une année!

{A Civilis.) L'avez-vous vu? Comment subit-il son malheur? N'a-t-il au désespoir abandonné son cœur? Vespasien à ma vue sera-t-il exorable? Par pitié, Civilis, soyez-moi secourable!

CIVILIS

Le soin de votre époux, celui de mon pays,

Ici seuls ont conduit, retiennent Civilis.

Sabinus qu'en ses fers j'ai visité, Madame,

Ose me soupçonner de trahison infâme :

De sa perte il me croit le perfide artisan ;

Outrage auquel je dus la faveur.^du tyran.

Qui, sensible à ma voix, suspendant sa vengeance,

De votre époux daigna respecter ^l'existence.

EPONINE

Achevez votre ouvrage. Ou bien que dans ses bras Je finisse mes jours dans un commun trépas! Que m'importe sans lui mon inutile vie ! Aux larmes de mes fils si je me suis ravie

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