EPONINE, CIVILIS, PAULIN, ILDA
EPONINE
Chère Ilda, soutiens-moi...
ILDA.
Courage !
1 Richelet dit qu'on doit laisser au poète la liberté de faire cette terminaison « ien » d'une ou de deux syllabes, suivant que la mesure du vers l'exige.
166 EPONINE
EPONiNE, à Civilis.
Est-il mort?
CIVILIS
Madame, apaisez-vous : votre époux vit encor.
EPONINE
Ciel, sois béni! Seigneur, excusez mes alarmes; Je ne sais que vous dire au milieu de mes larmes.
CIVILIS
Ecoutez-moi, Madame, et calmez votre esprit; Je sais ce qui vous mène et Paulin m'a tout dit.
EPONINE
Tu vis, cher Sabinus, compagnon d'hyménée. Soustrait à mon amour depuis plus d'une année!
{A Civilis.) L'avez-vous vu? Comment subit-il son malheur? N'a-t-il au désespoir abandonné son cœur? Vespasien à ma vue sera-t-il exorable? Par pitié, Civilis, soyez-moi secourable!
CIVILIS
Le soin de votre époux, celui de mon pays,
Ici seuls ont conduit, retiennent Civilis.
Sabinus qu'en ses fers j'ai visité, Madame,
Ose me soupçonner de trahison infâme :
De sa perte il me croit le perfide artisan ;
Outrage auquel je dus la faveur.^du tyran.
Qui, sensible à ma voix, suspendant sa vengeance,
De votre époux daigna respecter ^l'existence.
EPONINE
Achevez votre ouvrage. Ou bien que dans ses bras Je finisse mes jours dans un commun trépas! Que m'importe sans lui mon inutile vie ! Aux larmes de mes fils si je me suis ravie