‹ Mélanges poétiques & littérairesChapitre 68 sur 120 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

VESPASIEN, EPONINE, CIVILIS, PAULIN, ILDA, Courtisans, Gardes.

VESPASIEN, faisant signe à sa suite de se retirer. Les gardes demeurent.

Pourquoi, Madame, ainsi trembler à notre vue? Déjà nous avons dit, avant cette entrevue, Comme vous l'annonça sans doute Civilis, Que vous et votre époux vous serez réunis; Et notre volonté reste toujours la même.

EPONINE

Seigneur, ma gratitude envers vous est extrême Et je.... L'auguste aspect de Votre Majesté, Mes fatigues... mes pleurs... ou ma félicité... M'ôte... tout sentiment. Je ... (Elle faiblit.)

ILDA, la soutenant.

Grands dieux! elle pâme!

VESPASIEN

Reprenez vos esprits. Remettez-vous, Madame, Et sachez retrouver un restant de vigueur, M'écouter et, par là, hâter votre bonheur : Séduit par les vertus dont votre âme est ornée Et que jusques à nous porta la renommée. Sans méconnaître encor l'appel de Civilis, Nous décidons d'user envers votre pays.

188 EPONINE

Au lieu de la rigueur, désormais de clémence. Peut-être obtiendrons-nous de sa reconnaissance Ce que n'a pu jamais un juste châtiment : Si pas la paix entière, au moins l'apaisement. Je veux, par Sabinus, entrer dans cette voie. Mais, avant que la Gaule avec vous le revoie. J'exige qu'il souscrive à la condition De fuir à l'avenir toute rébellion.

De désarmer son bras jusqu'ici contre Rome, D'employer son crédit à lui gagner tout homme. Bref, je veux le serment de sa fidélité.

Ciel !

VESPASIEN

Pour sa délivrance est-il trop demandé ?

EPONINE

Rome pour ses enfants. Seigneur, souffrirait-elle...?

VESPASIEN

Rome veut que pour vivre un vaincu soit fidèle. La révolte est en Gaule. Eh bien, que Sabinus Parte en médiateur ou bien n'y rentre plus. C'est à lui de choisir : la clémence romaine Ou bien le châtiment. Gardes, qu'on nous l'amène!

(Les gardes sortent.)

EPONINE

Il va venir celui que depuis si longtemps,

Au milieu de mes pleurs et mes douleurs, j'attends,

O mon cher Sabinus ! cher époux que j'adore.

Puisqu'il m'est accordé de te revoir encore.

De presser sur mon cœur ton visage si beau,

Que j'ai cru pour toujours dans la nuit du tombeau,

Je ne veux plus sentir mon ancienne détresse.

Pour être tout entière à ce moment d'ivresse !

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