EN VERS DE SIX, CINQ, QUATRE ET TROIS SYLLABES
-r^ADiEusE phalange, '^ Soutien des humains, Préservez de la fange Leurs frêles destins.
Au Bonheur sans mélange.
Par tous les chemins, A partir de la lange, Ils vont en vos mains.
Esprits célestes.
Des maux funestes Gardez-nous !
Saintes milices.
Pour vos services, Grâce à vous !
Septembre 1906.
Toussaint.
/W^N ce jour glorieux, dans notre exil funeste, ^-^ Elevons nos regards vers la cité céleste. Où par le sang du Christ le mortel racheté Triomphe en contemplant de Dieu la Majesté. Qui dira les splendeurs de sa vue ineffable ? L'allégresse aux élus qu'elle donne immuable ? Près d'elle, ce bonheur que le monde poursuit Est moins encor que l'ombre est au soleil qui luit. Et du dernier au Ciel la paix que rien n'estompe Du plus grand potentat passe toute la pompe. Muse, n'entreprends point de peindre l'infini Du bonheur dont le saint est au Ciel assouvi : D'autres, plus forts que nous dans les chants du Parnasse, Ont dû l'abandonner enfin de guerre lasse. Contentons-nous d'un trait d'en marquer la grandeur, Disant que des humains le regard ou le cœur. Quel que soit leur génie éblouissant la terre, Jamais ne saisira l'insondable mystère Du sort que dans les Cieux Dieu fait à ses élus. Dès l'instant où du corps l'âme esclave n'est plus. Gravons dans notre esprit, chrétiens, cette pensée. Qui fait vibrer ma lyre en si belle journée ; Qu'elle soit notre force, en nos rudes combats. Et nous rende léger notre exil ici-bas !
1er Novembre 1907.
Orgues et Nuit de Noël.
/T^ALGRÉ la rigueur des frimas,
>-^ Dans la nuit, sur l'épaisse neige,
Où va de mortels ce cortège.
De tous âges, sexes, états ?
L'allégresse remplit leur âme,
Car, par la Foi qui les enflamme.
Ils vont au Fils de l'Eternel :
C'est la douce nuit de Noël !
Satan est vaincu par la femme !
A cette foule joignons-nous ;
Allons, avec Joseph, la Vierge,
Adorer le Verbe à genoux...
Pompe auguste, déroulez-vous !
Brûlez, étincelez, ô cierge.
Parmi les fleurs, l'or de l'autel.
Que les anges couvrent de l'aile !
Et vous, prêtres de l'Eternel,
Déployez aussi votre zèle !
Que l'encens monte à l'ostensoir.
Plus brillant que l'astre du soir,
Dans la sombre voûte infinie !
Orgues, surtout, aux chants du sacré lieu. Mêlez, mêlez votre tendre harmonie.
Pour exalter l'amour de l'Enfant-Dieu ! Réservez à plus tard vos éclats de victoire. Pour célébrer du Christ le triomphe et la gloire. Comme l'ange, autrefois, au sein du firmament. Des humains annonçait la fin du sort funeste ; Prodiguez les accords de votre voix céleste. Pour bercer le Messie en sa crèche dormant.
Décembre 1907.
Épigrammes.
A une vieille coquette.
GATHARiNA, vicille coqucttc, Des fleurs adore les extraits :
Muguet, lilas, musc, violette, Parfument ses mourants attraits.
D'un seul elle hait la puissance.
Mais il ne sort point d'une fleur. L'avez-vous trouvé, cher lecteur ?
Non ? Hé, c'est l'extrait de naissance.
Réponse d'une jeune dame à Monsieur X..., connu pour sa parcimonie.
QiLLE grâces, Monsieur, pour l'envoi du louis Qu'aujourd'hui, tout ému par ma faible éloquence, Vous versez au budget d'une affreuse indigence. Mais, l'aveu qu'au billet, hélas! vous avez mis. Rallume dans mon cœur la cruelle exigence : Vous donnez un louis, mais c'est pour mes beaux yeux ; Est-ce alors suffisant? Cher Monsieur, j'en ai deux!
A un gentilhomme perdu d'honneur, mais très susceptible.
*y" E sire de Cortaré
•^ Pour le moindre affront s'enflamme
Et prétend que, par la lame,
Son honneur soit réparé.
Insupportable jactance.
Dont tout le monde est surpris :
Que peut encore une offense
A son honneur en débris ?
A un vieil ambitieux, devant le cercueil de Monsieur de H. mort en odeur de sainteté.
INSENSÉ dont l'orgueil Des honneurs ne se lasse.
Déjà la mort te glace :
Contemple ce cercueil !
A l'étourdi.
GE doigt qu'en son enfance L'homme se met au nez, Quand vingt ans sont sonnés, (Est-ce réminiscence ?) Souvent, jusqu'au cercueil.
Il se le met dans l'œil.
ÉPIGRAMME-CALEMBOUR Dialogue entre Madame et Monsieur, à propos d'un fat.
MADAME, entrant.
/T\ON ami. Charles Bausire, ^-*-^ Pour te parler, est en bas ; Que faut-il lui faire dire?
MONSIEUR, impatienté.
Au diable ! Je n'y suis pas Pour l'intrus, des sots le pire.
Pour le plus grand des pédants!
(Se ravisant.) Plutôt... dis-lui : « Charle attends. »