‹ Mélanges politiques et littérairesChapitre 26 sur 67 · Mi:i,\N(;i:s l'oi.iTioiics kt littehathes · texte numérisé non relu

Mi:i,\N(;i:s l'oi.iTioiics kt littehathes

niinos du ^ci'Nauc s^M-iilairc, j)r()('lam;ul les droils élernols do la raison luimaino. Co programme nrtail pas ('(duid'iin j>arli ou d'uno socto; il n'élail pas fait pour le s(M\ico de Icllc ou Iclle caste, de telle ou telle école; il devait profiter à fhuuuinité tout entière. C'est pour cela (]ue la Révolution de 1781) a laissé une empreinte inefîaçable. C'est pour cela qu'elle a si profondément transformé le monde moderne.

Mais le quatrième Etat? Quelles sont ses traditions? Ouelles sont ses doctrines ? Quel est son but ?

Je vois bien derrière lui, au lieu des grands génies du xvni^ siècle, de prétendus apôtres qui s'appellent Basly, Jaurès, Millerand, Guesde ou Baudin. Je vois bien dans ses rangs des foules brutales ou peu éclairées, qui ne forment qu'une petite minorité dans la nation. Mais quel intérêt général représente-t-il ? A ([uelles pensées élevées et généreuses répond-il ? On a beau lire ses livres, ses journaux, ses revues, ses jjrochures ; on a beau écouter les discours de ses orateurs; on a beau suivre ses conférences débitées dans les réunions publiques, on ne trouve nulle part les pensi'cs vraiment humanitaires, les larges idées qui ont l'ail il y a cent ans la grandeur de ce tiers étal, au([uelil a la prétention de se substituer.

Le socialisme (ju'on nous ])i-èehe aujourdliui ressemble ;i crhii de l(»ii< les lenips et de tous les pays. C'<'st la lutte ('leiiielle du j)auvre contre le riche. Cette lutte est inlK-irnle à tout état social, et, quelles ([ue soient les l'érormes «pic l'on fasse, on n'ari-ivera jamais à su|)primei- la pauvreté et à courber toutes les tètes sous un joug social égalitain^ Il y aura toujours linégalité des loituniis, connue il v ;iura

l'inégalité clos forces dans le domaine physique e( moral des sociétés humaines.

Le socialisme en lui-même, par la sonrce (h)nl il émane el par le but (juil poursuit, n'a donc rien de bien nouveau. Il vit de divisions et de haines; il songe bien moins à créer qu'à détruire.

Il existait déjà à l'origine de la République romaine, lorsque le peuple se retirait sur le mont Aventin et que, pour le ramener, Ménénius Agrippa hii contait l'apologue des membres et de l'estomac. Il existait du temps des (iracques, lorsque des tribuns aml)itieux demandaient le partage des terres. Ouanl au quatrième Etal, il a déjà été au pouvoii* avec Rienzi à Rome, avec Jean de Leyde à Munster, avec ^lasaniello à Tsaples.

Alors comme aujourd'hui certains illuminés prêchaient la communauté des biens, la suppression des héritages, l'aljsorption des familles par un Etat fait à leur image. L'histoire nous apprend que tous ces gouvernements, issus des masses pojuilaires, ignorantes ou égarées, aboutirent à des calamités sans nombre, et finirent l'un a})rès l'autre dans le sang, la folie ou l'imbécillité.

Est-ce à un pareil spectacle que l'on veut convier la France de Montesquieu et de Voltaire ? Est-ce de pareilles scènes que Ton veut ressusciter pai-mi nous ?

La sitnation n'aurait certes rien de bien inquiélant en soi, si nous avions un gouvernement fort, fermement décidé à protéger la liberté de tous et à imposer à une minorité turbulente le respect de l'ordre et des lois. Malheureusement depuis quelques années, tous les ministères (jui se succèdent chez nous

120 Mi:i.\Nr.F.!^ POI.ITIOI'ES r.T iitthuaires

Ijrilk'iil i>ar liMir faiblesse devanl les oini)iélemoiils incessants du socialisme révolnliounaire.

Devanl une pareillel'aihlesse, les intérêts s'alarment, les conscienec^s se troublent. Par contre, l'audace du «lualrième l^tal i;i'aiulit. S'appuyanl sur la complicité des radicaux, qui siègent au gouvernement, il parle déjà en maître. Il traite avec les ministres de puissance à puissance, et il déclare (pi'il ne reculera pas, s'il le faut, devant une révolution violente pour mettre la main sur le pouvoir et pour imposer à la France l'application de ses doctrines.

Il est temps que la bourgeoisie se réveille si elle ne veut pas payer les frais de cette campagne, qui s'organise au grand jour. Il y va de son repos, de son bien-être et de sa fortune. Elle est menacée dans ses intérêts, dans ses croyances et jusque dans ses relations familiales. Les événements qui se sont passés récemment au Creusot, à Montchanin, à Troyes, à Carmaux, partout où se trouvent des agglomérations (!<' travailleurs, les manifestations bruyantes de liourses du travail, tout prouve qu'on se dispose un peu partout à lever l'étendard de la révolte. La France ressemble à une immense fournaise, où bouillonnent des intérêts ennemis prêts à en venir aux mains.

Tout prouve qu'une coalition est en train de se conclure <'nlre b's diverses fractions du parii radical et des j)arli^ i(''V()luli(»nnaii-es. ('elle coalition se poursuivra jus([ue sui- le terrain électoral. .Jamais la s(»(i(''té fi-an(;aise, lelb^ (|u'elle est sortie du mouveiiK'iil lilxMal (le i7S(),n"a (''!('' exposée à un j)lus grand l)éril.

Une s'agit plusici de monarcliic ou de républi(]ue.

La qiioslion de forme gouvernementale a été tranchée par une foule de scrutins, qui ne laissent aucun doute sur les sentiments du pays. Trente années d'existence donnent à la Réi)ublique une légitimité qui la place au-dessus de toutes les résistances et de toutes les discussions possibles.

La question n'est donc plus de savoir si la république existera, mais quelle sera cette république.

Il y a deux éléments en présence : l'élément républicain conservateur et l'élément radical socialiste. Ces deux éléments représentent des idées totalement différentes, des intérêts et des aspirations absolument contraires. A l'un sont rattachés l'ordre et la liberté, à l'autre la tyrannie et le bouleversement. De quel côté aller ? A quel Dieu sacrifier ! Il faut qu'on le sache bien, on se trouve en présence de deux politiques et de deux républiques inconciliables.

Pour tout homme de bon sens, il n'y a pas d'hésitation possible. Les radicaux, ayant tendu la main aux révolutionnaires, ont rendu impossible dans l'avenir toute concentration républicaine. Il y a moins de distance entre les républicains modérés et les conservateurs qu'avec les groupes de l'extrême gauche. Sur le terrain économique et social, tout sépare les modérés et les radicaux, tout les rapproche au contraire des conservateurs. Qu'on le veuille ou non, dans les élections futures, par la force des choses, toute la lutte portera sur le terrain de la défense sociale.

Êtes-vous pour la conservation sociale ou pour le bouleversement social? Telle est la question à laquelle le pays aura à répondre.

122 >ii':lan(;i:s pot.itkjies kt i.iTTi;i{\inRS

Il lani donc (|U(' tirs aujoiirdlmi on so prépare on vue de colle alliance nécessaire. A la coalition des forces révolutionnaires il l'aul répondre par la coalition des forces conservatrices. De l'alliance seule entre les républicains modérés et les ralliés d'aujourd'hui qui seront le contre-gauche de demain, sortira un gouvernement solidement assis, qui aura assez d'autorité pourfra}»por d'impuissance les factions qui s'agitent, pour protéger la Répuhliiiue contre ses })ropros excès, et pour faire rentrer dans leur lil les Ilots profondément troublés.

La création d'un parti r(''i)ublicain conservateur ne date pas d'ailleurs (raujourdhui. l^lle a été la préoccupation constante des vérital.dcs fondateurs de la Pvépul)li({ue.

M. Thiers avait le premier formulé sa pensée dans celte phrase devenue célèbre : « La République sera conservatrice ou elle ne sera pas ! » riambella, investi des responsabilités du pouvoir, avait mis cette formule en prati({ue. Son premier soin, comme président du Conseil, avait été de nommer le généial Miribel chef d'état-major général de l'armée, etJ.-J. Weiss directeur du personnel au ministère des vVffaires étrangères. Jules Ferry, plus catégorique encore, dans un discours prononcé au Havre en 188^1, n'avait pas craint do (h'cinrer (pie le péril était désormais à gaucho.

11 m'est arrivé quelquefois, surtout dans les dernières années de sa vie, d'avoir avec Jules Ferry de longs entretiens politiques. J'ai toujours remarqué chez lui celle |)réoccupalion de fonder un parti républicain conservaleur pour servii- de conirepoids aux agitateurs populaires. Api'ès sa nomiiudion conmie président de Sénat, il se disposait à se livrer active-

mont à cette tache lorsque la mort vint le surprendre. La concentration du parti modéré avec les groupes d'extrème-gaïu'he n'avait pas désormais d'adversaire plus résolu ([ue lui.

Assurément, si, en dépit de tous les efTorts, le socialisme révolutionnaire venait à triompher, ce triomphe serait de courte durée. Il ne réussirait jamais à implanter chez nous ses doctrines chimériques et son règne extravagant. ÎMais au prix de quelles ruines et de quelles catastrophes! La guerre civile au dedans, notre isolement au dehors, notre existence nationale compromise, tel serait le résultat infaillible de sa domination éphémère.

Il en sortirait sans doute un dictateur qui remettrait tout à sa place ; mais l'expérience nous a appris que les dictatures ne valent guère mieux que les révolutions. Notre intérêt suprême est de savoir éviter les unes, pour ne pas rendre les autres nécessaires.

SOUVENIRS DE LA GUERRE DE l'iNDÉPENDANCE

Courage Madi?yars! Un ennemi parjure Menace vos autels, vos foyers, vos drapeaux. Armez vos bras guerriers de votre lourde armure, Et de vos libertés défendez les lambeaux!

Vous (Mes bien les fds de ees races de braves, Qui, sur le sol romain roulant comme des flots, Secouèrent le Joug qui les tenait esclaves Et furent du i)r(»grès les hardis matelots. Du vieux monde écroulé renversant les idoles, Bnpiisaid le iiouvraii \V\\\\ lt;ii)lènie de feu, Ensendjle ils s'avançaient, sans astres, sans boussoles, Conduits i)ar la victoire et par la main de Dieu.

Courage! TaviMiir Ix'nil voire l)annière;

Les siècles étonnés répètent votre nom.

Le soleil sur vos fronts verse à flots sa lumière.

L'étoile d'un grand peuple a lui sur l'horizon.

Audacieux et fiers, ils In'avent les Ijatailles, Ils mêlent leurs accents à la voix du tambour; Leurs corps sont sillonnés par les feux des mitrailles. Ils marchent au combat comme à des jeux d'amour. Souriant à la mort sur le ])ord de leurs tombes, Ils foulent les canons sous leurs pieds triomphants; Et dans leurs rangs vainqueurs, lorsque éclatent les

[bombes.

Au bruit de la tempête ils bercent leurs enfants.

Courage! le Danube au roulis de son onde Mêlant le sang des rois dont ses flots sont rougis, Aux sinistres lueurs de la guerre r|ui gronde, Tressaille et bat des mains, et dit : — Ce sont mes fils!

0 combats de géants! O prodige! o mystère! Pendant deux ans entiers ce grand peuple est debout. Broyant les nations dans son large cratère, Il s'élance, il rugit comme un volcan qui bout. Chaque héros qui meurt en cette lutte humaine Étreint dans ses baisers le sol ensanglanté Et son dernier soui)ir, en tombant dans la plaine. Est pour vous, ô patrie! et pour toi, liberté!

Courage! de ses fils Dieu t'a confié l'arche, Il a mis dans tes mains le mystique flambeau. L'humanité te suit, o peui)le ! ouvi'e la marche... Avant-garde intrépide, arbore ton drapeau!

126 MKLANJ.Ks l'oi rii(>ri:s i;i- MrTi:i<Mni:s

Morne rniimic un l(>nil>r;iu. lAuslrasi»' «''puisro, Se voilant (11111 lonu: (U'nil sous le poids du rcuioni, I^rodii^nic vaiiirnicMit, dans sa rairc ins(MiS(''(\ A les noidcs cilrs la ruine ol la nnu'l. Son cIkM" liuniilié, triste, en-auL solitaire. Sentant le sol li'ondjler sous ses j)ieds incertains, Fantôme (rempereiir, laisse tonibei- par terre Le sr-epli-e inqx'i'ial ('(iiapix'' de ses mains.

Conracre, amis!... l)<\jà les nations en letes, Poni' vous tendre les bras sont del)ont sur le Rhin, La vietoii'e vous suit et les chants des poètes Hurinent vos grands noms dans le marl)re et l'airain...

Mais hélas! Les vaulouis de la Sainte-Alliance, l^liis nombreux que les flots de la mer qui mutrit. Jetant leurs bataillons dans la croisade immense, Essaim tourbillonnant, s'élancent de leur nid. En vain vruis invor(uez la justice éternelle! Le dernier des Habsbouri^, qu'alfole le danger. Pour défendre et garder son trône qui chancelle, Fait un appel impie aux Itras de létranger.

Courage!... le martyre est le sceau de la gloire... Pour rimniorlaliser il s'empared'un nom.

Lorsrpie sui' vos dr.ipeaux vous écriviez : — Victoire ! Sur celui des Ilabsbourir on lisait : — Ti-ahison!

P<'uple ! (|u;ind tu jomb.-is d.ins la lutte sanglante, L'Euroi>e, triste et moiiie, escorta ton cercueil ;

Le soleil suspendii sa course rtiiicelante, Pairie et Liberté se voilèrent de deuil... Au milieu des États et des i)euples sans nombre Par ta voix en mourant un long cri fut jeté : Plus d'une nation qui sommeillait dans Fombre, Réveillée en sursaut, répéta : — Liberté!

Courage ! La justice et les vérités saintes Germent le plus souvent dans le sang et les pleurs ! Quand Toubli planera sur les haines éteintes, Dieu sera votre juge et vos fils vos vengeurs.

En vain, cruel Haynau, barbare d'un auti-e âge,

Vautour inassouvi, tigre altéré de sang,

Hyène que jamais n'apaise le carnage.

Tu suspends sur leurs fronts ton glaive menaçant...

On n'abat pas le tronc en détruisant la feuille,

Car Dieu créa la sève en créant le rameau,

Et, de même qu'un arbre, un peuple qu'on effeuille^

Au printemps reverdit plus robuste et plus beau...

Courage ! Et vous, martyrs, qui dormez sous vos pierres, Sur vos tombeaux, témoin d'un glorieux trépas, Vos fils, fiers héritiers de vos vertus guerrières. Iront semer des fleurs qui ne périront pas !!!

Mai i85o.

Enfui, il vint un j^)ur où, secouant ses chaînes, Et de Torgueil des rois l)risanl les pompes vaines, La France réveilla le siècle épouvanlé.

Comme un sillon de l'eu dans une nuil proConde, Tout un i)euple apparut sur la scène du monde, Poussant un cri de lil)erté.

El les lois, el les mœurs, et les dieux, et les troues, El le passé, vieillard ceiiil de pâles couronnes, Henirèreid poui* jamais dans leur cercueil l)('ant ; i]| le peuple nouveau sui' l'Europe alarmée Tonna [x-ndaid \\\\'j;[ ans et vomit son armée Comme les laves d'un volcan.

El lionie, et rilalic, cl l'Asie, et le monde \'inrenL comme un tribut, dune moisson féconde

De lauriers et de gloire enrichir les vainqueurs; Et dans leurs murs lointains les cités de la terre Virent llotter les plis de la jeune bannière, De la bannière aux trois couleurs.

En vain les rois du Xord ({ue la IVayeur emporte, Invoquant les blasons de leur majesté morte, Lancent sur tes aiglons h^urs bataillons maudits; En vain ils sont ligués pour te réduire en poudre, France!... ton bras puissant ravit auxcieux la foudre.. Les vautours rentrent dans leurs nids...

0 France ! dans cette nuit sombre, Où tu brillais comme un flambeau ; Où les rois s'agitaient dans fombre Pour t'étouffer dans ton berceau, Il fallait que ta foi fût sainte Pour résister sans nulle crainte A tous ces ouragans de feu.

Pour soutenir ta cause juste.

Il fallait que ton glaive auguste Fût conduit par la main de Dieu !

Comme un vaisseau que la tourmente Pousse sur Tabîme des flots, Tu flottais sur fonde écumante Sans boussole et sans matelots...

i:^,0 Mi:i.\N(;i:s politioies et utteraires

Oli ! alors lu lus uiaijrinli(iuo !...

Ton cœur, i)ar un ôlan inai^ntiuc, Apùlre (le riiunianilé, N'avait })our t^aiidiT son couraye Que Favenir i)oui' seul j-ivaye, Pour j)liare (jue la lil)erlé.

Soudain l'apportant la victoire Apparurent sur ton chemin Deux hommes couronnés de gloire, Marqués au Iront du sceau divin.

Se jouant au sein des tempêtes, Lun d'eux promena ses conquêtes Plus loin qu'Alexandre et César; Et sur le sol que son pied Tonle Les rois vaincus venaient en loule Servir de cortège à son char.

L'autre, héros des temps antiques, Grand par son nom, par ses vertus, Scudjlail un lils îles i"éj)uljliques Des Caton, des Cincinnatus...

Comme un rocher sur le l'ivage Tri()iiq»he des bruils d(.' l'orage, Des Ilots, de la foudre el des vents, Ainsi, sans haine et sans envie.

Tu vis, o Lucien, liiicendie I)('Voi-er les parlis nionvaids.

Assis au seuil du nouveau uioiidc Comme un jtilote au sein des mers,

Tu criais dans la nuit profonde A Taigle qui Tendait les airs :

Crois-moi ! Suspends ton vol rapide !

Prends garde dans la marche avide D'oublier Faire où tu naquis !.., La foudre peut le casser l'aile, De l'Océan l'onde éternelle Peut t'engloutir dans ses replis.

La trahison et le parjure Ternissent les noms les plus grands.

Laisse pour une gloire pure Le sceptre imj)ur des conquérants !

Le peuple traîne aux gémonies Les grands hommes dont les génies Se dressent des autels pompeux, Et qui, dans leur orgueil suprême, Changeant l'épée en diadème, Oublient qu'ils ne sont pas Dieux...

Mais lui, sous la voûte éclatante, L'œil fixé vers Fastre des jours, Suivait sa course étincelante Et vet's les cieux montait toujours...

Il défiait les vents, la foudre, Et les canons noircis de poudre, Et les deslins et les hasards ; Et, porté par le flux des ondes, Il leva son front sur deux mondes, Ceint de la pourpre des Césars...

132 Mi;i.\N(.i:s i'()i.mori:s i;t i.i rTi:HAini:s

\\c\c enrayant ! tlôlire cxlrrme !

Orgueil iiniiiciise vl surhumain !

11 voulait connue Dieu lui-uièinc Poi'ter le monde dans sa main.

Il voulait dans sa gloire altière A sa voix dominer la leire Par ses projets audacieux ; Et, nouveau Titan de la Table, Par un prodige formidalde Escalader de nouveaux cieux...

Lucien ! dans ce brasicM' immense, Où se tordait rHumanité, Tes conseils furent pour la France, Ton culte pour la Liberté.

Tandis ipie le géant superbe Fauchant les peuples comme l'herbe, Henfernuiit un siècle en vingt ans.

Sur ce siècle ({ue son bras l'onde Tu tendais une main féconde Aux ai'ts, aux letlres, aux lalejds.

(iloire à toi 1 gloire à son génie I Gloire à ses exploits éclatants!

Tous deux ser\îles la l)ati'ie, l'^t tous les d«'ux vous fûtes grands.

France! tandis cpie par Tépée I/iin bàlissail ton ('pop(''e

Et dans le bronze et dans l'airain, L'autre, des fleurs que la paix donne Formant une belle couronne, En ornait ton front souverain...

Et pourtant, où sont-ils?... Après ce bruit immense Ils dorment du sommeil de Téternel silence. Le linceul de la mort couvre leur vaste front : Il ne reste rien d'eux que leur grande mémoire Et les bourdonnements que l'hymne delà gloire Fait sans cesse autour de leurnom...

Tous deux morts dans l'exil !... Sur de lointaines plages Tous deux ont expié dans de vastes naufrages. L'un ses exploits guerriers et l'autre ses vertus... Le ciel a des secrets que nul ne peut comprendre... Après l'avoir proscrite, on honore la cendre

Des grands hommes qui ne sont plus ! ! !

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