JUVÉNAL
Je cherche vainement le sommeil sur ma couche... Toujours devant mes yeux un fantôme farouche Se présente, et me dit, en me tendant les bras, Des mots mystérieux que je ne comprends pas. Voltigeant près de moi, des spectres, et des ombres, Lugubres habitants venus des rives sombres, Répandent autour d'eux une odeur de tombeaux, Et portent devant moi leurs (unèbres flaml)eaux... Pourtant comme un brasier je sens mon cœur qui
[brûle :
Une llamme inconnue en mes veines circule. L'amour, Famour fatal sous ces lambris déserts Allume dans mon sein tous les feux des enfers.
300 Mi:r,\\f:ES politiques i:t littehaires
Je cherche le silence et, tronil»hiiit(\ allristée,
Quand je l'ai rencontré, je luis épouvantée...
Qu'importe !... avec orgueil th'lîani le trépas,
Je brave le démon qui s'attache à mes pas,
Kt dont le bras cruel, me prenant pour victime,
Me pousse à chaque instant dans le fond de ral)îme...
O vous, cruelles sœurs, pâles divinités,
Qui tranchez aux enfers nos jours qui sont com|)tés,
Kxcitez contre moi les sombres Euménides !
Percez-moi sans repos de vos Hèches perfides !
Mais, avant de mourir, une dernière fois.
Je veux que les plaisirs accourent à ma voix.
Je veux pendant la nuit, sur les places de Rome,
Loin de ces murs maudits, errant comme un fantôme.
Pour l'ardente débauche orner mon front vainqueur !
Je veux de mes esprits apaiser la langueur,
Et, dans les carrefours de la cité latine,
Chercher des passe-temps dignes de Messaline !