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LA PAROLE INTÉRIEURE
ne pas même abandonner un instant le droit de réfléchir et d’examiner, à travers les facilités croissantes de la routine que nous créons nous-mêmes, à garder notre attention toujours jeune, vive, en éveil, toujours inquiète, en renouvellement et en progrès. De ce chapitre nous pouvons dire comme de celui qui le précède que, malgré l’intérêt de ces questions, la plupart de celles qui s’y trouvent traitées se rapportent plutôt à une théorie du langage qu’à un travail de psychologie descriptive sur la parole intérieure.
Au demeurant, c’est vraiment là le seul reproche que nous puissions faire à cette monographie d’un phénomène très curieux à suivre dans les circonstances de sa naissance et les variétés infinies des formes qu’il revêt. Beaucoup d’étude et d’observation, une rare finesse et une sagacité qui se joue dans les nuances les plus délicates de l’expérience interne, un soin particulier appliqué à rendre exactement ces nuances, il y a là plus que des promesses, il y a déjà la preuve faite d’un philosophe exercé et d’un écrivain qui deviendra excellent quand il consentira à être toujours clair et à se priver de l’expédient trop facile des néologismes.