‹ Mélanges posthumes d'Adam Mickiewicz, première série [microform]Chapitre 4 sur 59 · DEDICACE. K · texte numérisé non relu

DEDICACE. K

vrée par ses chefs et abandonnée par ses fils plutôt encore qne taîncae par Tennemi. Dieu a épargne au martyr cette amertume.

Lui, qui faisait passer les intérêts de la nation avant les questions de parti, qui, lors de la guerre de Crimée, souhaitait hautement la défaite des Russes, dût quelque gloire en rejaillir sur TEmpire^ il eût trop souffert de voir les hommes et les partis rivaliser d'indifférence envers la patrie, uniquement préoccupés^ de s'ouvrir les avenues du pouvoir et spéculant à Tenvi sur les désastres publics : ceux-ci mentant quotidiennement au peuple et même adoptant ses vœux pour mots d'ordre afin de le tromper plus sûrement , ceux-là mendiant de cour en cour des alliances impossibles et se consolant que la France fût rapetissée puisqu'elle se trouvait ainsi à leur taille et que les rênes du gouvernement descendaient à la portée de leur main!

Lui, si chevaleresque, qui ne savait point calculer le danger, encore moins le mettre en balance avec le devoir^ et qui, sous le pressentiment de catastrophes nationales, disait avec feu mieux aimer subir vingt ans de despotisme que de revoir les étrangers en France, parce qu'un despote finit toujours par mourir, tandis qu'une nation, lorsqu'elle est une fois déshonorée, il peut se faire qu'elle ne se relève jamais , — son cœur se fût brisé à la nouvelle que trois armées fi ançaises, chacune de plus de cent mille hommes, s'étaient rendues prisonnières de guerre, avant même d'avoir brûlé la dernière cartouche, et qu'une gf ande ville comme Paris avait capitulé avec six'cent mille hommes armés!

Lui, qui avait à un si haut degré le sentiment de l'énergie, de la dignité et de l'honneur français, — il se fût senti mourir de honte à la pensée que, dans cette nation de

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