‹ Mélanges posthumes d'Adam Mickiewicz, première série [microform]Chapitre 5 sur 59 · F DEDICACE · texte numérisé non relu

F DEDICACE

brayes, il pût arriver an moment où la couardise devint le premier des titres électoraux^ où, de préférence à tous, le suffrage universel choisît ceux qui étaient le plus résolus à la paix à tout prix, et où l'Assemblée ainsi élue élût à son tour pour cbef de la République celui qu'elle supposait de* voir être le plus agréable au vainqueur et aux autres rois de l'Europe !

Républicain militant et plein de tendresse pour ceux qui souffrent, il fût toujours resté avec le peuple ; mais il n'eût pas toléré de massacres, d'exécutions sommaires, d'égorgements sans jugement, — lui qui jadis avait prononcé cette noble parole : f Quand nous combattons, nous voulons que ce soit à égalité de champ et de soleil. »

On va répétant aux Français qu'ils ont été vaincus parce qu'ils manquaient d'instruction, non de courage. J'aime mieux cette fière réponse d'un ancien volontaire de 1792, promu général de division sur le champ de bataille d'Austerlitz, qui, sur ses vieux j^urs, racontant comment^ à l'époque de la levée en masse^ le bataillon de la Côte-d'Or avait élu un perruquier pour commandant, reprit sévèrement son fils qui souriait: ail ne faut pas rire, lui cria-t-il, il n'y avait pas d'instruction en ce temps-là, mais il y avait du patriotisme. »

Les volontaires de 1870 étaient assurément plus instruits que ne Tétaient les volontaires de 1792 : la vérité est que c'est surtout le patriotisme qui fît défaut.

On trouve commode d'expliquer la défaite par une cause qui décharge de la responsabilité actuelle «^t qui permette d'ajourner logiquement tout effort à une ou deux générations. Il est d'ailleurs plus facile d'apprendre ce qui est écrit dans des centaines de volumes, que de faire un seul jour ce qu'exige le devoir. L'instructivon est une bonne

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