‹ Mélanges posthumes d'Adam Mickiewicz, première série [microform]Chapitre 50 sur 59 · DU RÔLE DE PUSZKIN ET DE SON INFLUENCE · texte numérisé non relu

DU RÔLE DE PUSZKIN ET DE SON INFLUENCE

Sous le règne de l'empereur Alexandre I" commença une réaction, prélude d'une révolution slave contre l'esprit dominant à Pétersbourg. Quand, après le congrès devienne, l'empereur fut rentré dans ses États, une haine générale s'éleva dans la génération nouvelle contre la dynastie des Romanow. Pour la première fois, on se met à conspirer, en vue de renverser la dynastie régnante ; on tente une révolution dans le sens propre de ce terme, une révolution comme celle de la France, un renversement pour marcher vers un but déterminé.

Les hommes de lettres, qui étaient presque tous administrateurs ou of&ciers de l'armée, entrent dans cette conspiration j la littérature russe, vers l'année 1820, passe tout entière du côté de l'opposition, s'enferme, vis à vis du gouvernement, dans un silence menaçant. La Russie présentait alors un spectacle singulier : un monarque puissant, révéré dans toute l'Europe, auquel il suffisait d'envoyer à un écrivain étranger une bague, une tabatière pour avoir des poèmes, des livres écrits à sa louange, et faire insérer, dans les journaux français et

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anglais les plus accrédités, des articles défendant sa politique, louant sa personne, ce monarque ne pouvait plus alors obtenir une seule strophe d'aucun poète russe, un seul article d'un écrivain de quelque renommée. On allait jusqu'à faire des avances à des hommes ignorés pour qu'ils voulussent bien insérer dans un livre ou dans un journal quelques mots d'éloge de l'empereur, et encore ne pouvait- on rien obtenir : l'opinion publique eût condamné l'écrivain assez faible pour se laisser séduire. Toute la littérature ne faisait qu'un vaste ensemble d'opposition. Bientôt une voix s'élève, elle domine tout ce mouvement et commence une époque nouvelle dans l'histoire russe : la voix d'Alexandre Puszkin.

La première strophe que lança. Puszkin, strophe empreinte d'un sombre jacobinisme et d'une haine profonde contre tout ce qui existait, parcourut toute la Russie. Bientôt le nom de Puszkin devint un mot de ralliement pour tout ce qui était mécontent en Russie ; on colportait ses poésies, on les commentait depuis Saiût-Pétersbourg jusqu'à Odessa, jusque dans le Caucase ; dans toutes les garnisons on chantait son Ode au poignard; chacun y retrouvait ses sentiments.

Quant à la vieille littérature, on continuait à l'enseigner dans les écoles, à suivre ses préceptes dans les Uvres, le public l'oubliait. Devant Puszkin disparaissaient peu à peu Lomonosow et aussi Dierzawin, déjà vieux et comblé d'honneurs et de gloire. En même temps, les poètes nouveaux comme Zukowski, homme d'un grand talent, et Batiuszkow, se reliraient déjà à l'arrière-rang;

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OU admirait encore, on aimait toujours beaucoup leurs poésies, mais on ne s'enthousiasmait plus pour eux : l'enthousiasme était pour Puszkin.

Puszkin sortait du lycée impérial dirigé par des Français. Son éducation classique avait été un peu négligée; mais il avait beaucoup lu, surtout les livres français. Il étudiait aussi les ouvrages de Zukowski, dans le genre de la vieille poésie slave ; mais par-dessus tout il admirait Byron. Puszkin commença par imiter tout ce quMl avait trouvé avant lui dans la littérature russe; il fit des odes dans le même ton que Dierzawin, mais beaucoup mieux que lui; comnie Zukowski, il imita les vieilles poésies russes, et le surpassa par le fini de la forme, et surtout par la largeur de ses compositions. En dernier lieu, il imita lord Byron, chez lequel il prit et la forme et le fond de ses idées. Ses héros rappellent Lara, le Corsaire, et d'autres types du grand poète anglais.

D'ordinaire, un écrivain passe par les écoles qui l'ont précédé; il traverse les différentes sphères du passé pour s'élever à l'avenir.

Après avoir imité lord Byron, Puszkin imita aussi, à son insu, Walter Scott. On parlait alors généralement de la couleur locale, des connaissances historiques, du besoin de reproduire Thistoire dans la poésie. Les dernières compositions de Puszkin flottent entre ces deux tendances. Tantôt il est Byron, tantôt Walter Scolt. Il n'est

pas encore lui-même.

Le plus original de ses poèmes, Onoghin^ ouvrage qui sera lu avec plaisir dans tous les pays slaves, et res-

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tera pour toujours le monument de cette époque, nous rappelle le Don Juan de lord Byron, Puszkln^ jeune encore^ lança au hasard la première partie de cet ouvrage; en y ajoutant des chapitres successifs, il en forma un poème de huit chants, admirable de composition et surtout de style. Puszkin n*est pas aussi fécond, aussi riche, ne s'élève pas aussi haut que Byron dans ses aspirations ; il ne plonge pas aussi profondément dans le cœur humain ; mais il est plus régulier^ mieux soigné dans sa forme. La donnée d'Onéghin est extrêmement simple : c'est l'histoire de deux jeunes gens amoureux de deux jeunes filles. L'un de ces jeunes gens périt dans un duel; Taulre se retire de la scène, et ne reparait que vers la fin du roman. Cette donnée était bien modeste pour un long poème; mais dans les scènes de la vie do^mestique, dans les paysages de la nature russe, Puszkin a su trouver ime infinité de motifs, tantôt comiques, tantôt tragiques et romanesques. Son style est une admirable prose qui change à chaque moment, sans qu'on s'en aperçoive, de forme et de couleur. Du ton de l'ode on descend à celui de Tépigramme, et, au milieu de cela, on trouve des scènes d'une grandeur presque épique.

Ce poème est empreint d'une tristesse plus profonde que celle qui règne dans les poésies de Byron. Puszkin, nourri de romans, après avoir partagé les sentiments de ses amis, jeunes et fougueux libéraux, éprouve de cruelles déceptions : de là son désenchantement de tout ce qui est grand, de tout ce qui est beau sur la terre.

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Son hdroïne, Olga, est une fille russe, jeune et l)ellp, élevée à la campagne. Un officier Taimait avec toute la passion et toute la simplicité d'un poète ; il périt d'une manière tragique, tué dans un duel. L'héroïne épouse un autre officier^ et reste fort heureuse et fort tranquille.

L'antre femme, d'un cœur ardent, qui n'a lu que des romans, qui a vécu dans les sphères imaginaires, qui a des rêves, des pressentiments, est amoureuse d'un dandy, d'une espèce de byroniste, passant sa vie à jouer aux cartes, à s'ennuyer et à ennuyer tout le monde ; elle trouve en lui son idéal. Le dandy la quitte et la dédaigne. Elle épouse un gros général. Le Child-Harold russe la retrouve ensuite dans les salons de Saint- Pétersbourg, heureuse et admirée. Il devient alors amoureux de cette même femme qu'il avait jadis méprisée; à son tour, elle le repousse avec la froideur et le dédain d'une femme du grand monde.

En écrivant les scènes des premiers chapitres de son roman, Puszkin n'avait probablement pas d'idée arrêtée sur le dénouement, parce qu'il n'aurait pu décrire avec tant de tendresse, tant de naïveté et de force, les amours de ces jeunes gens, pour les terminer d'une manière aussi trisie et aussi prosaïque.

Dans son Onéghin, Puszkin,* en. dépeignant le byroniste, fait son propre portrait : «t C'était un homme enclin à la rêverie , original sans afiectation, ayant l'esprit froid et tranchant. » Puszkin était tel. Un autre personnage du roman, un jeune Russe, élevé dans les pays allemands, portant une longue chevelure, ad-

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mirateur de Kant et de Schiller, enthousiaste et rêveur, représente une certaine époque de la vie de Puszkin. Le poète a prédit son propre sort I Puszkin a péri, comme le jeune Wladimir, tué par un ami à la suite d'une querelle insignifiante.

Le sentiment dominant de ce poème est la haine contre ce qu'on appelle la mode, le ton de société. On y voit les deux amis s'aimant sincèrement et obligés de se battre, l'un influencé par l'opinion de son valet de chambre français, l'autre dominé par un gros fonctionnaire russe qui s'ennuyait à la campagne, et voulait trouver une distraction dans un duel dont il serait le second. Les femmes n'y paraissent souvent avoir d'autres principes que l'opinion des salons.

Dans le temps où Puszkin écrivait son poème, ses amis continuaient à conspirer contre le gouvernement. Les conspirateurs suivirent les errements de toutes les anciennes conspirations. Us se décidèrent à prendre un nom dans la famille impériale, et à le mettre en avant comme celui d'un prétendant au trône. L'emifereur Nicolas croyait seulement que quelques bataillons hésitaient à le proclamer empereur. Grâce à cette ignorance, il conserva le sang-froid nécessaire. Quelques coups de canon dispersèrent la foule. On se saisit des conspirateurs. Ainsi finit une conspiration généreuse, tentée pour améliorer l'état des peuples slaves. ( 14/25 décembre 182S.) Les sociétés secrètes étaient composées de tout ce qu'il y avait de plus généreux, de plus fort, de plus enthousiaste, de plus pur dans la jeunesse russe : personnQ n'y avait en vue ses intérêts personnels.

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Puszkin échappa (l*uae manière miraculeuse. A la nouvelle de la mort de l'empereur^ se trouvant à la campagne^ il accourait vers la capitale, lorsque tout à coup il rencontra un lièvre. Chez les Slaves, c'est un mauvais signe. Puszkin, quoique superstitieux^ continua néanmoins son chemin. 11 rencontra bientôt après une vieille femme^ et un peu plus loin, un pope ou prêtre russe. Alors son cocher, quittant son siège, le conjura à genoux de retourner sur ses pas. Puszkin se rendit à sa prière, et lui dut son salut ; autrement il serait mort avec Ryleyew^ ou aurait fini sa carrière dans les mines de Sibérie.

La chute des conspirateurs réagit sur Puszkin. Dès ce moment^ il perdit le courage et Teuthousiasme politique, il commença à déchoir: on put s'en apercevoir à ses poésies. Il ne s'avoue pas encore à lui-même qu'il s'est jusqu'alors trompé; mais, dans son intimité, il parle quelquefois de ses anciens amis, de leurs idées, avec amQ;?tume et légèreté. Sur ces entrefaites, l'empereur l'appela auprès de lui. Pour la première fois depuis que la Russie existe, l'empereur parla à un hoiùme n'ayant aucun titre pour se présenter devant le souverain. L'empereur lui confie ses sentiments; il croit que la Russie le déteste pour avoir supplanté le grand-duc Constantin; il s'excuse presque devant Puszkin de s'être emparé du irône ; il l'engage à écrire, se plaint de ce qu'il est devenu silencieux, a Si vous craignez la censure, lui dit-il, je serai moi-même votre censeur. »

Puszkin fut touché, et se retira tout ému. Il disait à ses amis étrangers qu'eu entendant parler l'empereur.

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il avait senti qu'il ne pouvait que lui obéir, a Que je voudrais le haïr I » disait-il, « mais pourquoi le hairais-je ? » Puszkin n'osait pas dire sa pensée à ses compatriotes, qui commençaient à le soupçonner. Gomme il était devenu plus prosaïque dans ses sentiments, qu'il commençait à se moquer de l'enthouz^iasme exagéré, du philosophisme et du libéralisme, on le crut vendu au gouvernement. Cette opinion remplit son âme de tristesse; se croyant abandonné du public, trahi par tout le monde, il prit en haine le public, lança des épigrammes féroces contre ses anciens amis.

Il y avait du vrai au fond de ces reproches mutuels que se faisaient le public et Puszkin. Le public abandonnait Puszkin, non par haine pour sa personne, mais parce qu'il ne trouvait plus en lui son point d'appui. Il aurait voulu trouver dans son poète favori un directeur de conscience ou plutôt un directeur d'opinion : a Vous nous avez prédit, disait le public, une conspiration sanglante, et elle a eu lieu; vous avez prédit la fin des opinions exagérées, romauesques, et nous voilà dans le désenchantenient. Maintenant, qu'est-ce que vous nous prédirez pour l'avenir? Qu'est-ce que nous devons faire ? A quoi devons-nous nous attendre? » Et Puszkin ne savait plus que dire à son public. Il se voyait au milieu d'une atonie générale. Les idées politiques de la jeunesse, les souvenirs anciens des pays slaves, les idées romanesques des poésies de lord Byron, tout ce qui se trouvait dans le cœur de la société slave civilisée, tout avait été remis sous les yeux du public, tout avait été réalisé dans de belles poésies. Mais il fal-

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lait faire un pas en avant , et Puszkin n'en avait plus la force.

Telle fut la fin de la littérature russe moderne. Puszkm ferme la marche de la littérature russe, telle qu'elle s'est formée sous l'influence de Pierre le Grand. li y a certainemeiît de grands talents parmi les poètes et les prosateurs qui ont survécu à Puszkin, mais réellement la littérature russe a fini avec lui. Il est mort, cet homme si haï et si persécuté par tous les partis ; il leur a laissé la place libre. Qu'est-ce qui Ta remplacé? Des écrivains d'esprit? Puszkin n'était-il pas beaucoup plus spirituel qu'eux tous? Des auteurs de ballades et de sonnets? Puszkin n'en^a-t-il pas composé de plus beaux? Quelle route nouvelle tenteront-ils? Avec les idées qu'ils ont, il leur est impossible de faire un pas en avant; la littérature russe est enrayée pour longtemps. Pour citer une autre opinion que la mienne, voici ce que le prince Wiazemski, un des critiques les plus distingués de la Russie, dit à ce sujet : a Le peuple russe demande une littérature. Jusqu'à présent, la littérature a pris tous les caractères : elle a été française, allemande, romantique, classique, elle n'a jamais été russe. »

Quelle est l'idée que se font les poètes slaves de leur mission et de leurs devoirs? En jugeant l'art et les productions artistiques, ils en confondent la forme avec le fond, la parole avec ce dont elle est l'expression; et tout y est renfermé dans un seul mot : l'action. Ainsi, d'après Bohdan Zaleski, ce n'est pas le désir de chanter les exploits de quelques chefs célèbres, ce n'est pas l'amour

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de la popularité, ce n'est pas Tamour de Part qui peut former un poète : il faut avoir été prédestiné, il faut avoir été attaché par des liens mystérieux à la contrée que Ton doit chanter un jour, et chanter n'est pas autre chose que révéler la pensée de Dieu, qui repose sur cette contrée et sur le peuple auquel appartient le poète.

En Russie, Puszkin, cherchant à se rendre compte de son existence littéraire et poétique, voulait aussi tracer tout d'abord le chemin qu'il était obligé de suivre. Il existe trois pièces de ce poète sur le même sujet, sur la vocation du poète : Un sonnety une pièce dé vers intitulée le Prophète^ et une autre pièce que nous allons lire. Le sonnet, d'ailleurs très-beau, exprime les idées reçues dans rOccident, d'après lesquelles le poète est représenté comme artiste indépendant de l'opinion de ses critiques et de ses juges, et qui doit seulement avoir en vue la perfection de son œuvre. Il déifie ainsi l'art dans ce sonnet ; mais, plus tard, et dans la plus belle époque de sa vie, dans le moment où il avait la conscience de sa force, Puszkin écrivit la pièce intitulée le Prophète; il s'y élève à la hauteur du Poète anonyme dans la préface de la Comédie infernale. Puszkin a emprunté aux Livres Sacrés toutes les expressions de cette belle pièce I il reconnaît que, pour chanter dignement (nous employons le terme de chanter pour exprimer le travail du poète), .que pour être poète, il faut être changé intérieurement. Il dit que l'ange est venu lui arracher les entrailles (en employant les expressions des poètes hébreux) ; qu'il a purifié ses lèvres, en y appliquant ui^

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charbon ardent ; qu'alors il a eu la puissance de lire dans les nuages et d'entendre les pas de Celui qui se promène sur l'Océan. C'est le commencement d'une ère nouvelle dans la vie de Pnszkin ; mais il n'eut pas la force de réaliser ce pressentiment ; le courage lui manqua pour régler sa vie intérieure et ses travaux littéraires d'après ces hautes idées; la pièce dont nous parlons erre au milieu de ses ouvrages comme quelque chose de tout à fait à part, de vraiment supérieur, et dont personne ne connaît l'histoire. Il l'avait écrite après la dérouverte de la conspiration de i825. L'état extraordinaire, dans lequel, il a composé cette pièce, n'a duré que peu de jours, et depuis ce moment commence la chute morale du poète. Il est certainement resté artiste inimitable; mais, depuis, il n'a rien créé de comparable à la pièce dont je vous parle : il semble même retourner en arrière. Il a composé un autre chant où il représente de nouveau la poésie seulement comme un ùrt; il ajoute cependant qu'en même temps c'est une prière. Je veux vous lire cette pièce : c'est la conversation d'un poète avec la foule. Puszkin l'a écrite, aigri par les jugements que les critiques portaient sur ses ouvrages, et malheureux de n'être pas compris :

« Un poète inspiré chantait en touchant d'une manière insouciante, mais habile, les cordes de sa lyre ; il chantait, et la foule orgueilleuse et froide l'entourait en qualité de juge.

ft Ce peuple profane Técoutait avec une stupide curiosité, et il disait : Pourquoi tourmente-t-il ainsi ses

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COI clos et faliguc-t-i\ nos oreilles? Quel but se proposet-il? Ces sons, que racontent-ils, qu'enseignent-ils? Vraiment il nous fait battre le cœur, il s'en saisit, il fait de nous le jouet de ses caprices, sorcier qu'il est ; son^ chant est libre et impétueux comme le vent, et, comme le vent, il est stérile. Qu'y avons-nous gagné?

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